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L’enfant et les écrans : le rapport de l’Académie des sciences

Dans son rapport L’enfant et les écrans, qui vient d’être publié, l’Académie des sciences se penche sur l’utilisation des outils informatiques par les enfants et émet quelques recommandations. En substance, il ne faut pas considérer les enfants comme des génies des technologies ni comme des victimes potentielles, mais les adultes doivent les accompagner dans cet apprentissage aujourd’hui indispensable et bénéfique.

Le rapport L’enfant et les écrans de l’Académie des sciences évoque l’usage des écrans à tout âge chez les enfants, mais recommande l’accompagnement des parents. © Vasaleks, shutterstock.com Le rapport L’enfant et les écrans de l’Académie des sciences évoque l’usage des écrans à tout âge chez les enfants, mais recommande l’accompagnement des parents. © Vasaleks, shutterstock.com

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Les nouvelles technologies peuvent réserver beaucoup de bonnes choses à nos enfants, à condition que l'usage des écrans en tout genre soit adapté à chaque tranche d'âge, encadré par les parents et les enseignants puis autorégulé, estiment des experts de l'Académie des sciences. « On voit trop souvent les aspects négatifs, les inquiétudes que les écrans suscitent, mais il existe aussi beaucoup d'aspects positifs », a souligné mardi Jean-François Bach, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, en présentant à la presse le rapport L'enfant et les écrans.

Cet avis de l'Académie des sciences est le fruit de deux ans de travail intégrant les enseignements d'un grand nombre de recherches dans les domaines de la neurobiologie, de la pharmacologie, de la médecine ou de la psychologie. L'Académie des sciences y formule 26 recommandations, passant en revue les dangers potentiels des nouvelles technologies pour le cerveau et le psychisme, sans pour autant négliger tous les bénéfices que les enfants peuvent en retirer si elles sont maniées à bon escient. « En tant que médecin, si je propose une recommandation et pas un traitement, c'est bien que le malade ne va pas si mal », sourit Serge Tisseron, psychiatre et psychologue coauteur du rapport.

Pour l'Académie des sciences, il est avant tout nécessaire de prendre conscience de la révolution de cette culture numérique et des bouleversements qu'elle induit sur le fonctionnement de notre cerveau. « L'intelligence numérique pourrait être plus fluide, plus rapide et multitâche que la culture littéraire » classique, plus lente mais plus profonde, explique Olivier Houdé, psychologue spécialiste du développement de l'enfant. Mais ces deux cultures ne sont pas incompatibles, et si nos enfants « apprennent à jongler avec les deux, à les combiner, ils feront des merveilles » dont les générations précédentes seraient incapables, estime-t-il.

L'enfant et les écrans : un avis de l'Académie des sciences sur l'usage des outils informatiques par les plus jeunes et les recommandations pour les parents et les enseignants. Le texte intégral est consultable sur le site Web de l’académie des sciences. © Académie des sciences
L'enfant et les écrans : un avis de l'Académie des sciences sur l'usage des outils informatiques par les plus jeunes et les recommandations pour les parents et les enseignants. Le texte intégral est consultable sur le site Web de l’académie des sciences. © Académie des sciences

Ne pas interdire mais accompagner l’usage des écrans

Pour que cette adaptation aux écrans, particulièrement rapide à l'échelle de l'évolution humaine, se fasse au mieux, « il faudrait une pédagogie adaptée à tous les âges, en fonction de la maturation du cerveau et du développement cognitif », insiste Olivier Houdé. Même chez les bébés de moins de deux ans, les experts de l'Académie se refusent à préconiser une interdiction d'écrans. « On ne veut pas pasteuriser l'environnement numérique des enfants », explique Olivier Houdé.

On peut donc éduquer les enfants aux écrans dès le plus jeune âge à condition d'éviter une exposition passive, comme les laisser seuls devant la télévision, sans expliquer et dialoguer avec eux sur les images qu'ils reçoivent. « Pour le bon développement du cerveau, le principe doit rester celui de formes de stimulation très variées, numériques et non numériques », indique le rapport.

Plus tard, il faut aider les enfants à distinguer nettement le virtuel du réel, à acquérir la distanciation nécessaire pour devenir capables de s'autoréguler. Quant aux jeux vidéo en général, s'ils peuvent déboucher sur des excès parfois pathologiques, ils améliorent aussi les capacités d'attention visuelle, la flexibilité et la prise de décision rapide.

Risque de développer une pensée « zapping »

Revers de la médaille de ces jeux et d'Internet, ils risquent de développer une pensée « trop rapide et superficielle » (un effet « zapping ») et de créer un désintérêt pour tout ce qui n'est pas numérique. Pour Serge Tisseron, la première erreur à éviter est de « considérer que nos enfants ont les technologies numériques dans le sang » et les laisser se débrouiller. « Sinon, on arrive à la situation catastrophique actuelle où trop d'enfants découvrent les technologies numériques tout seuls », au prix de douloureuses erreurs, estime-t-il. Il ne faut pas non plus considérer les enfants « comme des petits êtres à protéger », mais plutôt les prendre comme « des partenaires, avec des capacités et des désirs », recommande le psychiatre.

Serge Tisseron souhaite enfin mettre en avant les nombreux aspects créatifs et socialisants des nouvelles technologies, pas seulement les dérives. « Il y a des pratiques excessives pathologiques mais pas toutes, loin de là. »


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