Les écosystèmes réagissent de manière complexe au climat et à ses variations. Pour mieux le comprendre, il faut reproduire différents types de milieux, à petite échelle, dans un laboratoire. Il devient alors possible de prédire l'évolution d'un milieu réel, comme une prairie. © hak seob kim , Shutterstock

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Ecolab, la machine à simuler presque tous les climats du monde

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Par la rédaction de Futura

Comment prévoir les réactions d'un écosystème à des variations du climat ? En fabriquant une machine capable de réguler à convenance la température, le vent, l'hygrométrie, la composition de l'air... C'est ce que fait Ecolab, une installation mobile conçue à l'initiative du CNRS par une entreprise française, Cesbron. En ce Jour du climat, c'est l'occasion de se pencher sur ce laboratoire très original.

Pour savoir comment réagiront une plante, une microfaune ou des micro-organismes à des variations du climat, il faut pouvoir le simuler, l'idéal étant de le faire en accéléré. C'est ce que font les « Ecolab », près de Paris, en Seine-et-Marne, installés sur le site l'Ecotron Ile-de-France du CNRS. Extérieurement, ces laboratoires ressemblent plutôt à des conteneurs ou des mobil-homes, de 5 m2 en surface et de 2,20 m de hauteur. Mais à l'intérieur, le complexe assemblage de tuyauteries et d'appareils divers évoque plutôt la Station spatiale internationale.

La machinerie recrée une grande variété de climats, en gérant la température, l'hygrométrie et la luminosité. Comme l'explique la vidéo mise en ligne par Cesbron (filiale de Dalkia groupe EDF), l'entreprise qui a réalisé cette installation avec le CEREEP (Centre de recherche en écologie expérimentale et prédictive), l'ensemble de ce qui définit un climat est simulé par quatre fonctions :

  • Générateur de climat aérien : la température peut être réglée entre -13 et 50 °C ; le vent est programmable en force ; l'hygrométrie est contrôlée et la pluie peut tomber.
  • Générateur gazeux : l'atmosphère est enrichie ou appauvrie en oxygène, en méthane, en gaz carbonique et en azote.
  • Contrôle de la luminosité : le système de 7.000 LED reproduit à convenance l'éclairage par le soleil et peut simuler des passages nuageux.
  • Milieu aquatique : des bassins permettent de reproduire un écosystème aquatique, pour y faire pousser des plantes, par exemple.
Ces mobil-homes sont en fait des laboratoires où l'atmosphère et la luminosité sont rigoureusement contrôlées. Ils permettent d'étudier, pendant une durée variable, jusqu'à trois ans, comment réagissent les constituants des écosystèmes (flore, microflore, microfaune et micro-organismes) soumis à certains climats ou à des variations plus ou moins brusques. © Cesbron

Ecolab mesure des effets du climat à court et moyen termes

Pour surveiller l'évolution du milieu testé, des capteurs en tout genre mesurent une multitude de paramètres. Avec Ecolab, un laboratoire peut ainsi simuler les conditions climatiques d'un désert, d'une forêt tropicale ou d'un milieu humide en région tempérée. Les expériences ne sont pas ponctuelles. Elles s'étalent sur au moins 12 heures et jusqu'à trois années, ce qui permet des analyses en accéléré.

La clientèle de ce laboratoire mobile est scientifique, pour des recherches fondamentales ou appliquées. Christian Rabin, responsable R&D de Cesbron, cite l'exemple de l'université d'Arizona, venue simuler le désert qui occupe une bonne part de cet État pour étudier le développement de différentes plantes dans ce climat chaud et très sec. La candidate retenue est une variété d'acacias...

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