Chez la plupart des mammifères mâles, les testicules descendent dans le scrotum ou dans le bas de l’abdomen au cours du développement. Mais ce n'est pas le cas de certains animaux comme les éléphants. L’étude de deux gènes permet de mieux comprendre cette évolution.

au sommaire


    Chez les mammifères placentaires, le bon fonctionnement des testicules requiert une température inférieure à celle de l'organisme. C'est pourquoi chez beaucoup d'entre eux - primates, rongeurs, carnivores, etc. - les testiculestesticules sont situés à l'extérieur de l'abdomenabdomen, dans un scrotum. Chez certains mammifères, comme le dauphin, les testicules ne descendent pas dans un scrotum, mais seulement dans le bas-ventre.

    Le saviez-vous ?

    Au départ, dans l’embryon, les testicules se forment dans une position proche des reins. Quand les testicules ne descendent pas dans les bourses, cela conduit à une cryptorchidie, qui est source d’infertilité chez l'homme.

    Chez les Afrothériens, un groupe d'animaux comprenant notamment les éléphants et les oryctéropes (ou « cochons de terrecochons de terre »), les testicules restent à leur position initiale près des reinsreins. C'est le cas de cinq des six principales lignées d'Afrothériens. Cette particularité sexuelle était-elle présente chez leur ancêtre commun ou celui-ci avait-il des testicules externes ?

    Les tissus mous comme les testicules ne sont pas conservés dans les fossilesfossiles. Les chercheurs de l'Institut Max PlanckMax Planck de Dresde ont donc utilisé des données génétiquesgénétiques de 71 espècesespèces de mammifères pour répondre à cette question. Ils ont analysé l'évolution de deux gènesgènes clés pour le développement de ligaments impliqués pour la descente des testicules : RXFP2 (relaxin/insulin-like family peptide receptor 2) et INSL3  (insulin-like 3). Leurs résultats sont présentés dans la revue PLOS Biology.

    Les chercheurs ont trouvé que ces deux gènes étaient perdus ou non-fonctionnels chez des Afrothériens qui n'ont pas de testicules externes : les mammifères afrothériens actuels avaient des versions mutées de ces gènes, alors que chez les autres groupes de mammifères ces gènes étaient intacts.

    Chez les éléphants et d’autres Afrothériens, les testicules restent à l’intérieur.  © Budimir Jevtic, Fotolia

    Chez les éléphants et d’autres Afrothériens, les testicules restent à l’intérieur.  © Budimir Jevtic, Fotolia

    Des testicules externes chez l’ancêtre des mammifères afrothériens

    Comme les mammifères sans testicules externes avaient des gènes résiduels RXFP2 et INSL3, leurs ancêtres devraient donc avoir des gènes fonctionnels : chez l'ancêtre commun aux mammifères afrothériens, qui vivait il y a 70 à 90 millions d'années, les testicules ne restaient probablement pas dans leur position initiale.

    Au cours de l'évolution de ces animaux afrothériens, il ne devait plus y avoir d'avantage à posséder des testicules externes. Les mutations dans ces deux gènes ne devaient pas réduire les chances de reproduction de l'animal et ont été transmises à la descendance. Peut-être aussi que la position interne des testicules est le résultat de certaines contraintes au cours du développement.

    Au vu de ces résultats, on peut se demander si la température est la seule raison qui explique des testicules externes chez les mammifères mâles. Les animaux chez qui les testicules descendent dans le bas-ventre sans aller dans un scrotum ont trouvé une alternative pour refroidir leurs testicules, par exemple, chez le dauphin, avec un système d'échange de chaleurchaleur utilisant le système sanguin.

    La présence des testicules en position externe peut les rendre vulnérables. Pour Neil Adams, étudiant en thèse à l'université de Leicester, qui commente les résultats de l'étude allemande dans The Conversation, la descente des testicules dans le scrotum n'est peut-être pas qu'une question de température : « Les testicules externes peuvent également être un moyen de crâner » ou bien de protéger les testicules « de la pressionpression à l'intérieur du corps créée par le mouvementmouvement ».