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Parkinson : des cellules souches font reculer la maladie chez des singes

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Des singes développant l'équivalent de la maladie de Parkinson ont montré une amélioration de leurs symptômes après l'injection dans leur cerveau de cellules souches humaines. La technique pourrait être testée chez l'homme à partir de 2015.

La maladie de Parkinson est une pathologie multifactorielle, et la génétique et l'environnement comptent parmi les responsables. Elle se caractérise physiologiquement par une destruction progressive de certains neurones, les cellules du système nerveux, ce qui se traduit à l'échelle physique par de nombreux troubles, dont les plus célèbres sont ces mouvements incontrôlés. Les chercheurs sont lancés sur plusieurs voies thérapeutiques et testent les méthodes chez les primates avant de les appliquer chez l'Homme. © Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

Des singes souffrant de la maladie de Parkinson ont fait des progrès notables après l'implantation de cellules souches humaines dans leur cerveau, ont expliqué mercredi des chercheurs japonais.

Quatre singes dont les membres bougeaient spasmodiquement (un symptôme courant du syndrome de Parkinson) et qui peinaient à contrôler leur corps ont montré des signes d'amélioration trois mois après l'opération, a déclaré Jun Takahashi, professeur à l'université de Kyoto, l'un des auteurs de l'étude publiée dans le Journal of Parkinson's Disease.

Six mois après la transplantation, les quatre primates testés étaient de nouveau capables de marcher dans leur cage, a-t-il ajouté.

Jun Takahashi a précisé qu'au moment de l'implantation, 35 % des cellules souches étaient des neurones de type dopaminergique, et qu'environ un dixième d'entre elles étaient encore vivantes un an plus tard. Afin d'améliorer l'efficacité du traitement, il voudrait faire passer ce taux de survie à 70 %. Il espère pouvoir mener cette expérience sur des humains dès 2015. « Nous devons auparavant augmenter le nombre de neurones dopaminergiques à implanter, afin de réduire le risque de tumeur » postopératoire, a-t-il expliqué.

Les cellules souches embryonnaires humaines, comme celles que l'on voit sur cette image, ne sont quasiment pas utilisées dans les recherches sur l'Homme. Elles sont récupérées des embryons surnuméraires issus de fécondation in vitro mais font polémique puisque la ponction implique la destruction de l'embryon. © Eugene Russo, Plos One, cc by 2.5

Des cellules souches pluripotentes induites chez l’Homme

Lors de cette expérience sur les singes, Jun Takahashi et son équipe ont utilisé des cellules souches embryonnaires, mais en cas d'expérience médicale les chercheurs pensent employer des cellules souches pluripotentes induites (CSPi), créées par l'implantation de quatre types de gènes dans des cellules de peau humaine pour les reprogrammer. Ces CSPi induites ainsi générées reviennent quasiment au stade embryonnaire (non différencié).

L'utilisation de cellules souches embryonnaires, jugée très prometteuse par nombre de scientifiques, se heurte quant à elle à des oppositions. Des groupes religieux jugent notamment non éthique la culture de ces cellules, soulignant qu'elle implique la destruction d'un embryon. Au Japon, rien n'interdit toutefois l'utilisation de ces cellules pour la recherche scientifique.

La maladie de Parkinson est l'une des principales maladies neurodégénératives, après la maladie d'Alzheimer. C'est aussi l'une des causes les plus fréquentes de handicap moteur, après les accidents vasculaires cérébraux.