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Une convergence d'intérêts porteuse d'opportunités

Dossier - Les logiciels libres
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Les logiciels libres : définition et historique, avantages et limitations des logiciels libres ... Les faits confirment la qualité et l'impact des logiciels libres mais leur développement est-il une tendance durable ? Quelles sont les conséquences pour le monde du développement logiciel ?

  
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1. Une convergence d'intérêts

Les logiciels Open Source semblent à première vue de nature caritative. Seront-ils viables économiquement une fois l'effet de mode passé ?

Il semble que oui car les logiciels Open Source résultent d'une convergence d'intérêts de nombreux acteurs. Qui plus est, les utilisateurs et les intégrateurs sont souvent déçus par la qualité, les prix et les tendances à l'incompatibilité des solutions propriétaires.

La nature de cette convergence d'intérêts, que l'on peut qualifier de "cercle vertueux" de l'open source, peut être mieux comprise avec le diagramme suivant :

Les universitaires et étudiants participants à des projets Open Source dans le cadre de leurs recherches considèrent ces projets comme un moyen de partager les résultats de leur travail et de se faire connaitre. Pour l'université elle-même, c'est un moyen de contribuer à la communauté de manière tangible. Cependant les logiciels développés ne contribuent pas à financer l'université.

Pour les hackers passionnés d'informatique, la participation à un projet Open Souce est non seulement un moyen de se distraire, mais également un moyen de se faire connaitre dans la profession. Contrairement aux logiciels propriétaires, les logiciels libres mentionnent toujours leurs participants et la nature de la contribution de chacun. Il est facile au vu du travail accompli de juger de la compétence de tel ou tel développeur participant à un projet Open Source. les entreprises ne s'y trompent pas et proposent des postes intéressants à beaucoup de développeurs Open Source.

Les utilisateurs du logiciel peuvent également participer de façon bénévole au projet (par exemple comme beta testeurs, mais aussi comme développeurs) dans la mesure où ils attendent du projet qu'il développe les fonctionnaités dont ils ont besoin. La question principale qui se pose pour eux est celle de la perennité des logiciels libres et de la qualité du support technique dont ils peuvent disposer.

Les intégrateurs réalisant des projets d'intégration informatique pour leurs clients voient d'un très bon oeuil la participation de leurs salariés à des projets "Open Source". Cette participation est en effet le meilleur moyen de se former au logiciel, et leurs clients préoccupés par les coûts des solutions qui leur sont proposées sont de plus en plus réceptifs à des solutios faisant appel à des logiciels Open Source. D'autre part, les logiciels Open Source sont l'occasion de proposer des prestations de support technique rentables.

Les éditeurs de logiciels sont le seul acteur dont la situation soit remise en cause par les logiciels libres. Les éditeurs cherchent en effet en général à vendre les licences de leurs logiciel le plus cher possible et ne comptent sur les revenus de maintenance, de support et d'intégration que comme un complément (ce qui est le contraire du principe des éditeurs de logiciels Open Source). En effet la vente de licences est très rentable (par exemple Microsoft a une rentabilité avant impôt de plus de 50%), car les logiciels concurrents sont incompatibles, ce qui encourage les entreprises à acheter le produit le plus standard quel qu'en soit le coût. La menace des logiciels Open Soure provient donc non seulement de leur bas coût, mais également du fait qu'ils visent souvent à définir de nouveaux standards pour l'industrie (comme Linux, PHP, Perl, Apache) et y parviennent fréquemment. Ils sont souvent très ambitieux et ne visent pas et de loin au seul amusement de leurs participants.

2. Une opportunité pour les pays en voie de développement

Depuis quelques années on constate que les pays en voie de développement utilisent fortement les logiciels libres. C'est le cas par exemple de la Chine, où le gouvernement encourage l'utilisation de Linux.

a. Rendre les logiciels accessibles aux plus pauvres

Le coût de reproduction des logiciels est pratiquement nul, Internet ayant rendu les communications peu coûteuses partout dans le monde. Le coût essentiel est celui du développement.

Dans ces conditions, il paraîtrait légitime de distribuer les logiciels pour un coût modique aux pays les plus pauvres. Cela ne diminuerait en rien les revenus des éditeurs, les utilisateurs dans les PVDs n'ayant pas les moyens d'acheter les logiciels dont ils ont besoin et les piratant souvent. Cette situation n'est pas sans rappeler celle des médicaments génériques.

Les logiciels libres constituent donc un formidable espoir pour les pays en voie de développement. Ils ont grâce à eux la possibilité d'accéder à des logiciels de haute qualité technique pour un prix minimal. Ils constituent également un témoignage concret de la possibilité pour les pays riches de faire preuve de solidarité dans le domaine de la technologie.

b. Réduire le retard technologique des PVDs

Les projets Open Source constituent une véritable université universelle et gratuite de la programmation. Ils peuvent permettent aux PVDs de rattraper plus rapidement leur retard technologique dans le secteur des logiciels.

Les sources étant librement disponibles, cela constitue pour tous ceux qui veulent relever leur niveau en programmation une occasion idéale d'apprendre les dernières techniques. D'autre part, il est très facile aux informaticiens des PVDs de participer à des projets Open Source, ceux-ci étant ouverts aux programmeurs de toutes origines.

c. Subventionner les projets Open Source

Pour ces raisons, on peut penser qu'il serait souhaitable de faire subventionner le développement de logiciels Open Source par les pouvoirs publics dans le cadre de l'aide aux pays en voie de développement.

Dans ce cadre, on pourrait en particulier favoriser les projets de développements de logiciels destinés aux PME ou aux particuliers plutôt que ceux destinés aux grandes entreprises. On pourrait également favoriser les projets ayant un contenu éducatif permettant de faciliter l'aprentissage de l'informatique par les participants du projet.