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En bref : des araignées de nos jardins mangent aussi du pollen

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Les araignées de nos jardins ne sont pas toutes des carnivores strictes qui aiment se repaître d'insectes volants. Deux espèces au moins agrémentent volontairement leur régime alimentaire de pollens à hauteur de 25 %. Elles sont donc omnivores.

Une épeire des bois (Aculepeira ceropegia) se positionne sur sa toile en attendant des proies, sauf quand il fait mauvais. Elle trouve alors refuge dans un abri qu’elle a préalablement construit en soie. Maintenant, nous savons que les juvéniles se nourrissent également des pollens qui se collent sur leurs pièges. © Giuss95, Flickr, cc by nc sa 2.0

Les épeires des bois (Aculepeira ceropegia) et les épeires diadèmes (Araneus diadematus) sont des araignées relativement communes dans les jardins européens. Elles y tissent des toiles géométriques pour y attendre patiemment l'arrivée de proies, principalement des insectes volants diptères et hyménoptères. De fait, ces arachnides sont majoritairement considérés par le public et les scientifiques comme des prédateurs carnivores purs et durs. Pour Benjamin Eggs (université de Berne ; Suisse) et Dirk Sanders (université d'Exeter ; Royaume-Uni), ils se trompent.

Ces deux chercheurs ont étudié le comportement alimentaire d'araignées juvéniles qui appartiennent à ces deux espèces. Pour ce faire, ils ont réalisé différentes expériences de nourrissage, puis effectué des mesures d'isotopes stables dans le corps de ces arthropodes. Résultat : leur régime alimentaire se compose à 25 % de pollens qui se sont collés sur leurs toiles, même lorsque de nombreux insectes y sont englués. D'ailleurs, ils complètent les 75 % restants. Cette découverte présentée dans la revue Plos One pose néanmoins question : l'ingestion de ces structures végétales est-elle volontaire ?

En effet, ces araignées sont des adeptes du recyclage. Elles mangent leurs anciennes toiles avant d'en tisser de nouvelles. On pourrait donc croire qu'elles ingèrent sans le vouloir les pollens et autres spores de champignons qui se sont collés sur les soies. Il n'en est rien. Selon les chercheurs, ces structures sont tellement grosses (comparativement à la taille des arthropodes) qu'elles ne peuvent être ingérées accidentellement. Pour s'en nourrir, les épeires les recouvrent d'enzymes pour les digérer extra-oralement, avant de les absorber. Étant donné le volume de pollens ingéré volontairement, ces deux espèces doivent dorénavant être considérées comme des omnivores.