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Dossier - L'esclavage et le marronnage à la Réunion
DossierClassé sous :ethnologie , marronnage , esclavage

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L'histoire de l'esclavage à La Réunion, malgré les recherches universitaires récentes, n'a pas encore révélé tous ses secrets. S'il est vrai que le passé de la population est très jeune et offre la particularité de partir d'un "terminus a quo", il existe toutefois de vastes zones d'ombres que les chercheurs ont du mal à dissiper et qui sont celles de l'arrivée des premiers hommes dans cette Ile.

  
DossiersL'esclavage et le marronnage à la Réunion
 

L'histoire de l'esclavage à La Réunion, malgré les recherches universitaires récentes, n'a pas encore révélé tous ses secrets. S'il est vrai que le passé de la population est très jeune et offre la particularité de partir d'un "terminus a quo", il existe toutefois de vastes zones d'ombres que les chercheurs ont du mal à dissiper et qui sont celles de l'arrivée des premiers hommes dans cette Ile. Sont-ils arabes, sont-ils asiatiques, africains ou autres ! Des recherches archéologiques et historiques pourraient nous apporter un début de réponses à nos interrogations.

La raison essentielle des difficultés à comprendre l'histoire récente de cet espace insulaire, colonisé par les Français et qui remonte à un peu plus de trois siècles, réside dans l'interprétation des sources d'archives disponibles que le chercheur peut difficilement rassembler pour atteindre son objectif scientifique. Pourtant les sources écrites utilisées par les historiens ne manquent pas concernant l'histoire de La Réunion.

Colonisée définitivement à partir de 1665 par la France, l'Ile a été dotée d'une administration coloniale qui a laissé des sources d'archives importantes bien conservées et accessibles aux chercheurs. A la différence des pays de l'Afrique noire où l'oralité a primé sur l'écrit, La France a fait de l'Ile de La Réunion une colonie où l'écrit a été le support fondamental des rouages administratifs, économiques et politiques de l'Ile.

L'historien devrait donc trouver de quoi nourrir ses travaux de recherches dans les nombreux documents d'archives laissés par l'administration coloniale française. Cette affirmation devient caduque quand on aborde l'analyse historique du phénomène de l'esclavage et un de ses aspects, celui du marronnage, qui ont profondément marqué l'histoire sociale de cette colonie française.

En effet, les archives privées et surtout les archives publiques sont très parcimonieuses en documents relatifs à la question de l'esclavage.

On a ainsi l'impression que l'administration de l'époque et la population dominante ont fait l'impasse sur l'existence des esclaves qui représentaient entre 80 % et 60 % de la population totale au XVIIIème et XIXème siècle. S'il n'y avait pas les recensements d'esclaves, on pourrait même se poser la question de savoir si l'esclavage a existé à La Réunion ! A part quelques auteurs qui évoquent brièvement la question de l'esclavage dans leurs ouvrages, très peu d'écrits ont été exclusivement consacrés à l'histoire des esclaves.

On se trouve ainsi devant un vide historique, "une histoire du silence", expression utilisée par Hubert Gerbeau qui a été l'un des premiers universitaires à mettre en exergue le paradoxe de l'histoire réunionnaise. Faut-il pour autant baisser les bras et se contenter des maigres sources historiques laissées par l'administration coloniale ?

Oui, si on aborde la recherche universitaire dans le cadre de l'interdisciplinarité en faisant notamment appel à l'archéologie et à l'éthnologie