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Contre le diabète, une nouvelle protéine serait une bonne arme

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AFP WASHINGTON

Des chercheurs canadiens ont identifié une enzyme, la G3PP, qui neutralise les effets nocifs des excès de sucre dans l'organisme. En agissant sur l'utilisation du glucose et des lipides par les organes, elle permet d’imaginer de nouveaux traitements contre le diabète et l'obésité.

Lorsque le glucose est en trop grande quantité, une molécule (une forme de glycérol) apparaît en excès et ses effets sont nocifs. Or, une protéine, nouvellement découverte (l'enzyme G3PP), dégrade activement cette molécule. © Image Point Fr, Shutterstock

Cette enzyme, appelée glycérol-3-phosphate-phosphatase (G3PP), dont on ignorait jusqu'alors l'existence dans les cellules des mammifères, joue un rôle clé pour éliminer les effets d'un excès de sucre, expliquent ces chercheurs dont les travaux sont dirigés par Marc Prentki et Murthy Madiraju du Centre de recherche du Centre hospitalier de l'université de Montréal (CRCHUM). Cette avancée est publiée lundi dans les Comptes rendus de l'Académie américaine des sciences (Pnas).

Lorsque le glucose est anormalement élevé dans l'organisme, le glycérol-3-phosphate dérivé du glucose atteint des taux excessifs dans les cellules, ce qui peut provoquer des dommages aux tissus.

« Nous avons constaté que la G3PP peut dégrader une grande partie de ce glycérol-3-phosphate en excès et le détourner de la cellule, de sorte que les cellules bêta pancréatiques productrices d'insuline et les divers organes sont protégés des effets toxiques d'un niveau élevé de glucose », explique Marc Prentki, professeur à l'université de Montréal.

Des molécules qui activeraient G3PP pourraient aider à prévenir l’obésité. © kurhan, Shutterstock

Activer l’enzyme G3PP pour lutter contre diabète et obésité

Le glucose et les acides gras sont les principaux nutriments des cellules des mammifères. Leur utilisation dans les cellules régule de nombreux processus physiologiques comme la sécrétion d'insuline par le pancréas, de glucose dans le foie, le stockage des lipides dans les tissus adipeux et le métabolisme des nutriments pour produire de l'énergie. Un dérèglement de ces processus provoque l'obésité, du diabète adulte (type 2) et des pathologies cardiovasculaires.

L'insuline est une hormone clé produite par les cellules du pancréas pour réguler l'utilisation du glucose et des lipides. Si ces cellules sont exposées à trop de glucose et d'acides gras, les mêmes nutriments deviennent toxiques et les altèrent, provoquant leur dysfonctionnement et le diabète.

L'enzyme G3PP est de ce fait essentielle au bon fonctionnement du métabolisme en étant nécessaire à la fois pour la production d'énergie et la formation des lipides, soulignent ces scientifiques.

Les résultats de ces travaux offrent une nouvelle cible thérapeutique potentielle contre l'obésité, le diabète et le syndrome métabolique, estiment ces chercheurs. Pour cela, ils s'efforcent de trouver « de petites molécules capables d'activer l'enzyme G3PP ». En cas de succès et après des tests concluants sur des animaux, ils constitueraient une classe entièrement nouvelle de traitement contre le diabète et l'obésité.

Notre second cerveau responsable de l'obésité ?  Raphaël Moriez, neurobiologiste à l’université de Nantes, explique le lien qu’il vient de découvrir avec ses collègues entre le système nerveux entérique, aussi appelé « second cerveau », et l’obésité. © Inserm 

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