Des géographes de l’université de Cincinnati (États-Unis) ont observé qu’à une échelle de moins de 100 kilomètres carrés, les paysages mixtes ne résistent pas longtemps. © Dudarev Mikhail, Adobe Stock

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Déforestation : le point de non-retour à ne pas dépasser

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En étudiant des images satellites haute définition prises pendant plus de vingt ans, des géographes se sont aperçus que la déforestation s'accélère sur un bloc de terre dès lors que la moitié des arbres qu'il portait a été coupée. 

Neuf kilomètres de côté. C'est la dimension des carrés de terrain que des géographes de l'université de Cincinnati (États-Unis) ont étudié grâce à des images satellites haute résolution de l'Agence spatiale européenne prises entre 1992 et 2015. Ils en ont tiré une conclusion aussi surprenante que fondamentale : si la déforestation de certains blocs semble au départ lente, elle devient très rapide dès lors que la moitié du bloc a été atteinte.

L'étude a porté sur près de 1,8 million de blocs répartis sur tous les continents de notre Planète. 15 % d'entre eux ont connu, dans la période, une transition d'un type (forêt, agriculture) à un autre. La déforestation semble être le changement de paysage le plus prononcé causé par les Hommes. Mais le schéma ne s'arrête pas aux paysages créés par les êtres humains. Il vaut aussi pour la nature. La modélisation des chercheurs montre en effet que la nature n'aime pas les paysages mixtes. Du moins à cette échelle.

Sur cette carte établie par les géographes de l’université de Cincinnati (États-Unis), les changements de paysage intervenus entre 1992 et 2015. En blanc, les régions avec peu de changement. En plus foncé, celles ayant connu les changements les plus importants. © Tomasz Stepinski, Université de Cincinnati

En quête d’homogénéité

« Tout se passe comme si la Terre voulait être homogène. Et que les changements de paysages ne s'arrêtent que lorsque tout un bloc est converti en un autre bloc homogène », explique Tomasz Stepinski, professeur en géographie. Pour quelle raison ? Les travaux des géographes de l'université de Cincinnati ne portaient pas sur cette question.

Mais il est probable que cela soit dû au fait qu'une forêt, par exemple, est plus vulnérable lorsqu'on a commencé à la couper. Les grandes étendues sont en effet plus résistantes aux espèces envahissantes ou au changement climatique. Dans un même temps, une étendue déjà fragmentée par des routes est plus facile à exploiter.

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