Santé

Coronavirus hCoV-EMC : un cousin du Sras qui garde encore ses secrets

ActualitéClassé sous :médecine , sras , cousin du Sras

Le Moyen-Orient est touché par une épidémie d'un coronavirus proche du Sras et provoquant également des troubles respiratoires parfois mortels. Que sait-on de ce nouveau pathogène nommé hCoV-EMC ? Pas grand-chose pour le moment...

Doit-on craindre le coronavirus hCoV-EMC autant que le Sras ? Ce dernier était responsable d'une épidémie causant 700 victimes sur 8.100 personnes contaminées. Le coronavirus hCoV-EMC n'a infecté que 9 personnes... Mais 5 d'entre elles sont mortes ! © Yasser Alghofily, Flickr, cc by 2.0

Neuf cas confirmés dont 5 morts, et bien des questions sans réponses. Les recherches se poursuivent à travers le monde pour cerner le nouveau coronavirus proche du Sras, qui sévit actuellement au Moyen-Orient. Est-il vraiment similaire à celui du Sras ? Comment se propage-t-il ? Quel est son réservoir naturel ? Peut-il être rapidement éliminé ? Les premiers éléments de réponse n'incitent pas à l'optimisme.

Le docteur Christian Drosten et son équipe de l'université de Bonn (Allemagne) suivent à la trace ce nouveau coronavirus répondant au nom de code hCoV-EMC. « Bien qu'il ne semble pas se transmettre d'Homme à Homme, le taux de mortalité élevé [dont il est responsable] et le fait que son réservoir n'a pas encore été identifié sont particulièrement inquiétants », explique-t-il.

Pour l'heure, les médecins ont constaté que ce coronavirus entraînait une pneumonie sévère, et bien souvent aussi une insuffisance rénale« Il est effectivement proche du Sras et entraîne le même type d'affections », poursuit Christian Drosten.

Les chauves-souris pourraient être le réservoir du nouveau coronavirus hCoV-EMC. Mais pas le seul vecteur : le virus pourrait aussi s'échanger entre l'Homme et le porc. © David J. Thomas, Flickr, cc by nc 2.0

Un virus qui passerait de l’animal à l’Homme… et vice-versa

À partir de ce constat, l'enjeu est de trouver la porte d'entrée de ce virus dans l'organisme. Utilise-t-il le même récepteur cellulaire que le Sras, ce qui faciliterait grandement l'approche des chercheurs ? « La réponse est clairement non, poursuit Christian Drosten. Et nous ignorons encore le récepteur en question. »

Les scientifiques allemands sont également en quête du réservoir naturel de ce coronavirus. Comme ce fut le cas pour le Sras, la piste menant aux chauves-souris est suivie de près. « Notre étude montre que le hCoV-EMC peut infecter des cellules de différentes espèces de chauve-souris ce qui est totalement inhabituel pour un coronavirus », précise Christian Drosten. Et ce n'est pas tout : « il peut aussi infecter des porcs, ce qui laisse supposer qu'il existe un récepteur commun à ces animaux ».

Pour Christian Drosten, cette nouvelle n'est pas forcément réjouissante. « Si ce récepteur est présent par exemple à la surface des poumons, il est cohérent de penser que ce virus peut se transmettre de l'animal à l'Homme, et ensuite de l'Homme à l'animal, etc. Voilà qui le rendrait particulièrement difficile à éliminer... »

Cela vous intéressera aussi