Des chiens renifleurs de cancer... De précédentes études avaient semé le doute quant à la fiabilité du procédé. Mais une équipe américaine est parvenue à entraîner des beagles en ce sens. Ils auraient obtenu des résultats plus que probants.


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    Les chiens jouissent d'un sens de l’odorat particulièrement développé. C'est un fait acquis. Et les hommes exploitent déjà cette caractéristique pour les aider à trouver de la drogue ou des explosifs. Aujourd'hui, une étude américaine dévoile que les chienschiens pourraient aussi se révéler extrêmement doués pour détecter les cancers.

    Des chercheurs de la société BioScentDx (États-Unis) ont entraîné des chiens -- des beagles, comme MJ, le petit Toulousain qui compte des milliers de fans sur les réseaux sociauxréseaux sociaux -- au « clicker », un conditionnement destiné à les encourager à distinguer des échantillons sanguins normaux d'échantillons de sang issus d'un patient atteint d'un cancer du poumon malin. Résultat : les chiens se seraient montrés ensuite capables d'identifier les échantillons touchés dans 96,7 % des cas et le sang sain dans 97,5 % des cas.

    Le beagle est l’un des chiens au sens de l’odorat le plus développé. © Nick115, Pixabay License
    Le beagle est l’un des chiens au sens de l’odorat le plus développé. © Nick115, Pixabay License

    Vers une nouvelle méthode de diagnostic

    Forts de ces résultats, les chercheurs espèrent maintenant mettre au point une nouvelle méthode de dépistage des cancers précoce et non invasive, en mettant directement des chiens à contribution ou bien, en se basant sur ces travaux pour déterminer les composés que les chiens sont capables de discriminer pour rendre leur verdict.

    Au mois de novembre prochain, BioScentDx prévoit d'ailleurs de lancer une étude sur le cancer du sein. Les participantes seront amenées à fournir des échantillons sur lesquels des chiens seront entraînés. En parallèle, les chercheurs tenteront d'identifier -- en les soumettant à l'odorat pointu des chiens -- les composants chimiques ou les substances responsables de l'odeur apparemment caractéristique d'un cancer.


    Les chiens ont du flair pour dépister un cancer

    Des chiens qui sentent le cancer : cet axe de recherche étonnant est bien réel, et des chercheurs israéliens s'y sont consacrés. Cette piste pourrait permettre de développer de nouvelles méthodes de dépistage précoce de cette maladie.

    Article de Agnès RouxAgnès Roux paru le 13/05/2013

    Bien plus que de simples animaux domestiques, les chiens sont aussi de précieux alliés pour notre santé. Les personnes âgées le savent bien, et voient souvent leur état général s'améliorer en présence de ces animaux. Mais leur atout majeur pourrait venir de leur formidable odorat. En effet, les chiens possèdent un flair 10.000 à 20.000 fois plus développé que celui de l'Homme, et peuvent différencier des odeurs très proches.

    Cette capacité olfactive a déjà été largement exploitée dans diverses applicationsapplications humaines, comme la détection de séismes, de drogues, de personnes disparues ou de fuites de gazgaz. Mais ce n'est pas tout : l'odorat canin pourrait également être utilisé pour sentir un cancer ! C'est en tout cas la thématique de recherche d'Uri Yoel, chercheur à l'université Ben Gourion du Néguev, en Israël. Ces travaux montrent que les chiens sont capables de différencier les cellules cancéreuses des cellules saines en laboratoire. Futura-Sciences revient sur les progrès réalisés dans ce domaine de recherche surprenant.

    L’odorat des chiens est très bon. Il serait 10.000 à 20.000 fois plus développé que celui de l'Homme. © ptc24, Flickr, cc by 2.0
    L’odorat des chiens est très bon. Il serait 10.000 à 20.000 fois plus développé que celui de l'Homme. © ptc24, Flickr, cc by 2.0

    Les chiens distinguent les cellules cancéreuses des autres

    L'idée que les chiens puissent flairer un cancer n'est pas nouvelle. Elle est apparue pour la première fois en 1989, lorsqu'une femme a confié à son dermatologue que son chien reniflait constamment son grain de beauté cancéreux. Cette anecdote a été suivie de nombreuses autres similaires, et a amené certains scientifiques à s'interroger sur l'aptitude des chiens à sentir la maladie.

    Des études sur ce thème ont ainsi émergé dans différents laboratoires à travers le monde. En Allemagne par exemple, des chiens ont réussi à identifier l'haleine de personnes atteintes de cancer du poumon. Un autre exploit a été réalisé en France par OlivierOlivier Cussenot, urologue et oncologueoncologue à l'hôpital Tenon, à Paris. Ce dernier a mis en évidence la capacité de chiens à détecter le cancer de la prostate dans les urines. D'autres travaux ont également démontré que des canidéscanidés pouvaient renifler le cancer de l’intestin dans les selles.

    Une même odeur pour tous les cancers ?

    Restait pourtant une question en suspens : quel est le composé olfactif que les cellules cancéreuses rejettent et que les chiens sentent ? Les études entreprises par Uri Yoel s'attachent à fournir une réponse. Deux chiens dressés pour reconnaître le cancer du sein ont été mis à contribution pour ces expériences. Le scientifique a testé leur capacité à reconnaître une boîte de culture contenant des cellules malignes parmi quatre autres boîtes. Les animaux ont brillamment relevé le défi.

    « Ce qui est intéressant, c'est que les chiens dressés pour reconnaître des cellules mammaires tumorales sont également capables de reconnaître avec succès d'autres types de cellules cancéreuses, souligne Uri Yoel. Cela suggère que la moléculemolécule reniflée par les canidés serait la même pour tous les cancers. »

    Le coût du dressage pourrait rendre difficile la mise en place de tests d’odorat canins dans les hôpitaux. De nombreuses études restent à mener pour déterminer la nature de la molécule émise par les cellules cancéreuses. Ce composé pourrait ouvrir la voie vers de nouveaux tests de dépistage précoce du cancer.