Sur la côte de l'océan Pacifique, le rivage désertique borde des eaux très poissonneuses appréciées de ces manchots de Humboldt (Spheniscus humboldti). © Cyril Ruoso

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Pérou, planète extrême : les coulisses d’un reportage nature unique

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Au cours de trois séjours, cette mission, accompagnée de scientifiques, a visité trois planètes différentes : la forêt amazonienne, les glaciers andins et les déserts de la côte Pacifique. Tout cela dans le même pays : le Pérou. Un documentaire, désormais en DVD, raconte ce voyage à la découverte d'une nature extraordinaire, avec des images inédites et à couper le souffle. Le photographe animalier, Cyril Ruoso, raconte.

« Le Pérou est un pays de très fort contraste. En quelques centaines de kilomètres se succèdent la forêt équatoriale d'Amazonie, le mur des Andes, avec des sommets à 6.000 m, où se trouvent 80 % des glaciers tropicaux, et puis la côte. Là, il y a deux mondes : les terres, qui sont des déserts très arides, et l'océan qui, grâce au courant de Humboldt et à des remontées d'eaux profondes, est une des zones les plus riches du monde. » Longtemps après son retour, Cyril Ruoso parle toujours avec ferveur de ce triple voyage au Pérou pour explorer ces trois régions si différentes à la découverte d'une nature étonnante.

Autour de lui dans cette expédition Pérou, planète extrême, marchait Emmanuelle Grundmann, primatologue de formation, journaliste et grande défenseuse de la nature. À leurs côtés, Anne Grégoire, journaliste scientifique vivant depuis sept ans au Pérou, travaille à l'IRD (Institut de Recherche et du Développement). Elle est également l'auteur d'une thèse sur la préservation du patrimoine génétique des espèces animales andines. Derrière eux, le discret Jean-Thomas Renaud, réalisateur et co-auteur de la série : c'est l'homme qui filme et qu'on ne voit pas.

Un ours à lunettes (Tremarctos ornatus), que l'équipe a longuement cherché. © Cyril Ruoso

Une nature toujours surprenante

La caméra est grand angle. Elle est aidée par des petites caméras sous-marines et une autre, suspendue à un drone. C'est vers les espèces végétales et animales, principalement, qu'est dirigée l'expédition, préparée en collaboration avec des scientifiques et des ONG ou des associations locales.

Cyril Ruoso, lui, ne filme pas, il photographie. Pieds, objectifs ou tente, son matériel pèse plus de 20 kg. Il peut passer des heures à attendre le bon mouvement et des jours à trouver la bonne lumière. Ses surprises ? Nombreuses. « Les poissons de l'Amazonie par exemple. Quand l'eau est à son niveau le plus haut, elle est à 10 mètres de hauteur dans les arbres. Et quand elle redescend, il reste des lagunes, des bras morts, des marais... La faune est concentrée. Elle grouille ! »

Les viscaches se lancent parfois dans une frénétique série de courses et de bonds. Un comportement inexpliqué et rarement décrit. © Cyril Ruoso

La faune et la flore : une histoire à raconter

Un arbre, le warango, a fasciné notre photographe. Il n'est pas rare mais il pousse souvent isolé dans des zones absolument désertiques, au milieu de rien, « avec des racines qui plongent à 80 mètres ». Et puis il y a les viscaches. Ces drôles de lapins bien adaptés à l’altitude sont installés haut dans la montagne, entre les glaciers. Ils sortent quand il y a du soleil pour manger les mousses et les lichens, avant de rentrer dans leurs galeries immenses. Lorsqu'ils sont dehors, ils sautent, font des cabrioles en sarabandes. Pourquoi ? On ne sait pas.

« Mon métier, ce n'est pas de prendre une collection de photos. C'est de raconter une histoire et d'être un passeur, pour raconter ce que découvrent les experts, ceux qui observent la nature. » Pour ces trois épisodes, ces scientifiques sont primatologues, glaciologues, biologistes ou botaniste. Le tout donne un documentaire naturel pas comme les autres, avec des images toujours étonnantes et rares. À voir et à revoir...