Un des moustiques vecteurs du virus chikungunya : Aedes aegypti. © Muhammad Mahdi Karim, Wikipédia, GNU 1.2

Santé

Chikungunya

DéfinitionClassé sous :médecine , Agent du chikungunya , Transmission du Chikungunya

Le virus du chikungunya est à l'origine de la « fièvre de chikungunya », ou « Chik », et de la vaste épidémie qui a sévi à La Réunion en 2005. 

Virus du chikungunya (ChikV)

Alphavirus de la famille des Togaviridae (arbovirus du groupe A), le virus du chikungunya (ChikV) est l'agent responsable de la maladie du chikungunya. Le virion est sphérique, enveloppé, d'un diamètre de 60 nanomètres. Il contient un ARN unique de polarité positive, codant pour deux polyprotéines. L'ARN est directement infectieux et sert donc à la fois de génome et d'ARN messager. Les 11 à 12.000 bases de son génome permettent au final la synthèse de neuf protéines, obtenues après clivage des polyprotéines par des protéases virales et cellulaires.

À la fin du cycle viral, qui comprend la synthèse des protéines, la réplication et l'assemblage des particules virales, celles-ci bourgeonnent au niveau de la membrane plasmique de la cellule infectée. Des protéines virales sont insérées dans la membrane.

Transmission du chikungunya et moustiques-tigres

Le virus est transmis à l'Homme, au moment de l'injection de salive anticoagulante dans le sang de la personne piquée par un moustique vecteur. On sait aujourd'hui que le virus n'infecte pas les cellules sanguines circulantes, mais plutôt les macrophages et les cellules adhérentes (endothéliales, épithéliales, fibroblastes).

Le virus peut toucher l'Homme, les primates, les autres mammifères, les oiseaux. Si la dose infectieuse n'est pas connue, on sait qu'il se transmet par piqûre du moustique Aedes spp. (A. aegypti, A. africanus, A. albopictus), avec une période d'incubation habituellement située entre un et douze jours.

Aucun cas de transmission de personne à personne n'a pu être confirmé. Le « réservoir » est probablement chez les primates, qui génèrent une forte virémie mais ne manifestent pas de symptômes.

Symptômes du chikungunya

Fortement pathogène, le virus entraîne une maladie « spontanément résolutive », caractérisée par une arthralgie ou une arthrite localisée aux genoux, aux chevilles et aux petites articulations.

Une forte fièvre survient, puis une éruption maculopapulaire et la présence dans certains cas d'un énanthème buccal et palatin, de nausées et de vomissements. Des hémorragies bénignes sont possibles, surtout chez l'enfant. Les infections asymptomatiques sont fréquentes. Des cas ont déjà signalés auparavant en Afrique, en Inde, dans le Sud-Est asiatique et dans les Philippines.

En 2014, le moustique-tigre était présent dans différents départements français et pouvait transmettre le chikungunya en France métropolitaine. © idé

Chikungunya : prévention et traitement

Aucun agent antiviral n'existe encore, mais on constate une forte sensibilité aux désinfectants comme l'éthanol, l'hypochlorite de sodium et le glutaraldéhyde ainsi que les solvants des lipides. Le virus est également inactivé par la chaleur (au-dessus de 58 °C).

Lutter contre les moustiques (moustique-tigre), et par conséquent leurs piqûres, est un moyen efficace de se protéger contre le chikungunya. La présence du moustique-tigre A. albopictus dans le sud de la France rend possible la maladie en métropole. Il y a eu 489 cas en France métropolitaine en 2014, d'après l'InVS.

La prise en charge des patients est purement symptomatique, reposant sur des antidouleurs et des anti-inflammatoires. Une fois infectées par le virus, les personnes possèdent une immunité durable.

Moustique-tigre : quatre conseils pour se protéger  À l'arrivée de l’été, les piqûres de moustiques font leur apparition. Si elles sont en majorité bénignes, celles du moustique-tigre peuvent transmettre des maladies comme par exemple la dengue ou le chikungunya. L’IRD (Institut de recherche pour le développement) nous explique dans cette courte vidéo comment s'en prémunir simplement.