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Il est frais mon mammouth !

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Le magazine Science et Vie révèle la découverte d'un mammouth dans le sol gelé de la Sibérie, conservé dans un état exceptionnel. La tête, un pied complet, de la peau des poils et des organes internes ont été exhumés, alors que le reste du corps attend les scientifiques l'été prochain.

Le Mammouth laineux Musée de Colombie-Britannique Crédits : www.minerauxetfossiles.com

On l'appelle déjà Yukagir, du nom d'une localité du nord-est de la Sibérie, à proximité de laquelle il a été trouvé en novembre 2002 par les deux enfants de Vassili Gorokhov, un chasseur de rennes. Mais on n'apprend qu'aujourd'hui l'existence de ce mammouth en état de conservation exceptionnel.
Comme d'autres spécimens du même genre, il doit sa fraîcheur au sol gelé de ces terres arctiques, le pergélisol, dans lequel il est resté près de 20.000 ans, avant de connaître un destin rocambolesque.

La tête, sans la trompe mais avec deux magnifiques défenses, trône au musée du mammouth de Yakoutsk, à 2.000 kilomètres de Yukagir, là où l'a amenée Gorokhov. Pour dégager le reste de l'animal... et payer Gorokhov, l'équipe du musée a fait appel à un explorateur français, Bernard Buigues et à sa société Cerpolex, spécialisée dans les expéditions polaires. Ce choix n'est pas si surprenant : Bernard Buigues a déjà découvert un mammouth - connu sous le nom de Jarkov - en 1999 et a créé un comité scientifique dirigé par le paléontologue Yves Coppens.

L'équipe (dont un journaliste de Science & Vie) a commencé les fouilles en septembre 2003 et a dégagé un pied complet, recouvert d'une épaisse toison. Des fragments d'estomac et d'intestin contiennent encore des restes d'aliments. D'autres éléments de squelettes ont été dégagés (humérus, omoplate...), ainsi que des morceaux de muscles. Le travail a dû être interrompu à cause de l'hiver et ne reprendra, si des fonds sont trouvés, qu'à l'été prochain. L'équipe n'a pu emporter tous les restes dégagés et les a laissés sur place, dans des tranchées creusées dans le pergélisol.

En revanche, elle a ramené une série d'échantillons distribués à plusieurs laboratoires dans le monde, qui ont déjà obtenu une moisson de résultats. Ce spécimen de Mammuthus primigenius, alias mammouth laineux, était âgé de plus quarante ans lorsqu'il est tombé dans un marigot glacial qui a rapidement gelé autour de lui. C'était il y a 18.560 ans, affirme-t-on au centre de recherche isotopique de l'université de Gronigen (Pays-Bas).
Les intestins de Yukagir contenait des plantes herbacées ligneuses, une surprise puisqu'on pensait que les mammouths mangeaient plutôt de la mousse et le feuillage des arbustes.

Une équipe britannique est en train de traquer des restes d'ADN tandis que les poils sont étudiés... chez L'Oréal au sein du groupe Biologie du cheveu, qui a déjà travaillé sur la toison de Jarkov. Ces spécialistes du poil ont repéré une variation de structure concentrique, semblable aux cernes d'un tronc d'arbres, qui reflèterait des changements saisonniers du régime alimentaire.
Le Japonais Naoki Suzuki, lui, profitera du passage de la tête de Yukagir, invitée à l'exposition universelle en 2005, pour étudier le cerveau et estimer ses capacités cognitives.

En attendant, on peut, plus près de nous, rendre visite à Dima, le bébé mammouth exposé au Museum d'Histoire naturelle à Paris...