Trois étudiants de l’école d’ingénieurs Esme Sudria ont réalisé un étonnant prototype capable de piloter un fauteuil roulant à l’aide de signaux cérébraux. Neuromoov n’est pas sur le marché, mais démontre la faisabilité du concept. Bien sûr, les inventeurs comptent ne pas en rester là.
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Contrôler la vitessevitesse et la direction d'un fauteuil roulant à moteur électrique à l'aide des ondes cérébrales captées par un casque Mindwave : c'est l'idée qui est venue à Karim Ait Abderrahim, responsable du laboratoire ÉnergieÉnergie & Systèmes de l'Esme Sudria, une école d'ingénieurs. Il en a confié le projet à trois étudiants de la promotion 2014, Pierre Pagliughi, Grégoire Lerondeau et Kevin Martins.

La réussite est complète puisque le prototype de ce « contrôle par la pensée » est désormais fonctionnel. Une carte électronique de 10 par 8 cm récupère le signal BluetoothBluetooth envoyé par le casque EEGEEG (pour électro-encéphalogramme) et commande les moteurs du fauteuil. « Il existe un système expérimental en Australie, mais il impose un ordinateurordinateur et des capteurs » explique Pierre Pagliughi à Futura-Sciences. Là réside l'avancée technique : le système est simple.

Le casque EEG Mindwave, ici porté par Pierre Pagliughi, est peu encombrant et transmet ses informations par Bluetooth. Un système électronique, dont on voit le prototype à droite, en extrait deux paramètres : le niveau de concentration et le clignement éventuel des yeux. Le premier sert à choisir la vitesse et le second à commander la direction. © Esme Sudria

Le casque EEG Mindwave, ici porté par Pierre Pagliughi, est peu encombrant et transmet ses informations par Bluetooth. Un système électronique, dont on voit le prototype à droite, en extrait deux paramètres : le niveau de concentration et le clignement éventuel des yeux. Le premier sert à choisir la vitesse et le second à commander la direction. © Esme Sudria

Le fauteuil est commandé par la concentration et le clignement des yeux

Il repose sur le casque Mindwave, de la société Neurosky, un des plus répandus du genre qui ne comporte, cependant, qu'une seule électrodeélectrode. Les signaux recueillis sont donc assez sommaires et ne viennent pas que du cerveau lui-même, mais aussi des muscles de la face. Les ingénieurs (en passe de le devenir officiellement en octobre 2014) s'en sont accommodés en extrayant deux formes de signaux : l'un, associé à la concentration qui sert à commander la vitesse et l'autre, au clignement des yeuxyeux, ce qui permet de choisir la direction. Le dispositif est donc utilisable par des personnes avec un fort handicap physique. « Il y a deux réglages à faire pour l'adapter à la personne. Quelques minutes voire quelques heures au maximum suffisent pour que l'utilisateur puisse s'en servir. » Comment passer de la carte électronique aux mouvementsmouvements du fauteuil d'un modèle du commerce ? « La commande habituelle est un joystickjoystick. Nous avons attaqué par là. Mais nous pensons à un système plus direct. »

Les ingénieurs en herbe ont bien l'intention de poursuivre l'aventure. Leur réalisation avait déjà été sélectionnée par le Symposium 2014 de l'école, comme Handi'Light, dont nous avions parlé. Elle est aussi lauréate pour les projets innovants de la région Île-de-France Est, ce qui lui vaut la promesse d'une aide de 45.000 euros si un partenariat est engagé avec une entreprise. « Nous sommes en discussion avec l'incubateur de l'institut du cerveaucerveau et de la moelle épinière » confie Pierre Pagliughi. L'engin devra être adapté aux besoins précis, mais le concept est déjà là.