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20 ans après, la nature n'a pas oublié l'Exxon Valdez

ActualitéClassé sous :développement durable , Naufrage de pétrolier , marrée noire

Le 23 mars 1989, un pétrolier américain s'échouait sur un haut-fond de la côte de l'Alaska et répandait 40.000 tonnes de pétrole brut. L'Exxon Valdez venait de provoquer l'une des plus importantes marées noires de l'histoire. Les côtes de l'Alaska et leurs habitants ne l'ont pas oublié.

L’arlequin plongeur continue à montrer des signes d’exposition au pétrole de l’Exxon Valdez, 20 ans après la marée noire. © Smart et Glen, Eol, domaine public

Vingt ans après l'échouage de l'Exxon Valdez, que reste-t-il de cette catastrophe ? Des résidus de pétrole qui continuent de contaminer la faune, manifestement. C'est ce que révèle l'étude d'un marqueur biologique chez les populations de l'arlequin plongeur (Histrionicus histrionicus), un canard qui vit dans la zone intertidale (zone de balancement des marées), se nourrit d'invertébrés et métabolise difficilement les résidus de pétrole.

L'équipe de Daniel Esler du Centre for Wildlife Ecology de l'Université Simon Fraser a recherché dans les foies de plusieurs populations d'arlequins plongeurs un marqueur révélateur de l'exposition aux résidus de pétrole. Ce marqueur biologique, c'est le cytochrome P4501A (CYP1A), dont l'expression signifie une activité de l'EROD (éthoxyrésorufine-O-dééthylase), une enzyme hépatique détoxifiante qui s'attaque à certains polluants organiques comme les hydrocarbures.

Les effets d’une marée noire durent plus que quelques années

Les niveaux de ce marqueur indiquent de manière claire que les arlequins plongeurs sont toujours exposés à des doses de résidus plus importantes dans les zones contaminées en 1989 par la marée noire de l'Exxon Valdez que dans les zones épargnées.

Ces travaux parus dans la revue Environmental Toxicology & Chemistry confirment les observations déjà réalisées en 1998. « Nous pensons que cela démontre que les arlequins plongeurs sont toujours exposés aux résidus pétroliers de la marée noire 20 après l'événement, conclut Daniel Esler. Il est important de reconnaître que la durée de la présence des résidus pétroliers et de leurs effets n'est pas limitée à quelques années, mais peut perdurer des décennies et affecter certaines espèces sensibles. »

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