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En vidéo : Cheetah, le robot le plus rapide du monde… à la course

Cet étrange quadrupède mécanique court à 30 km/h. Cheetah, c’est son nom, réalise ses courses sur le tapis roulant d’un laboratoire mais, avec un financement de la Darpa, ce coureur, comme d’autres, est destiné à porter un jour le barda de fantassins ou bien encore des bombes. Peut-être seront-ils les premiers piétons sur Mars ?

Cheetah le robot en pleine course. © Darpa Cheetah le robot en pleine course. © Darpa

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Il court, il court, le robot. L’un des – nombreux – projets scientifiques financés par la Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency) est de faire courir les robots à deux ou quatre pattes sur les champs de bataille. Plusieurs laboratoires sont concernés et différentes pistes sont explorées, le tout étant regroupé dans le programme M3, pour Maximum Mobilty and Manipulation. L’idée est de stimuler la recherche dans plusieurs domaines convergeant vers la réalisation de robots très mobiles évoluant en milieu naturel.

Les engins à pattes sont l’objet de toutes les attentions des chercheurs car leurs capacités de franchissement d’obstacles sont excellentes. Si la nature ignore la roue mais préfère les pattes, et plus précisément les paires de pattes, il y a peut-être une raison… La méthode présente toutefois de gros inconvénients : la complexité mécanique, la difficulté à tenir l’équilibre et la consommation en énergie. Pour l’instant, les prototypes hésitants, trébuchants ou trop lents font encore pâle figure devant le galop d’un cheval, les acrobaties arboricoles d’un gibbon ou les sauts d’un félin. Mais les ingénieurs qui ont suffisamment de crédits poursuivent leur travail et les progrès sont continus.

On a déjà vu des robots à deux pattes (on dit « anthropoïdes ») apprendre à marcher sur le sable, s’essayer au triathlon, s’entraîner au sprint, danser avec des femmes ou se déguiser en êtres humains. On a vu Acroban, petit robot capable de conserver son équilibre de manière naturelle avec une très faible dépense d’énergie.


Cheetah en train d’établir un record du monde sur son tapis roulant, en atteignant 29 km/h, soit la vitesse d’un homme en plein sprint. © DarpaTV/YouTube

Les robots marcheurs, de la mule au chien

La Darpa, moins poétique, s’intéresse aux besoins de l’armée de terre, dont les fantassins sont de plus en plus chargés. Récemment, le laboratoire Boston Dynamics avait montré l’étonnant AlphaDog LS3, plus mule que chien, malgré son nom. L’engin a quitté le laboratoire et le tapis roulant sur lequel il avait appris à marcher pour se lancer dans le milieu naturel, franchissant des pentes de 35°. Alors que l’énergie lui était jusque-là fournie depuis l’extérieur, AlphaDog embarque un classique moteur thermique à essence (qui actionne un générateur d'électricité) et sera, affirme-t-on, capable de porter 200 kg sur une trentaine de kilomètres.

L’un de ses frères, plus chien que mule celui-là, issu des mêmes laboratoires et baptisé Cheetah est avant tout un coureur. Rien à voir avec la compagne de Tarzan, cheetah, en effet, signifie guépard. Cette étonnante mécanique galope de plus en plus vite. Le laboratoire Boston Dynamics est fier de nous présenter son nouveau record : 18,1 mph, soit 29,1 km/h. Le précédent record pour un robot quadrupède, est-il précisé, serait de 13,1 mph (21,1 km/h) et daterait de 1989 pour un bipède du MIT. D’après la Darpa, c’est bien la course du guépard qui a inspiré les mécaniciens. Cheetah galope et, par moments, aucune des pattes ne touche le sol. De plus, quand la vitesse devient élevée, le dos se plie et se déplie.

L’exploit n’est pas mince même s’il y a sans doute encore loin du tapis roulant au milieu naturel. Cheetah puise son énergie dans une pompe hydraulique et, à une telle vitesse, doit être assez gourmand. La Darpa annonce néanmoins un essai en pleine nature cette année.

En dehors des Marines, on imagine d’autres utilisateurs potentiels. Des ingénieurs planchent depuis longtemps sur des robots capables d’inspecter une centrale nucléaire accidentée, voire en ruines. Des robots à effet Coanda ont par exemple été imaginés pour s’aventurer dans les canalisations contaminées de la centrale de Fukushima. Lors de séismes ou pour explorer Mars, des robots marcheurs pourraient se rendre utiles…


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