Trente millions de dollars ont été mis en jeu. La première équipe à réussir les objectifs recevra 20 millions, la seconde recevra 5 millions. Les 5 autres millions seront répartis en plusieurs prix pour récompenser les techniques d’atterrissage, de déplacement et de transfert de données sur Terre. © Luc Viatour, www.Lucnix.be, licence Creative Commons (by-nc-sa 3.0)

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Le Google Lunar X Prize prolongé de trois mois pour avoir un gagnant

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Cinq équipes sont en course pour décrocher le Google X Prize qui récompensera un énorme exploit : poser un atterrisseur mobile sur la Lune, lui faire parcourir au moins 500 mètres et envoyer sur Terre les clichés de cette excursion. Le délai était un peu court : les organisateurs ont décidé de clôturer le concours le 31 mars 2018 et non pas le 31 décembre 2017, la date butoir initiale.

Pour éviter de se trouver sans gagnant au terme de son concours, la fondation X Prize et Google ont été contraints d'accorder un trimestre supplémentaire. Concrètement, les cinq finalistes du Google Lunar XPrize — Moon Express, Team Indus, Synergy Moon, SpaceIL et Hakuto — ont jusqu'à fin mars 2018 pour envoyer un rover à destination de la Lune, atterrir sur sa surface, le faire rouler sur une distance d'au moins 500 mètres et envoyer des données sur la Terre.

Initialement, le Google X Prize devait se clôturer le 31 décembre 2017. Mais les organisateurs ont souhaité tenir compte des difficultés des calendriers des opérateurs de lancement et des reports de tir, qui ne sont bien évidemment pas du ressort des équipes en lice. La fondation X Prize a donc vérifié que les contrats de lancements des cinq finalistes ont bien été signés dans des délais suffisants pour envisager un lancement avant décembre 2017, bien qu'il semble peu probable que les cinq lancent leur mission cette année.

D'ici le 31 mars 2018, on devrait connaître le nom de la mission gagnante du Google Lunar X Prize. © X Prize

Des lancements en 2017 peu probables

  • SpaceIL a vu son lancement à bord d'un lanceur Falcon 9 de SpaceX décalé à début 2018 ;
  • Team Indus et Team Hakuto utiliseront le même satellite et le même lanceur pour rejoindre la Lune. Un PSLV de l'agence spatiale indienne sera utilisé à une date qui n'a pas encore été annoncée ;
  • Synergy Moon utilisera le lanceur Neptune 8, d'Interorbital Systems. Ce lanceur n'a encore jamais volé ;
  • Moon Express a signé un contrat de lancement avec Rocket Lab et son lanceur Electon, dont le premier vol d'essai, en mai, a en partie réussi. Si le deuxième vol d'essai, prévu le 6 octobre, réussit, MX-1, le rover de Moon Express sera lancé avant la fin de l'année.

Pour éviter de voir affluer de nouveaux candidats avec à la clé un délai de plus, Chanda Gonzales-Mowrer, directrice principale du Google Lunar XPrize, a tenu à préciser que le « 31 décembre 2017 est la date de sélection des finalistes avec un contrat de lancement officiellement vérifié par la fondation ». Ce délai supplémentaire s'explique aussi par « des profils de missions très différents les uns des autres, avec des durées de voyage et des périodes en orbite lunaire plus ou moins longues ». Le 31 mars 2018 est donc « la date à laquelle le gagnant aura réalisé les trois tâches exigées pour remporter le Google Lunar X Prize ».

Pour en savoir plus

Google Lunar X Prize : les cinq projets qui pourraient décrocher la Lune

Article de Rémy Decourt publié le 04/02/2017

Cinq équipes, peut-être six, sont encore en course pour décrocher le Google X Prize qui récompensera la première d'entre elles à faire parcourir au moins 500 mètres à un atterrisseur et renvoyer sur Terre les clichés de la Lune.

Initié en 2007, le Google Lunar X Prize entre dans la dernière ligne droite. Avant la fin de l'année, les équipes en compétition devront avoir lancé leur sonde à destination de la Lune pour y déposer un engin capable de parcourir au moins 500 mètres et en envoyer des images en haute résolution. À la clé, 30 millions de dollars à se partager, dont 20 millions pour le premier. Pour les empocher, le lancement doit avoir lieu avant le 31 décembre 2017.

Sur les quelque 40 équipes inscrites en 2010, cinq ont signé un contrat de lancement en bonne et due forme. L'une d'elles, allemande et travaillant à temps partiel, associée au constructeur Audi, dont nous avons récemment présenté le rover, a des difficultés à trouver un lanceur disponible dans le délais imparti. Ces cinq finalistes sont les Israéliens de SpaceIL, les Américains de Moon Express, les Indiens de Team Indus, les Japonais de Hakuto et l'équipe internationale de Synergy Moon.

En 2017, la Lune verra atterrir plusieurs engins qui vont concourir pour les 30 millions de dollars de prix du Google X Prize . © Google Lunar X Prize

Le Cnes sur la Lune pour la première fois

Tous n'ont pas choisi un rover pour se déplacer sur la surface de la Lune. SpaceIL a conçu un atterrisseur qui, pour parcourir ces 500 mètres, se déplacera en sautant au moyen du propulseur utilisé pour freiner son atterrissage. Il sera lancé par SpaceX à bord d'un Falcon 9 comme passager auxiliaire d'un vol commercial.

Moon Express a la particularité d'avoir obtenu un droit gouvernemental d'opérer sur la Lune. Son atterrisseur, MX-1, sera lancé depuis une base de Nouvelle-Zélande par une fusée de Rocket Lab, une autre start-up, qui n'a pour le moment pas encore effectué de mission commerciale. Il se déplacera également par des sauts propulsés par un moteur. Au-delà de la compétition, cet engin a pour principale mission de rechercher sur notre satellite des ressources susceptibles d'être utilisées à des fins commerciales.

Le rover de Synergy Moon, lui, a été mis au point par un consortium rassemblant des équipes de 15 pays. Il sera lancé par une fusée Neptune d'Interorbital Systems. Quant à la mission Team Indus, elle enverra sur la Lune deux rovers. Le sien et celui de l'équipe japonaise Hakuto, soutenue notamment par le laboratoire de robotique spatiale de l'université de Tohoku, qui a par le passé mis au point Minerva, premier rover à atterrir sur un astéroïde. Le rover indien sera réalisé avec une participation du Cnes qui fournira deux micro-caméras de dernière génération. La mission marquera ainsi le premier envoi d'une technologie française sur la Lune.

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