Sciences

Mercure, le monde des extrêmes

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Tout près du Soleil, Mercure vit un enfer, cuite à 400 °C là où brille la lumière, mais refroidie à -150 °C de l'autre côté. Difficile à atteindre (car elle va vite), elle a été survolée par des ondes, surtout Messenger (Nasa), en orbite de 2011 à 2015. L'engin a permis de comprendre un relief chaotique, aux antipodes d'un cratère géant, Caloris : l'impact a été si fort qu'il a secoué et craquelé la petite planète. Cette vidéo en montre une reconstitution. Depuis, Mercure s'est calmée et a calé sa rotation sur son orbite autour du Soleil.

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À peine plus grosse que la Lune, Mercure, malgré ses 4.800 kilomètres de diamètre est plus massive qu'il y paraît, sans nul doute à cause d'un noyau riche en fer. C'est la planète la plus proche du Soleil, avec une orbite elliptique qui fait osciller sa distance à notre étoile entre 46 et 69 millions de kilomètres. Cette proximité engendre des conditions extrêmes, avec des températures très élevées sur la face éclairée et celle plongée dans la nuit. Le contraste thermique est encore augmenté par l'absence d'atmosphère : rien ne transporte la chaleur vers le côté froid.

La petite distance par rapport au Soleil a un autre effet : le calage de la rotation de Mercure sur elle-même (sur Terre, c'est la durée du jour) sur l'orbite autour du Soleil (la durée de l'année, donc). Pour boucler un tour, la planète met exactement 1,5 fois le temps de sa rotation sur elle-même. C'est une « résonance 3:2 ». La rotation dure 58,646 jours terrestres et la révolution 87,969 jours (terrestres). Autrement dit, trois journées mercuriennes durent deux années mercuriennes...

Mercure a eu un passé difficile

En 2011, une sonde spatiale, Messenger, après plusieurs tours autour du Soleil, près de sept ans de voyage et l'assistance gravitationnelle (par des survols rapprochés) de la Terre, de Vénus et de Mercure elle-même, a atteint la vitesse suffisante pour s'insérer en orbite. Rappelons que plus une planète est proche du Soleil, plus elle file vite sur son orbite, comme l'avait déterminé Johannes Kepler en 1618. La Terre est plus rapide que Mars mais plus lente que Mercure, dieu des voyages et messager des dieux dans la mythologie romaine, ou Hermès, de son grec.

La sonde Messenger a aider à reconstituer quelques chapitres de l'histoire de Mercure. Un cratère géant, Caloris, témoigne d'un impact énorme. Aux antipodes, une région présente un relief chaotique, ce qui ne paraît pas être une coïncidence. Les ondes sismiques de surface ont dû se rejoindre là et fracasser la croûte de Mercure, ébranlée sous le choc. Des montagnes et des gouffres ont dû apparaître rapidement dans un cataclysme sans spectateur.

© Shutterstock, Nasa, ESA