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Exoplanète : la vie sur Terre serait un cas très rare

À partir d’une simulation basée sur nos connaissances actuelles de l'univers et de son évolution, une équipe internationale de chercheurs a recensé le nombre de planètes ressemblant à la Terre qui pourraient exister. Surprise, selon leur modèle, la plupart seraient apparues bien avant notre planète. Aussi, malgré la présence de tous ces mondes potentiellement accueillants pour la vie, les chercheurs s’interrogent sur l’absence de colonisation de la Galaxie par des civilisations « intelligentes », alors qu’elles ont eu le temps de le faire.

Illustration d’étoiles entourées d’exoplanètes. Il y en a en pagaille dans notre galaxie et toutes les autres. Mais combien sont similaires à la Terre ? Combien sont habitées ? © Nasa, Esa Illustration d’étoiles entourées d’exoplanètes. Il y en a en pagaille dans notre galaxie et toutes les autres. Mais combien sont similaires à la Terre ? Combien sont habitées ? © Nasa, Esa

Exoplanète : la vie sur Terre serait un cas très rare - 2 Photos
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« Sommes-nous seuls dans l’univers ? » La question taraude Homo Sapiens depuis longtemps. En attendant que des voyages interstellaires soient entrepris pour visiter des mondes lointains potentiellement habitables et que l’exploration des océans internes d’Europe, lune de Jupiter, et d’Encelade, petite lune de Saturne, commence, il nous faut nous contenter de spéculations sur la base des (maigres) informations collectées ces dernières décennies pour tenter d’y répondre.

Depuis Copernic et avec l’éclosion des sciences, nous sommes progressivement passés d’un « monde clos à l’univers infini » (dixit Alexandre Koyré) où l’Homme a dû accepter qu’il n’en est pas le centre. En moins d’un siècle, nous avons réalisé que notre modeste Soleil appartient à un vaste ensemble qui compte quelque 200 milliards d’étoiles, qu’il n’y est même pas au milieu et qu’en outre, la Voie lactée est une galaxie parmi des centaines de milliards d’autres à travers le cosmos. La question du centre n’a désormais plus de sens.

Mais ce n’est pas fini, comme les philosophes atomistes de l’Antiquité en avait déjà eu l’intuition et, plus de quinze siècles après Lucrèce, Giordano Bruno : « Il est donc d’innombrables soleils et un nombre infini de terres tournant autour de ces soleils, à l’instar des sept "terres" que nous voyons tourner autour du Soleil qui nous est proche » (in L’Infini, l’Univers et les Mondes, 1584). Sans surprises, en effet, quasiment toutes les étoiles qui brillent sont entourées de planètes. Si bien qu’il y a beaucoup plus de planètes que d’étoiles. De façon certaine, 2.000 exoplanètes ont d’ores et déjà été identifiées depuis les premières recherches, il y a un peu plus de 20 ans. Alors, n’y aurait-il pas d’autres « terres » qui auraient accueilli de la vie ? On est tenté de répondre que si, que ça doit même « pulluler ».

Découverte en 2015, Kepler-452b (illustrée à droite) est à ce jour l’exoplanète connue la plus ressemblante à la Terre (en comparaison, à gauche). Située à environ 1.400 années-lumière de nous, elle a 1,7 milliard d’années de plus que notre oasis bleue. © Nasa, JPL-Caltech, Ames
Découverte en 2015, Kepler-452b (illustrée à droite) est à ce jour l’exoplanète connue la plus ressemblante à la Terre (en comparaison, à gauche). Située à environ 1.400 années-lumière de nous, elle a 1,7 milliard d’années de plus que notre oasis bleue. © Nasa, JPL-Caltech, Ames

Recenser les exoterres

Pour Erik Zackrisson, de l’université d’Uppsala (Suède), et son équipe, la réponse est loin d’être évidente. D’après leur modélisation, il semblerait que l’avènement de planètes rocheuses habitables et habitées soit rare, voire très rare.

Pour arriver à cette conclusion (l’étude est disponible sur arXiv et soumise pour publication dans The Astrophysical Journal), les chercheurs ont concocté une simulation de l’univers à partir d’une recette tenant compte de toutes les connaissances actuelles physiques et cosmologiques : formation des étoiles et des planètes, croissance des galaxies, extrapolations des données sur les exoplanètes connues, etc. Puis, après une évolution en accéléré de 13,8 milliards d’années, ils ont évalué à travers ce mini-univers virtuel, le nombre de planètes de type terrestre. Ils en ont recensé des centaines de milliards de milliards (environ 7 x 1020) autour d’étoiles plus ou moins chaudes, et plus ou moins grosses que notre Soleil, et aussi des naines rouges. Une grande majorité d’entre elles sont apparues à leur grande surprise assez tôt, souvent au sein de galaxies deux fois plus grandes que la nôtre et autour d’étoiles moins riches en éléments lourds.

Bon nombre d'entre elles seraient beaucoup plus âgées que notre petite planète bleue (notre Système solaire n’a que 4,56 milliards d’années). Aussi, dans la mesure où les conditions favorables à l’émergence de la vie sont réunies selon les cas, la question « que sont devenus leurs habitants ? » s’impose.

Où sont-ils ? « Pourquoi n’ont-ils pas colonisé notre galaxie ? »

Qu’ont-ils fait durant tous ces milliards d’années ? N’ont-ils pas eu le temps d’étendre leur domination ? « Si vous avez des civilisations qui ont 3,5 milliards d’années d’avance sur nous, pourquoi n’ont-elles pas colonisé notre galaxie ? demande Max Tegmark, chercheur au MIT (Massachusetts Institute of Technology), interrogé par la revue Scientific American. Pour moi, l’explication la plus probable est que, s'il y a des planètes à la pelle, les formes de vie intelligentes évoluent très rarement ». Serions-nous alors seuls ou très rares ? La Terre serait-elle une « violation colossale du principe de Copernic », comme l’estime le cosmologiste ? Ou est-elle une violation plus légère comme le propose Erik Zackrisson, le principal auteur de ces recherches ? Ce dernier tient à préciser que beaucoup de flous et d’incertitudes dans les données demeurent : « Soit nous sommes le résultat d’une loterie très improbable soit nous n’avons pas compris comment fonctionne la loterie ». En réalité, on ne connait pas le vrai degré de précision du modèle élaboré avec nos connaissances actuelles.

Finalement, la Terre est-elle une oasis solitaire ? Pour Max Tegmark : « Il se pourrait qu’un jour, dans un futur lointain, une grande partie de notre univers fourmille de vie à cause de ce que nous avons fait ici ».

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