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Une invasion de méduses oblige une centrale nucléaire à fermer !

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La Suède a dû fermer son réacteur nucléaire le plus puissant, durant trois jours. Des méduses ont tellement proliféré sur le site qu'elles sont entrées dans les canalisations d'eau et ont endommagé les filtres. Une équipe de scientifiques coréens pourrait bien avoir trouvé une solution au problème...

Comme toutes les méduses, l'aurélie est macrophage et microphage, se nourrissant de zooplancton et de petits animaux. On les retrouve dans presque toutes les mers du monde, mais elles pullulent à proximité des centrales nucléaires en bord de mer. © Luc Viatour, Wikipédia, GNU 1.2

Des méduses ont bien failli provoquer une catastrophe en Suède. Pendant trois jours, un des réacteurs de la centrale nucléaire d'Oskarshamne a été arrêté en raison d'un extraordinaire afflux de méduses dans les canalisations d'eau de refroidissement. La centrale, munie de trois réacteurs, fournit 10 % de l'électricité de Suède. Le réacteur 3, où l'incident s'est produit dimanche 29 septembre, est le plus puissant du pays. L'entreprise OKG a annoncé sa réouverture seulement hier matin, et ne rapporte aucune répercussion sur la sécurité.

La centrale est implantée au bord de la mer Baltique, au sud de Stockholm. Les réacteurs sont à eau bouillante, c'est-à-dire que l'eau circulant dans le cœur est à la fois un fluide colporteur et modérateur. L'eau froide est directement puisée dans la mer, elle s'échauffe dans la centrale puis est rejetée, réchauffée, dans la mer. Les eaux chaudes favorisent la floraison des méduses lunes, les aurélies. Lorsqu'elles pullulent, elles peuvent boucher les crépines d'aspiration, les filtres à l'entrée des canalisations d'eau de la centrale.

Ces méduses, tout à fait communes, ont un cycle de vie naturel qui se déclenche par des changements de température de l'eau, ou de la salinité. Ainsi, en Suède, chaque automne, ce cnidaire est enclin au bloom. Mais cette année, il semble que les méduses ont proliféré en retard et se sont reproduites brutalement, en nombre extraordinaire. Dimanche dernier, elles ont causé des dommages dans le filtre d'eau, et la centrale a dû fermer pour remplacer certaines pièces et nettoyer les canalisations.

Jeros le robot broyeur de méduse coréen en pleine action. © urobotkaist, YouTube

Jeros, le robot broyeur de méduses

La Californie avait été exposée au même problème l'année dernière. En Corée du Sud, les méduses coûtent aussi très cher à l'État. Elles endommagent les centrales, mais menacent aussi l'écosystème marin, et font chuter les pêcheries. Leur invasion avait coûté à la Corée du Sud quelque 300 millions de dollars ! La situation a pris une telle ampleur qu'un groupe de scientifiques du Korean Advanced Institute of Science and Technology (KAIST) a dédié ses travaux à l'élaboration de solutions à grande échelle.

Au début du mois de septembre 2013, l'équipe a présenté et testé en pleine eau le prototype du robot Jeros (Jellyfish Elimination Robotic Swarm), véritable broyeur de méduses. Jeros est capable d'en hacher 900 kg par heure : sachant qu'une méduse lune pèse près de 150 g, cela revient à dire qu'il peut broyer 6.000 méduses en une heure ! C'est beaucoup, mais lorsque ces aurélies pullulent, on peut les compter par tonnes. Le robot n'est encore qu'un prototype, mais on imagine aisément qu'il trouvera des intéressés s'il est commercialisé. 

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