L’haleine contient des composés organiques volatiles (COV) qui donnent des informations sur la santé de l’individu. © galaxies and hurricanes, Flickr, CC by-nc-nd 2.0

Santé

Nanotechnologie : une puce peut détecter 17 maladies dans votre haleine

ActualitéClassé sous :maladie , diagnostic , maladie de Parkinson

Des chercheurs israéliens ont mis au point un outil qui détecte dans l'haleine des molécules caractéristiques de 17 maladies, comme Parkinson ou des cancers. Chaque pathologie peut ainsi être identifiée par une combinaison de 13 composés organiques volatils (ou COV).

Dès l'Antiquité, des médecins ont cherché à évaluer la santé de leurs patients à partir des composés organiques volatils (COV) qu'ils émettent, notamment dans les selles et les urines. Ici, une équipe du Technion-Institut de technologie d'Israël a décidé d'aller un peu plus loin grâce aux nanotechnologies.

L'air expiré contient du dioxyde de carbone, du diazote et du dioxygène, mais aussi plus d'une centaine de COV, des molécules de faible poids moléculaire. La quantité et le type de COV exhalés dépendent du métabolisme et de la santé de l'individu. C'est pourquoi l'analyse de ces molécules pourrait aider au diagnostic de maladies.

L'analyse de l'haleine présente de nombreux avantages par rapport à celle d'autres fluides comme le sang : l'air exhalé est facilement accessible, ne nécessite pas de méthode invasive de prélèvement, il est peu complexe et peut être manipulé en toute sécurité.

Les chercheurs ont construit un outil de diagnostic intelligent, avec des nanoparticules d'or. Cet outil contenait des capteurs spécialisés capables de détecter dans les molécules de l'haleine celles qui correspondent à des COV liés à des maladies.

L’air exhalé contient des molécules qui sont analysées grâce aux nanotechnologies. © ACS Nano 2016

Chaque maladie à une empreinte volatile caractéristique

2.808 échantillons d'air expiré ont été récupérés chez 1.404 personnes diagnostiquées avec 17 maladies différentes ou en bonne santé. Les 17 maladies en question étaient les suivantes : cancers du poumon, du côlon-rectum, du cou et de la tête, de l'ovaire, de la vessie, de la prostate, du rein, de l'estomac, maladie de Crohn, rectocolite hémorragique, syndrome de l'intestin irritable, maladie de Parkinson (idiopathique ou atypique), sclérose en plaques, hypertension artérielle pulmonaire, pré-éclampsie et maladie rénale chronique.

Les chercheurs ont découvert que ces 17 maladies généraient différentes empreintes, avec une combinaison particulière de 13 COV. Par exemple, le nonanal (nonanaldéhyde) est lié au cancer de l’ovaire, à la maladie inflammatoire de l'intestin, au cancer du sein et aux adénocarcinomes de l'œsophage et de l'estomac. L'isoprène est lié à la maladie hépatique chronique, la maladie rénale ou le diabète.

L'outil détectait les maladies avec une efficacité de 86 %. Ces résultats permettent donc d'imaginer qu'il soit possible de créer des outils de diagnostic miniaturisés, peu coûteux et faciles d'utilisation. D'autres recherches sur un échantillon plus large de patients seront nécessaires pour savoir si de telles applications pourront voir le jour en médecine.

Ces résultats paraissent dans la revue ACS Nano.

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