D'ici 2030, les missions Europa Clipper et Juice permettront d'en savoir plus sur Europe, une lune glacée de Jupiter. Sur ce monde, de la vie pourrait se trouver sous une couche épaisse de glace. Mais comment la transpercer pour explorer ce qu'il y a en-dessous ? Des chercheurs pensent avoir trouvé une solution !

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En 2023 et 2024, deux missions de la Nasa et l'ESA partiront sur Europe, une lune glacée de Jupiter. Elles devraient arriver à destination en 2030, avec pour objectif de chercher si de la vie se trouve sous l'épaisse couche de glace du satellite. Un océan liquide s'y trouve, et des indices à la surface d'Europe laissent supposer qu'il est chauffé et pourrait donc abriter diverses formes de vie.

Mais, pour s'en assurer, la mission Europa Lander de la Nasa, qui fera suite aux deux autres, devrait atterrir sur Europe et venir creuser la glace pour atteindre l'océan liquide. Pour ça, elle devra être capable de transpercer les 15 à 25 km d'épaisseur de glace. Dans ce but, plusieurs options ont été proposées, reposant sur une sonde chauffante ou à propulsion nucléaire fonctionnant par des désintégrations radioactives. Une équipe de scientifiques de la Nasa a proposé cette fois un autre dispositif : un réacteur nucléaire hybride.

Un océan liquide se trouverait sous la surface glacée d'Europe. © Nasa, JPL
Un océan liquide se trouverait sous la surface glacée d'Europe. © Nasa, JPL

Un réacteur hybride qui repose à la fois sur la fission et la fusion

Actuellement, il existe deux méthodes pour enclencher les réactions de fusion. Le confinement inertiel, qui consiste à comprimer une cible de deutérium et de tritium à l'extrême, par le biais de laser, et le confinement magnétique, qui consiste cette fois à chauffer un mélange d'isotopes d'hydrogène à des températures extrêmes. Le réacteur proposé repose quant à lui sur la « fusion par confinement de réseau » : un réseau métallique fortement enrichi en deutérium dans lequel les atomes sont accélérés par une source de neutrons, jusqu'à provoquer des collisions entre atomes de deutérium, puis des réactions de fusion.

Les réactions entrainent l'émission de neutrons énergétiques, qui peuvent ensuite déclencher des réactions de fission nucléaire, dans une couverture de lithium enrichie en éléments fissiles. Du fait de la haute énergie des neutrons émis, de l'uranium appauvri ou du thorium pourraient être suffisants pour créer les réactions de fission.