La capsule CST-100 de Boeing est conçue pour transporter jusqu'à sept astronautes. Elle devrait débuter son service commercial à destination de l'ISS à la fin de l'année 2018. © Boeing

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SpaceX et Boeing ne transporteront des astronautes qu'en 2018

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Par Rémy Decourt, Futura

Boeing et SpaceX doivent envoyer des astronautes à destination de la Station spatiale internationale (ISS), mais quand ? L'ouverture de ce service commercial régulier était initialement prévue en 2017 ; ce sera plutôt fin 2018, début 2019. Des retards ont en effet été pris dans le développement des deux futurs taxis américains de l'espace et le lanceur Falcon 9 a connu plusieurs échecs.

Début janvier, la Nasa a octroyé de nouveaux contrats de lancements d'astronautes à SpaceX et Boeing. À ce jour, les deux industriels sont donc engagés contractuellement avec l'Agence spatiale américaine pour un total de 12 missions (6 chacun).

Bien qu'aucun des deux systèmes de transport ne soit prêt, cette décision donne une certaine visibilité aux équipes de SpaceX et de Boeing, sur le plan organisationnel et financier, auprès de leurs fournisseurs et sous-traitants.

Cette commande de huit autres véhicules de transport a un impact financier immédiat sur le coût global du programme. Pour la Nasa, elle permet une plus grande stabilité du calendrier futur des rotations d’équipages à destination de la Station spatiale internationale (ISS).

Assemblage de la partie haute et de la partie basse de la capsule CST-100 Starliner, de Boeing, en novembre 2016, dans une des salles blanches du Commercial Crew and Cargo Processing Facility du centre spatial Kennedy, en Floride. © Boeing, Nasa

4 astronautes et 100 kg de fret

Telle que définie par la Nasa, une mission habitée standard à destination de l'ISS comprend le transport de quatre astronautes (de l'agence américaine ou d'un autre pays dans le cadre d'un partenariat), et environ 100 kilogrammes de fret pressurisés. Le véhicule devra ensuite rester amarré à la Station pendant un maximum de 210 jours et être utilisé comme véhicule d'évacuation d'urgence pendant cette période de sept mois.

L'ouverture de ce service commercial mettra fin à la dépendance des Américains vis-à-vis des Russes avec, à la clé, une substantielle économie sur le coût du siège à bord du Soyouz : actuellement, la Nasa paye 80 millions de dollars chaque rotation d'astronautes (74,5 millions d'euros au cours actuel) ; à l'avenir, le prix d'un vol moyen à bord d'un des deux taxis de l'espace lui en coûterait seulement 58 millions de dollars (un peu moins de 54 millions d'euros).

Boeing développe le CST-100 Starliner, qui sera lancé par une fusée Atlas V, de United Launch Alliance, depuis le complexe de lancement numéro 41 de Cap Canaveral, en Floride. Quant à SpaceX, il développe une version habitable de sa capsule Dragon de transport fret ; elle sera lancée par un Falcon 9 depuis le pas de tir 39A, du centre spatial Kennedy, également en Floride.

Les deux industriels visent un vol opérationnel fin 2018. Pour cela, Boeing prévoit un vol d'essai inhabité en juin 2018, suivi d'un vol habité en août 2018. Quant à SpaceX, un premier vol d'essai est prévu en novembre 2017 et un vol habité en mai 2018.

Pour en savoir plus

Le CST-100 et le Dragon V2, ces futurs taxis de l'espace

Article de Rémy Decourt paru le 02/02/2015

Les deux futurs taxis de l'espace, le CST-100 de Boeing et le Dragon V2 de SpaceX, ont encore plusieurs étapes à franchir avant que la Nasa ne les autorise à voler à destination de la Station. Les responsables de ces deux programmes ont récemment présenté le calendrier des vols avant de débuter leur service de transport spatial de passagers.

Boeing et SpaceX sont les deux entreprises à avoir remporté en septembre 2014 le contrat de la Nasa pour transporter ses astronautes à bord de la Station spatiale internationale et les redescendre sur Terre. Les constructeurs ont récemment confirmé qu'ils seraient prêts d'ici fin 2017 pour débuter leur service de transport.

Ce contrat de 6,8 milliards de dollars (4,2 milliards pour Boeing et 2,6 milliards pour SpaceX) couvre au total six missions de transport d'astronautes vers l'ISS pour chacune des deux compagnies. Elles seront précédées de deux vols d'essai, dont un habité. Le service opérationnel devrait débuter fin 2017, début 2018, date à laquelle prendra fin le dernier contrat signé entre la Nasa et Roscosmos portant sur l'achat de places à bord des Soyouz russes.

L'ouverture de ce service commercial mettra fin à la dépendance des Américains vis-à-vis des Russes avec, à la clé, une substantielle économie sur le coût du siège à bord du Soyouz. Actuellement, la Nasa paye 76,3 millions de dollars chaque rotation d'astronautes. À l'avenir le prix d'un vol moyen à bord d'un des deux taxis de l'espace lui en coûterait seulement 58 millions de dollars.

Dragon V2, la version habitée de la capsule de transport de fret Dragon de SpaceX. Avec la capsule CST-100 de Boeing, elle fera partie des deux premiers véhicules privés de transport spatial de passagers. © SpaceX

Des vols habités prévus en 2017

Boeing et SpaceX se sont récemment exprimés sur l'état d'avancement de leur projet lors d'une conférence de presse qui s'est tenue au Centre spatial Johnson à Houston, au Texas (États-Unis), en présence de Kathy Lueders, qui dirige le programme de vols habités commerciaux de la Nasa.

Ainsi Boeing prévoit en mars une revue de critique de conception de sa capsule CST-100 et, si elle satisfait la Nasa, la construction d'un premier modèle de vol pourrait alors débuter. En février 2017, l'avionneur de Seattle devrait réaliser un test d'éjection de la capsule depuis le pas de tir (pad abort test) suivi d'un vol d'essai sans équipage vers l'ISS en avril 2017 puis, en juillet, un vol habité avec comme équipage un pilote d'essai de Boeing et un astronaute de la Nasa. Si tous ces tests sont concluants, la première mission opérationnelle à destination de la Station spatiale internationale devrait avoir lieu en décembre 2017.

De son côté, SpaceX prévoit également un test d'éjection de la version habitée de sa capsule Dragon (Dragon V2) depuis le pas de tir qui sera réalisé dans quelques semaines ainsi qu'un test d'éjection en vol. Seul SpaceX est contraint à ce dernier test. Le système d'éjection de la capsule de Boeing utilise en effet des technologies éprouvées et bien maîtrisées depuis le début des années 2000. Ce n'est pas le cas de la firme d'Elon Musk qui innovera en dotant sa capsule de huit moteurs Draco, conçus pour dégager la capsule du lanceur si nécessaire. À la suite de ces deux essais, SpaceX effectuera un premier vol non habité de sa capsule Dragon V2 vers la fin 2016, suivi peu après d'un vol habité à destination de la Station (début 2017).

Enfin, pour ceux qui doutent de la fiabilité du Falcon 9, le lanceur utilisé pour transporter en orbite la capsule Dragon V2 et qui compte à ce jour 14 vols, Gwynne Shotwell, directrice générale de SpaceX a tenu à préciser que ce lanceur aura effectué plus de 50 vols avant de lancer la capsule habitée. Autre précision d'importance, cette capsule habitée est conçue pour se poser soit sur un sol en dur, à l'aide de propulseurs pour la freiner, soit sur l'eau en amerrissant sous parachutes. Dans le cadre de son contrat conclu avec la Nasa, le retour sur Terre des astronautes se fera uniquement par amerrissage.