On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui. Mais peut-on rire avec les robots ? À l'université de Kyoto, les chercheurs essaient d’inculquer aux robots les nuances qui conduisent au rire, et ce n’est pas évident.

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[EN VIDÉO] Quand un perroquet en fait rire deux autres En Nouvelle-Zélande, des chercheurs font entendre à un couple de kéas (des perroquets endémiques) un bref cri, habituellement émis lors des jeux, fréquents chez cette espèce. Immédiatement, le couple s'envole, virevolte et les deux oiseaux émettent eux-mêmes ces cris spécifiques. Conclusion des zoologistes : le rire est contagieux. © Raoul Schwing

Est-ce que les robots sont capables de partir dans un fou rire incontrôlable et contagieuxcontagieux ? Peuvent-ils ricaner à bon escient, ou encore contenir un rire pour paraître poli ? Ce qui a l'airair naturel pour les humains est loin d'être acquis pour les robots malgré des intelligences artificielles (IA) de plus en plus puissantes. L'humour reste une question de nuances et c'est justement en raison de ces nuances qu'il est compliqué pour un robot de l'utiliser. C'est pourquoi des scientifiques de l'université de Kyoto ont entrepris de développer par le rire, la notion d'empathieempathie à leur IA. Leur support d'étude est un robot appelé Erica. Pour renforcer l'empathie de l'IA, ils ont estimé que la meilleure façon de procéder pour sympathiser avec les utilisateurs était de partager leurs rires. Pour apprendre à rire quand il le faut et à doser ce rire, Erica s'est donc lancé dans une série de 80 speed-dating avec des hommes. Les interventions du robot étaient alors téléopérées par des actrices.

Le robot ne sera jamais sensible, mais pourra faire semblant de l’être

Les fichiers audio de ces dialogues qui amenaient des séquences de rire ont été analysés par l'algorithme d'apprentissage automatique. Toutes les nuances ont été abordées, qu'il s'agisse du rire embarrassé ou poli qui n'a rien à voir avec de l'humour, ou encore des séquences de rire en solo. Ces travaux ont permis à l'IA de savoir quand il fallait rire et de quoi il était possible de rire.

Pour vérifier la fiabilité de leur algorithme, l'équipe a également testé le sens de l'humour d'Erica à partir de quatre courts dialogues. Le robot pouvait par exemple émettre un « rire social », lorsqu'il identifiait un départ de rire de l'interlocuteur. Avec ces travaux, les chercheurs comptent ajouter cette corde du rire aux différents comportements des robots pour rendre les discussions plus naturelles. En revanche, il ne faut pas imaginer qu'un robot pourrait devenir sensible et vraiment empathique. Dans le meilleur des cas, ses algorithmes seront simplement suffisants pour vous faire croire qu'il vous comprend.