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La traduction au pied d'une nouvelle montagne

Dossier - Traduction automatique : les années où tout a changé
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Une nouvelle page de l'histoire de la traduction par ordinateur est en train de s'écrire. En quelques années seulement, la puissance de l'informatique, une nouvelle approche théorique et une énorme demande venue de tous les utilisateurs d'Internet ont tout changé.

  
DossiersTraduction automatique : les années où tout a changé
 

Comment aller plus loin ? Il est désormais clair qu'augmenter encore la puissance de feu informatique n'améliorera guère l'efficacité de la traduction. Pour progresser, il faudra des algorithmes plus subtils, prenant en compte le sens des phrases. Revenir aux sources en quelque sorte puisque le même problème est apparu à l'aube de la traduction automatique.

En empilant les deux techniques actuelles, le résultat reste largement insuffisant pour obtenir un document irréprochable, qu'il s'agisse d'un site web ou d'un catalogue de produits. Pour décrire la situation, les spécialistes présentent souvent l'analogie d'une distance à parcourir. S'il s'agit d'aller de Paris à Nice, la traduction automatique ira jusqu'à Lyon ou à Marseille, selon son efficacité, mais il faudra toujours terminer le voyage avec un cerveau humain.

Même si la traduction automatique effectue aujourd'hui la majeure partie du parcours, le dernier tronçon est de très loin le plus ardu. Il ne pourra être franchi qu'à l'aide de techniques nouvelles. La puissance brute a montré ses capacités puis sa limite. Pour affiner les traductions, il faudra que les logiciels prennent en compte le sens. Pour traduire la phrase « garçon, un demi ! », il faut savoir reconnaître le contexte, celui d'une personne dans un café, pour trouver les bons équivalents de garçon et demi.

Un écran utilisé pour éditer les traductions connues et enrichir manuellement la base de données. © Systran

La quête du sens

Cette difficulté de l'approche sémantique avait été perçue dès l'origine de la traduction automatique. Elle avait même découragé la communauté scientifique, comme en témoigne le rapport Alpac (Automatic Language Processing Advisory Committee), rédigé par des chercheurs américains et diffusé en 1966, qui traduisait un grand scepticisme sur la faisabilité de la traduction automatique.

Trente ans plus tard, la méthode statistique a provisoirement effacé cette impression mais après le bond en avant qu'elle a permis, les spécialistes de la traduction automatique se trouvent à nouveau face à cet écueil, qui ressemble à une montagne. La balle est désormais dans le camp des théoriciens. On peut prédire sans grand risque de se tromper que les extraordinaires progrès réalisés ces dernières années ne se poursuivront plus au même rythme dans les prochaines années...