Le titre du roman fait référence à la température d'auto-inflammation du papier : 451 degrés Fahrenheit. © Alias612, Fotolia

Sciences

Fahrenheit 451

Ray Bradbury
LivreClassé sous :science-fiction , Ray Bradbury , Fahrenheit 451

Fahrenheit 451, publié en 1953, est un roman d'anticipation et une dystopie. Ray Bradbury imagine une société en résonance avec notre époque, possible mais pas idéale. Montag, le personnage principal, a la sensation de vivre dans un monde où les relations ne sont que de façade, une société surveillée et endoctrinée via les télécrans muraux, et où les livres menacent la plénitude des humains. 451 est, en degrés Fahrenheit, la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume.

Résumé du livre

Ray Bradbury - Fahrenheit 451

Guy Montag est pompier depuis 10 ans. Et dans cette société future, les pompiers n'éteignent pas les feux mais les allument afin de brûler les livres interdits par la loi.

Alors qu'il rentre chez lui après une journée de travail, il croise Clarisse McCellan, une étrange jeune fille de 17 ans qui habite à côté de chez lui avec son oncle, sa mère et son père. Au fur et à mesure des jours, il continue à la voir et commence à s'attacher à elle. Clarisse est différente des autres, elle est curieuse, réfléchit, observe l'herbe, les fleurs... Son influence agit peu à peu sur Montag. Mais quelque temps plus tard, elle disparaît. Le pompier apprend alors par sa femme que la jeune fille est morte écrasée par une voiture et que sa famille a déménagé.

Guy Montag est marié à Mildred qui, après une tentative de suicide, continue à vivre sa vie à travers les programmes de leurs trois écrans muraux. Troublé par ces évènements, il commence à déprimer et à remettre en question le système. Lors d’un autodafé, il vole un livre et commence alors à se plonger dans la lecture. Cherchant quelqu'un pour le guider dans la compréhension de la littérature, il recontacte Faber, un ancien professeur d'anglais rencontré dans un parc un an auparavant. Doté d'un radio-émetteur grâce auquel il peut communiquer avec Faber, le pompier part rapporter à son supérieur, le capitaine Beatty, le livre volé.

Mais pendant leur discussion, la sirène sonne pour un nouvel autodafé. Et cette fois-ci, c'est devant sa propre maison que Montag se trouve. Sous l'ordre de Beatty, il la brûle puis se rebelle et dirige la lance à incendie vers son capitaine qui meurt brûlé.

Il s'enfuit et grâce aux conseils de son ami professeur saute dans l'eau du fleuve puis trouve refuge sur les berges auprès d'intellectuels exilés de la ville. Ces derniers apprennent chacun un livre par cœur afin de pouvoir sauvegarder son contenu et le réécrire le jour où les livres ne seront plus interdits. Tous assistent alors au bombardement de la ville et à sa destruction.

Mythologie

Dans Fahrenheit 451, Ray Bradbury imagine des technologies futures qui, pour certaines, ne sont pas si éloignées de celles de notre époque, comme par exemple les coquillages qui ressemblent à nos écouteurs sous forme d'oreillettes. Il est par conséquent amené à développer un nouveau vocabulaire.

  • Pompier : À l'époque du roman, les pompiers n'éteignent plus les incendies car toutes les maisons ont été ignifugées. Le rôle du pompier est désormais de rechercher et brûler tous les livres dont la détention est interdite. Ils sont pour cela munis d'un lance-flamme et se déplacent dans un camion qu'ils appellent la salamandre.
  • Limier : Le chien des pompiers, devenu animal-robot, est employé pour garder la société. Ce limier électronique possède un système olfactif qui peut être réglé sur n'importe quelle combinaison d'acide aminé, de soufre, de matières grasses et alcalines qui définissent toute personne. La combinaison de chaque habitant est stockée dans un fichier central, l'animal peut donc être réglé sur n'importe qui en cas d'infraction. Une aiguille d’acier creuse de 10 cm de long jaillit de sa trompe pour injecter des doses massives de morphine ou procaïne à la victime. 
  • Dramatique : Les dramatiques sont des fictions participatives dans lesquelles le spectateur, muni du scénario, peut lire son rôle. Les dramatiques sont diffusées sur les murs-écrans, des écrans géants accrochés aux murs des salons. Les personnages de ces programmes constituent ce que l'auteur appelle « la famille ».
  • Coquillage : Les coquillages radio sont des écouteurs sans fil, en forme de dés, à insérer dans l'oreille. Ils diffusent un océan de bruits, de paroles et de musiques. Faber a également construit un coquillage qui peut non seulement diffuser mais également écouter, ce qui permet au professeur de communiquer avec Montag.

Analyse

Une société du bonheur

L'objectif de cette société est le bonheur à tout prix, quitte à interdire les livres et abrutir les masses au moyen de nouvelles technologies qui ne laissent place à aucune réflexion. Parmi celles-ci, les télécrans muraux diffusent des séries à l'eau de rose avec les personnages des « familles ». Des « coquillages » sont insérés dans les oreilles pour se couper du monde. Mais ce bonheur n'est qu’illusoire : Mildred et de nombreux autres tentent de se suicider, Montag réalise peu à peu qu'il n’est pas heureux... Au cœur de cette dystopie, la guerre est déclarée sans que personne ne s'en soucie. Cette société de culture de masse échoue et finit par être détruite. Bradbury laisse néanmoins un espoir : les intellectuels survivent et avec eux le contenu des livres. Tel le phénix, une nouvelle génération pourra ressusciter des cendres de la cité tout en prenant conscience des erreurs passées.

Une analyse de

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