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Le volcanisme de A à Z....

Depuis des millénaires, les volcans ont fasciné l'homme par leur puissance et les manifestations de leur activité. Nombre de croyances, divinités et autres dragons en sont nés. Aujourd'hui démystifiés pour la plupart des civilisations, l'attraction des volcans est toujours aussi grande.

Page 5 / 7 - Les risques Sommaire
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Le passage de l'aléa au risque suppose la prise en compte des enjeux soumis à l'aléa.

En raison de la diversité des phénomènes liés au volcanisme, les conséquences d'une activité volcanique peuvent être nombreuses, aussi bien pour la vie humaine que pour les biens ou l'environnement.

Les préjudices humains

Pour l'homme, les principales menaces liées au volcanisme sont les nuées ardentes, particulièrement meurtrières, les lahars, qui peuvent recouvrir rapidement les terrains sous un mètre de boue, et les tsunamis, notamment parce qu'ils peuvent frapper des populations situées sur un littoral loin d'un volcan, donc non préparées à ce genre de situation.

Dans une moindre mesure, les autres manifestations du volcanisme sont également dangereuses pour l'homme : chutes de tephra, glissements de terrains, émanations de gaz toxiques et coulées de laves.

Les conséquences du volcanisme sont d'autant plus grandes que la plupart des volcans sont situés dans des pays en voie de développement. Ces pays n'ont, en effet, pas les moyens de mettre en place une politique de prévision des éruptions et de prévention systématique du risque volcanique.

Les volcans ont également des aspects positifs, puisqu'ils sont une formidable source de minéraux divers (soufre, cuivre, or, argent), d'énergie (géothermie) et de terrains agricoles fertiles (cendres).

Jusqu'au début du XXe siècle, les éruptions volcaniques pouvaient être la cause de grandes famines. En effet, lorsque les cultures étaient détruites par les coulées ou les cendres, et que le bétail était décimé par les gaz et autres éléments mortels produits par le volcan, l'absence de secours condamnaient les populations concernées à une mort certaine. Aujourd'hui, les aides extérieures, nationales ou internationales, permettent de limiter ces effets secondaires.

Les préjudices matériels

Les conséquences sur les biens sont également variables selon le type de manifestation du volcanisme. Les dégâts matériels peuvent être très importants même s'il n'y a pas de pertes humaines.

Les phénomènes volcaniques préjudiciables aux biens humains sont nombreux. Les coulées de laves et de boue peuvent recouvrir, lentement pour la première, plus rapidement pour la seconde, des villes entières. Les nuées ardentes détruisent tout sur leur passage en raison de leur température et de leur vitesse. Les chutes de cendres peuvent se déposer sur plusieurs mètres d'épaisseur et ainsi causer l'effondrement des bâtiments. Les glissements de terrain, selon leur ampleur, peuvent frapper un village, un quartier ou une toute une ville. Les tsunamis peuvent remonter loin dans les terres (à Hawaii, des traces du passage d'un tsunami ont été découvertes à 300 m d'altitude…). De plus, l'évacuation des populations peut engendrer des pertes de production et ainsi affecter l'économie locale.

Les effets sur l'environnement

Les éruptions volcaniques ont des conséquences positives et négatives sur l'environnement.

Parmi les conséquences négatives, celles touchant à la vie humaine sont bien évidemment valables pour la faune et la flore.

Néanmoins, si les conséquences à court terme sont souvent désastreuses pour l'environnement, elles peuvent se révéler bénéfiques à plus long terme. En effet, les éruptions volcaniques amènent à la surface du globe une grande quantité de minéraux favorables au développement de la flore. Les sols volcaniques sont par conséquent très fertiles, ce qui explique le développement des civilisations autour des volcans.

  • B - Les phénomènes historiques

La connaissance des grandes éruptions volcaniques varie en fonction de la date et du lieu d'éruption. En effet, en Europe, les grandes éruptions sont décrites par des témoignages, des représentations ou des écrits depuis plus de 2 000 ans. Dans le Nouveau Monde, la description des phénomènes historiques ne commence qu'au XVIe siècle.
Les techniques actuelles d'étude des édifices volcaniques permettent de dater les éruptions qui ont pu se produire il y a plusieurs millions, voire dizaines de millions d'années.

Le tableau présenté ici ne constitue pas une liste exhaustive des éruptions passées, mais seulement de celles qui furent catastrophiques ou très significatives d'un point de vue humain.

À toutes ces éruptions s'ajoutent celles d'Hawaii, d'Islande ou de l'Etna, qui sont continues depuis plusieurs siècles. Les populations y sont donc habituées et sont informées de la conduite à tenir en cas d'éruption. En France, la seule éruption catastrophique est celle de la montagne Pelée de 1902 en Martinique. Depuis cette date, ce volcan est l'un des plus étudié et surveillé au monde, aussi bien pour la recherche fondamentale que pour la prévention de toute nouvelle éruption.

  • C - Le cas français

Les territoires concernés par le risque volcanique en France sont la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion, la Polynésie française et le Massif Central, ce dernier étant un cas nettement différent des quatre autres.

La Guadeloupe

La Guadeloupe, tout comme la Martinique, fait partie de l'arc insulaire des Petites Antilles. Comme beaucoup de volcans dans cette région du monde, celui de la Guadeloupe porte le nom de Soufrière et ses éruptions sont de type explosif.

Ce volcan est en activité depuis 200 000 ans environ. La plus grande éruption identifiée, de type phréatomagmatique, date d'environ de 3 100 ans : le flanc sud s'est effondré et les dépôts ont recouvert plus de 28 km2 dans la région de Saint-Claude, avec localement une épaisseur de cent mètres. Quatre ou cinq événements de ce type sont recensés dans l'histoire de ce volcan. En effet, la fracturation et l'altération hydrothermale dans la partie sommitale favorisent des écroulements en cas d'éruption, même sans apport en surface de magma juvénile. Les dernières éruptions, de type phréatique, datent de 1956 et 1976.

De 50 000 à 70 000 personnes sont menacées par la Soufrière de Guadeloupe. Les communes considérées comme particulièrement exposées à un risque d'éruption volcanique (au titre du décret du 30 juillet 1992, consultable sur www.prim.net) sont Baillif, Basse-Terre, Bouillante, Capesterre-Belle-Eau, Gourbeyre, Goyave, Petit-Bourg, Saint-Claude, Trois-Rivières, Vieux-Fort et Vieux-Habitants.

La Martinique

Le volcan actif de la Martinique est la montagne Pelée, située dans la partie nord de l'île. Ce volcan s'est édifié progressivement depuis 300 000 ans environ. Depuis 13 500 ans, les éruptions sont de type explosif, accompagnées notamment de nuées ardentes.

Depuis 6 000 ans, vingt-cinq éruptions ont été recensées. La plus tristement célèbre est celle de 1902. Deux nuées ardentes détruisirent complètement les villes de Saint-Pierre et de Morne-Rouge, faisant 29 000 victimes. Il n'y eut que deux survivants sur les 28 000 habitants de Saint-Pierre. L'éruption s'est prolongée jusqu'en 1905.
Deux éruptions phréatiques ont été observées en 1792 et 1851. Enfin, une nouvelle éruption magmatique a eu lieu de 1929 à 1932.

Ce volcan est étroitement surveillé afin de tenter de prévoir la prochaine éruption. En effet, selon le scénario de l'éruption envisagé, de 22 000 à 65 000 personnes sont potentiellement menacées par la montagne Pelée. Les communes considérées comme particulièrement exposées à un risque d'éruption volcanique (au titre du décret du 30 juillet 1992, consultable sur www.prim.net) sont L'Ajoupa-Bouillon, Basse-Pointe, Belle-Fontaine, Le Carbet, Case-Pilote, Fonds-Saint-Denis, Fort-de-France, Grand-Rivière, Gros-Morne, Le Lorrain, Macouba, Le Marigot, Le Morne-Rouge, Le Morne-Vert, Le Prêcheur, Saint­Joseph, Saint-Pierre, Sainte-Marie, Schœlcher et La Trinité.

La Réunion

L'île de la Réunion est formée de deux cônes issus d'un volcanisme de type point chaud. Le plus ancien édifice, le piton des Neiges, occupe la partie nord-ouest de l'île. Son activité a débuté il y a plus de deux millions d'années, et la dernière éruption date de 22 000 ans, ce qui laisse à penser que ce volcan est aujourd'hui éteint. Les éruptions qui s'y sont succédées étaient essentiellement effusives, mais parfois aussi explosives.
Le second cône volcanique est le fameux piton de la Fournaise, qui est situé dans la partie sud-est de l'île. Son activité est plus récente puisqu'elle a débuté il y a environ 500 000 ans. Elle est de type effusif.

L'activité récente se concentre au sommet dans une grand dépression de 9 km de diamètre, ouverte en « fer à cheval » vers le sud-ouest, appelée l'enclos Fouqué. Certaines éruptions peuvent cependant avoir lieu le long de grandes failles en dehors de cet enclos et provoquer des dégâts matériels.

L'enclos Fouqué s'est formé il y a 3 000 ans lors d'un grand glissement de 20 à 30 km3. Le glissement brutal d'une telle masse a dû engendrer un tsunami qui a pu se propager à travers tout l'océan ­Indien. Ce type de phénomène peut se reproduire aujourd'hui.

Depuis plus de soixante-dix ans, l'activité du piton de la Fournaise est continue, avec en moyenne une éruption par an. C'est l'un des volcans les plus actifs au monde.
Tout comme sur la montagne Pelée, un observatoire a été installé en 1979 sur le piton de la Fournaise afin de surveiller le volcan.
Les communes considérées comme particulièrement exposées à un risque d'éruption volcanique, sont Entre-Deux, Petite-Île, La Plaine-des-Palmistes, Saint-Benoît, Sainte-Rose, Saint-Joseph, Saint-Louis, Saint-Philippe et Le Tampon.

La Polynésie française

Les nombreuses îles qui forment les archipels de la Polynésie française sont réparties selon quatre alignements résultant de l'activité d'autant de points chauds : les Marquises, les Tuamotu-Gambier, la Société et les Australes. On dénombre également un grand nombre de volcans sous-marins, dont le Macdonald, qui n'est plus qu'à quelques dizaines de mètres de profondeur et qui formera une nouvelle île dans un futur proche.

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Le volcanisme semble être éteint sur ces quatre archipels. Cependant, la réactivation d'une ancienne chambre magmatique liée à un point chaud a été observée après une période d'inactivité de plus d'un million d'années. Ces îles ne sont donc pas à l'abri de nouveaux épisodes volcaniques.

La métropole

La seule région de France métropolitaine concernée par le risque volcanique est le Massif Central (en considérant qu'il s'étend jusqu'au cap d'Agde). Plusieurs massifs volcaniques coexistent, différents en superficie, en âge et en dynamisme éruptif. Tous ont cependant été construits par un point chaud associé à un phénomène d'extension de la croûte continentale.

Le plus ancien est le Cantal qui est, avec l'Etna, le plus grand volcan d'Europe. Son activité a débuté il y a treize millions d'années, et a duré une dizaine de millions d'années. Il est par conséquent considéré aujourd'hui comme éteint. Il a connu au cours de son histoire des successions de phases éruptives et effusives.
Plus au nord, on trouve trois alignements volcaniques : le Cézallier, dont l'activité a débuté il y a huit millions d'années et qui est aujourd'hui éteint, le mont Dore, actif entre 5,5 millions et 230 000 années, et la chaîne des Puys, composée d'une centaine de volcans (cônes, dômes et maars), dont l'activité a débuté il y a 95 000 ans et s'est terminée il y a 6 000 ans. Ce complexe volcanique n'est donc probablement qu'en sommeil, ce qui justifie sa surveillance au moyen de stations sismiques. La plupart de ces volcans sont monogéniques, c'est-à-dire qu'ils se sont édifiés au cours d'une unique éruption. Le réveil de la chaîne des Puys, s'il a lieu, donnera vraisemblablement naissance à un nouveau volcan, et ne se produira donc à priori pas dans un volcan préexistant.

Au sud se succèdent l'Aubrac, le volcanisme dispersé des Causses, l'Escandorgue et le cap d'Agde (daté de 800 000 ans).

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Enfin, au sud-est s'étendent le Devès, le Velay, le Vivarais (dernière activité datée de 30 000 ans) et les Coirons.

Les enjeux concernés par un réveil d'un de ces complexes sont importants, ces régions étant partiellement urbanisées, avec quelques grandes villes comme Clermont-Ferrand (250 000 habitants).

L'activité sismo-volcanique de l'Auvergne fait l'objet d'une surveillance permanente. Ce dispositif est en mesure d'annoncer l'éminence d'une éruption volcanique avec un préavis de plusieurs mois. Ce délai est suffisant pour organiser l'évacuation des zones à risque et ainsi assurer la sécurité de la population.

Après la catastrophe du lac Nyos (Cameroun, 1986), on a pu craindre qu'un tel événement ait lieu sur les maars d'Auvergne. Une étude a montré que ces craintes n'étaient pas fondées à court et moyen terme.

source : Les volcans, voir Bibliographie.

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