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Cancer : la mortalité devrait continuer à diminuer en 2012

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Si le nombre de morts du cancer devrait augmenter en 2012 du fait de l'augmentation de la population, la proportion de victimes devrait quant à elle globalement diminuer dans les pays de l'Union européenne. Ces chiffres encourageants s'expliquent par une meilleure prévention, une détection plus précoce et des thérapies plus efficaces. Malgré tout, les estimations prévoient 1,3 million de décès par cancer pour l'année en cours.

Le cancer est une maladie caractérisée par une multiplication anarchique de certaines cellules, qui conduisent à la formation d'une grosseur appelée tumeur. Ces tumeurs viennent compresser les organes voisins, tandis que les cellules cancéreuses vont parfois coloniser un autre organe et créer une autre tumeur : ce sont les métastases. Lorsque la maladie arrive à ce stade, il devient difficile de la guérir. Plus la prise en charge est précoce est plus grandes sont les chances de rémission. © kendrak, Flickr, cc by nc sa 2.0
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Mieux vaut prévenir que guérir. Un vieil adage qui fait son chemin dans la lutte contre le cancer. Alors que la recherche progresse, elle ne permet pas encore d'éradiquer cette maladie qui continue à faire de nombreuses victimes à travers le monde. Heureusement, ces avancées font petit à petit reculer la mortalité.

C'est du moins ce que vient confirmer une étude menée par des chercheurs de l'Institut Mario Negri (Milan) parue dans Annals of Oncology, qui, sur base des données récoltées par l'OMS de 1970 à 2007, propose ses prévisions à l'échelle des 27 pays de l'Union européenne pour 2012.

Ces travaux estiment que par rapport à 2007, la mortalité par cancer chez les hommes chutera cette année de 10 %, tandis qu'elle le fera à hauteur de 7 % chez les femmes. Le Vieux Continent perdrait malgré tout près de 1,3 million de ses concitoyens au cours de l'année 2012 (717.000 hommes et 566.000 femmes). C'est un peu plus numériquement parlant qu'en 2007, mais du fait de l'accroissement de la population, on en arrive à des résultats inférieurs en proportion.

La plupart des cancers sont de moins en moins mortels

Les auteurs attribuent ce succès à plusieurs facteurs. D'abord, la prévention. Elle a notamment permis de faire baisser la consommation tabagique chez les hommes, un effort qui diminue l'occurrence du cancer du poumon, le plus létal parmi la gent masculine. Si le modèle estime que le nombre de cancers du poumon se stabilisera autour des 183.000, comme en 2007, le taux de mortalité chuterait de 10 % en cinq ans (41,29 morts pour 100.000 hommes en 2007, contre 37,16 prévus en 2012).

Le cancer tue encore beaucoup aujourd'hui. Cette étude se focalise sur les 27 pays de l'Union européenne, parmi lesquels certains figurent parmi les plus riches du monde et détiennent les espérances de vie les plus élevées, et les moyens mis à disposition des patients permettent de soigner la maladie. Malheureusement, l'OMS rappelle que le cancer a tué 7,6 millions de personnes dans le monde en 2008, et que 70 % des victimes vivent dans des pays en voie de développement. © Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

La détection plus précoce est également un atout formidable. Pour les femmes, ces progrès se matérialisent dans les chiffres du cancer du sein, le plus mortel chez elles. Alors qu'il y avait eu 89.000 morts en 2007, on en dénombrerait 88.000 cette année, pour une baisse à l'échelle de la population de l'ordre de 10,5 % (16,40 pour 100.000 femmes en 2007 contre 14,85 cette année).

Les thérapies de plus en plus ciblées contribuent également à ces bons résultats. Parmi les principaux cancers, la quasi-totalité d'entre eux devraient se montrer moins mortels. À quelques exceptions près. Le cancer du pancréas, dont on ignore l'origine dans la grande majorité des cas, tuerait davantage en 2012 qu'il ne le fit cinq ans plus tôt (+ 2 % chez les hommes, + 2,5 % chez les femmes). Le cancer du poumon, s'il recule chez l'homme, progresserait chez la femme à hauteur de 6 %.

La France en régression ?

Selon les chercheurs, la France devrait quant à elle constater le décès de 161.000 patients parmi lesquels 95.000 hommes et 66.000 femmes. Le plus mortel sera le cancer du poumon (32.000 victimes), devant le cancer de l'intestin (19.000), tandis que le cancer du sein complète ce triste podium (10.000).

Si ces chiffres se révélaient exacts, ce serait une très mauvaise nouvelle pour l'Hexagone, puisqu'en 2011, l'Institut national du cancer (Inca) comptabilisait 147.500 victimes. Cela signifie-t-il que cette année sera particulièrement meurtrière ?

Une autre interprétation est possible, statistique celle-là. L'étude s'est basée sur les chiffres fournis par l'OMS jusqu'en 2007, date de la dernière mise à jour des données par l'organisme de santé de l'ONU. Les auteurs ont utilisé une loi mathématique pour réaliser leurs estimations à partir des éléments en leur possession.

Or les choses ont évolué depuis ces dernières années. Pour la mortalité par cancer en France entre 1996 et 2008 (chiffres fournis par l'Insee), on constate une augmentation régulière du nombre de victimes. De 147.700 à 157.800. Une projection statistique de ces données amène alors à des résultats proches des 161.000 morts pour 2012. Sauf que cette tendance s'est assez brusquement inversée ces toutes dernières années, du fait des avancées techniques les plus récentes qui ont sauvé des vies. Il est donc probable que les chiffres avancés pour la France soient surestimés. Du moins, espérons-le.

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