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Au Néolithique, les Hommes huilaient leurs outils

Des découvertes archéologiques en Suisse ont révélé des outils préhistoriques particulièrement luisants sur toute leur surface. Les investigations ont montré qu’ils avaient été badigeonnés d’huiles végétales par leurs concepteurs du Néolithique, probablement pour augmenter leur durée de vie.

De nombreux outils ou objets du Néolithique, comme ces haches (9.4), ces polissoirs (9.5) et ces bracelets (8) étaient baignés dans l’huile pour conserver la solidité de l’os. © Michael Greenhalg, Wikipédia, cc by sa 2.5 De nombreux outils ou objets du Néolithique, comme ces haches (9.4), ces polissoirs (9.5) et ces bracelets (8) étaient baignés dans l’huile pour conserver la solidité de l’os. © Michael Greenhalg, Wikipédia, cc by sa 2.5

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Le Néolithique s’est accompagné d’une véritable révolution. Progressivement, et les outils se sont perfectionnés, notamment grâce au polissage de l’os, et les différentes tribus humaines ont commencé à maîtriser les rudiments de l’agriculture et à se sédentariser. Des villages ont commencé à se monter. Et sur les rives des lacs européens, des habitations sur pilotis, appelées palafittes.

Cette particularité architecturale représente une mine d’informations pour les archéologues actuels, car les objets s’enfonçant dans les vases nous reviennent dans un bon état de conservation. C’est ainsi que sur les anciennes berges du lac de Zurich, en Suisse, les chercheurs ont exhumé de nombreux outils et objets de toutes sortes, comme des couverts, des bols, des poutres, des pagaies, des flotteurs, et même l’une des plus anciennes portes en bois d’Europe, sortie quasiment intacte de plusieurs millénaires d’abandon.

Jorge Spangenberg, de l’université de Lausanne (Suisse), mène ses fouilles sous le parking Opéra de Zurich. Avec ses collègues, ils s’étonnaient de déterrer de nombreux objets luisants. Certes, des pointes de poinçons ayant probablement travaillé le cuir présentent souvent cette apparence brillante. Les spécialistes attribuent cet aspect aux frottements réguliers contre les peaux animales. Or, dans ce cas, les outils concernés semblent avoir connu d’autres utilisations, et la surface reluisante est particulièrement grande. Serait-ce un acte volontaire ?

Certains villages néolithiques étaient construits sur pilotis, comme cette reconstitution de palafittes en Allemagne, sur le lac de Constance, près d'Unteruhldingen.
Certains villages néolithiques étaient construits sur pilotis, comme cette reconstitution de palafittes en Allemagne, sur le lac de Constance, près d'Unteruhldingen. © Spiridon Manoliu, Wikipédia, DP

Trempez-le dans l’huile, trempez-le dans l’eau pour un couteau tout beau

Pour en avoir le cœur net, les chercheurs ont récolté avec la plus grande précaution de manière à éviter toute contamination une dizaine d’outils et d’objets très différents datés de 3230 à 2729 avant J.-C. Des ciseaux à bois, un manche de couteau, un poinçon et des grattoirs à cuir ont fait l’objet d’une enquête, publiée dans Organic Geochemistry.

Tous portaient les traces d’huiles. Si une partie des lipides qui recouvraient les objets avaient une origine animale, d’autres étaient d’origine végétale. Et, ne provenant pas du sol, ils avaient nécessairement été ajoutés par la main humaine. Ainsi, les Hommes de cette époque faisaient baigner leurs outils dans des solutions oléagineuses, probablement issues du lin et du pavot selon les auteurs, des plantes fréquentes à l’époque. Bien que les éléments retrouvés ne permettent de conclure définitivement sur les végétaux réellement utilisée.

Pourquoi de telles pratiques ? Les chercheurs pensent qu’elles permettaient d’augmenter l’espérance de vie de ces objets, faits en os animaux. Car l’os est un matériau complexe, mêlant matière minérale lui conférant sa solidité et matière organique, le collagène, lui donnant sa souplesse. S’il s’assèche, il se fragilise et devient cassant. Alors qu’un bon bain d’huile préserve ses propriétés. De ce fait, les scientifiques pensent qu’à la toute fin du Néolithique, l’humanité savait prendre soin de son matériel et ne connaissait donc pas l’obsolescence programmée.


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