Voici la pièce en titane fabriquée avec une imprimante 3D par Norsk Titanium pour le 787 Dreamliner de Boeing. © Norsk Titanium

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Pour son 787 Dreamliner, Boeing adopte l'impression 3D

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L'avionneur Boeing vient d'annoncer avoir obtenu l'accord de la Federal Aviation Authority (États-Unis) pour pouvoir utiliser des pièces en titane fabriquées par impression 3D pour son 787 Dreamliner. Voilà qui va lui permettre de faire des économies substantielles par appareil.

C'est un pas important qui vient d'être fait pour le recours à l'impression 3D dans l'aéronautique. Aux États-Unis, la Federal Aviation Authority (FAA) vient d'approuver l'usage de pièces en titane imprimées en 3D pour le Boeing 787 Dreamliner. C'est la première fois que de telles pièces structurelles et porteuses sont utilisées dans un avion commercial.

Leur fabrication est assurée par l'entreprise Norsk Titanium qui a développé un procédé d'impression 3D nommé Rapid Plasma Deposition (RPD) qui consiste à faire fondre du fil de titane dans un nuage de gaz argon inerte. Par rapport à une technique traditionnelle de forgeage et d'usinage, cette méthode a l'avantage de réduire les coûts et de la matière première brute et de l'énergie consommée durant la production.

Jusqu’à 3 millions de dollars d’économies par avion

Pour Boeing, l'économie réalisée est substantielle puisqu'elle s'élèverait à 3 millions de dollars par Dreamliner dont le coût total de fabrication est estimé à 265 millions de dollars. Cet avion est en effet très cher à produire en raison de l'usage important du titane à la place de l'aluminium. Selon les informations de l'agence Reuters, les seules pièces en titane du 787, qui comptent pour 15 % de la masse totale de l'appareil, représentent un budget de 17 millions de dollars.

Alors que le premier Dreamliner a été livré en 2011, sa production a engendré quelque 29 milliards de pertes pour l'avionneur. Elle n'est profitable que depuis l'année dernière. La pièce en titane du Dreamliner ainsi que l'imprimante 3D qui sert à sa fabrication seront exposées au salon aéronautique du Bourget qui se tiendra à Paris du 19 au 25 juin.

Pour en savoir plus

2007 : Boeing présente le 787 alias DreamLiner

Article initiale de Jean Etienne, paru le 09/07/2007

Boeing a présenté officiellement son dernier-né, le Boeing 787, aussi nommé DreamLiner, dans le hall principal de l'usine d'assemblage d'Everett, près de Seattle. La cérémonie, qui s'est déroulée dans l'euphorie des grands jours, rassemblait 300 journalistes venus du monde entier, et a été retransmise en direct dans 45 pays au moyen de 35 satellites.

L'assemblage du premier exemplaire avait débuté le 21 mai dernier, et les pièces qui le composent proviennent de divers sites répartis non seulement aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et au Japon. Parmi les entreprises françaises participant au programme, notons :

  • Dassault Systèmes, pour une partie des logiciels ;
  • Messier-Dowty, pour le train d'atterrissage ;
  • Labinal, pour les câbles du réseau électrique, ainsi que les fibres optiques ;
  • Thales, pour le système de conversion électrique ;
  • Latécoère, pour les portes passagers ;
  • Zodiac, pour les toboggans d'évacuation, le système de gestion de l'eau embarquée et le traitement des déchets.
Le Boeing 787 (Vue d'artiste). Crédit Boeing

Le 787 se positionne en remplacement du 757 et du 767 du même avionneur, et sera d'abord décliné en trois versions très différentes dans leurs caractéristiques de base, ce qui assure d'emblée à cet appareil un très large éventail d'utilisation :

  • Le 787-3 transportera de 290 à 330 passagers sur 4650 à 5650 km;
  • Le 787-8 transportera de 210 à 250 passagers sur 14200 à 15200 km;
  • Le 787-9 transportera de 259 à 290 passagers sur 14800 à 15750 km.

Une telle distance franchissable n'était à la portée jusqu'à ce jour pour l'avionneur américain qu'aux Boeing 777 et 747, de conception plus ancienne donc moins économiques. Le nouvel avion, grâce notamment à une architecture faisant largement appel aux matériaux composites, consommera environ 20% de carburant en moins que le reste de la gamme, à performances égales, et les ingénieurs évoquent aussi des frais d'entretien réduits d'un tiers.

Le Boeing 787 (Vue d'artiste). Crédit Boeing

677 commandes fermes ont déjà été enregistrées, dont 35 à l'occasion de la présentation officielle de l'avion samedi dernier, 25 à Air Berlin et 10 au koweïtien Alafco, pour un prix unitaire moyen de 146 à 200 millions de dollars suivant la version.

L'appareil devrait effectuer son premier vol d'essai à la fin de cet été, sa mise en service étant prévue pour le courant de l'année 2008, soit peu de temps après l'Airbus A380, qui se positionne dans une catégorie différente. De son côté, l'avionneur européen poursuit le développement de l'A350 XWB, un long-courrier destiné à concurrencer les Boeing 787 et 777, mais dont la mise en service n'est prévue qu'à partir de 2013.

Si l'opportunité de gagner de nouvelles commandes concrétise un rêve pour Boeing ainsi que l'évoque le nom de baptême de l'appareil, il n'en n'est peut-être pas de même pour Airbus... Mais gageons que cette année 2007, particulièrement riche en nouveautés, nous réserve encore bien des surprises agréables de part et d'autre de l'Atlantique, dont nous profiterons au final en tant que simples passagers.