La présence de microcaillots dans le sang des personnes atteintes de Covid long a-t-elle un rôle dans l'émergence de cette pathologie ? © Anthony, Adobe Stock
Santé

Première observation de caillots sanguins anormaux chez les patients de la Covid long

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Pour la première fois, des chercheurs observent des caillots anormaux dans le sang des personnes atteintes de Covid long. Une observation qui doit être encore confirmée par d'autres, mais qui pourrait avoir un rôle dans l'apparition des symptômes propres à cette forme persistante de la Covid-19. 

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Le Covid long, la forme persistante de la maladie provoquée par le SARS-CoV-2, se développe chez une part non négligeable d'anciens malades de la Covid-19. Les symptômes sont divers et leurs origines inconnues. De nombreux scientifiques sont mobilisés sur ce sujet et les connaissances augmentent peu à peu. À l'université de Stellenbosch, en Afrique du Sud, une équipe du département de physiologie a fait une observation inédite : la présence de caillots microscopiques insolubles dans le sang des patients atteints de Covid long.

À gauche, un plasma sain. À droite, un microcaillot présent chez un individu atteint de Covid long. © Etheresia Pretorius et al., Cardiovascular Diabetology

Des caillots sanguins insolubles responsables du Covid long ?

« Nous avons trouvé des niveaux élevés de diverses molécules inflammatoires piégées dans des microcaillots présents dans le sang des personnes atteintes de Covid long. Certaines des molécules piégées contiennent des protéines de coagulation telles que le fibrinogène, ainsi que l'alpha(2)-antiplasmine », explique le professeur Resia Pretorius, première autrice de l'étude. La Covid-19 peut engendrer des coagulopathies, et visiblement ces dommages peuvent persister plusieurs mois et pourraient être impliqués dans le Covid long

De plus, les microcaillots résistent à la fibrinolyse, le processus biologique qui permet de dissoudre les caillots sanguins grâce à l'action d'une enzyme, la plasmine. Chez les personnes atteintes de la Covid-19 et de Covid long, l'alpha(2)-antiplasmine est présente en trop grande quantité et empêche l'action normale de la plasmine. En laboratoire, ces caillots particulièrement coriaces résistent même à la trypsine, une enzyme qui digère les protéines.

Le professeur Pretorius et ses collaborateurs sont les seuls à faire cette observation sur une dizaine d'échantillons sanguins de patients atteints de Covid long. L'étude, publiée dans Cardiovascular Diabetology, devra être corroborée par des observations supplémentaires sur des échantillons avant de conclure sur l'implication de ces microcaillots dans le Covid long.

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