Le brocoli est l’aliment le plus riche en sulforaphane, mais d’autres crucifères comme le chou en contiennent aussi. © yurakp, Fotolia

Santé

Cancer : pourquoi le brocoli est-il un bon protecteur ?

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Par Marie-Céline Jacquier, Futura

Le brocoli est connu pour ses propriétés anti-cancer liées à un de ses composés, le sulforaphane. Une nouvelle étude montre que la molécule agit au niveau génétique dans la cellule, en limitant la présence d'un long ARN non-codant présent dans différents cancers.

Les hommes qui mangent des crucifères comme le brocoli ont moins de risque de développer un cancer de la prostate. Le sulforaphane, présent dans cette variété de chou, serait protecteur contre ce cancer. Mais comment la molécule agit-elle dans les cellules cancéreuses ?

Pour le savoir, des chercheurs de l'université de l'Oregon se sont penchés sur le rôle joué par de longs ARN non-codants appelés IncRNA en anglais. Bien que sans fonction particulière, ces ARN pourraient être impliqués dans la transformation des cellules en cellules cancéreuses. Leur dérégulation contribuerait à différentes maladies, dont des cancers. Les chercheurs se sont intéressés en particulier à LINC01116, qui est présent dans des cellules de cancer de la prostate. Leurs travaux sont décrits dans Journal of Nutritional Biochemistry.

Moins d’ARN LINC01116 avec le sulforaphane

Ils ont ainsi montré que la capacité des cellules cancéreuses à former des colonies était divisée par quatre en l'absence de l'ARN LINC01116 : cet ARN peut donc jouer un rôle dans le développement du cancer. Or, un traitement au sulforaphane limite sa transcription et réduit ainsi la quantité d'ARN LINC01116.

Celui-ci est aussi très présent dans d'autres cancers (cerveau, poumon, côlon). De longs ARN non-codants sont présents en grandes quantités dans des cancers du sein, de l'estomac ou dans des leucémies. Ils pourraient donc constituer de nouvelles cibles pour la prévention, le diagnostic et le traitement du cancer.

Pour en savoir plus

Fumeurs : risque de cancer du poumon réduit grâce au brocoli

Article de Jean-Luc Goudet paru le 24/11/2008

La consommation de brocolis et de choux, surtout crus, diminuerait notablement la probabilité d'un cancer du poumon chez les fumeurs et les ex-fumeurs. Ce n'est pas la première fois que ces légumes montrent leurs vertus anticancéreuses. En revanche, les autres légumes et les fruits n'induiraient aucune protection particulière. Une étude à confirmer, précisent les auteurs eux-mêmes.

Chez les fumeurs et surtout les ex-fumeurs, la fréquence de survenue d'un cancer du poumon serait réduite de 20 à 55 % chez les consommateurs réguliers de brocolis et de choux. Le taux de réduction dépendrait de la quantité de cigarettes fumées mais aussi du mode de consommation de ces légumes. Crus, ils protègent mieux.

Ces conclusions viennent d'être présentées lors d'une récente conférence de l'American Association for Cancer Research par Li Tang et une équipe du Roswell Park Cancer Institute. Elles résultent d'une étude menée en milieu hospitalier sur des malades atteints de tumeurs aux poumons et des personnes saines, fumeuses ou ex-fumeuses.

Un effet préventif probable mais sûrement pas curatif

Les vertus anti-cancéreuses du brocoli et du chou, et des crucifères en général (chou de Bruxelles, chou-fleur, navet, radis, cresson, roquette...), avaient déjà été démontrées et attribuées aux isothiocyanates, dégradées par la cuisson. La même équipe a d'ailleurs publié cette année les résultats d'une étude montrant l'effet de protection des crucifères pour le cancer de la vessie.

Toutes les formes du cancer du poumon ne sont pas logées à la même enseigne. Li Tang et ses collègues ont travaillé sur quatre types de tumeurs et relèvent que l'effet protecteur des crucifères concerne surtout les risques de carcinome à petites cellules et de tumeur squameuse. Quant aux autres légumes et aux fruits, les chercheurs du Roswell Park Cancer Institute ne mesurent aucun effet bénéfique.

Mais les auteurs eux-mêmes relativisent ces résultats. « Le brocoli n'est pas un médicament anti-cancer » insiste Li Tang, mais seulement un facteur de prévention. De plus, ces observations « sont insuffisantes pour conduire à des recommandations » et doivent être confirmées. Tout au plus confirment-elles des résultats déjà acquis sur l'effet préventif de la consommation de légumes et de crucifères en particulier chez les personnes exposées à la fumée de tabac.

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