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La numérisation de la télévision arrive à grand pas. Elle va révolutionner l'usage de ce média qui, accédant à la consommation nomade, a l'opportunité de devenir bientôt aussi importante que la radio.

  
DossiersTNT / Télévision numérique terrestre : une révolution en marche ?
 

La France, pour sa part, a fait le choix de la technologie DVB-T pour la diffusion de la télévision en mode numérique (ou Télévision Numérique de Terre : TNT). Cette norme, développée à la fin des années 90, utilise aujourd'hui la compression MPEG 1 / 2. Elle est éprouvée et adoptée par de nombreux pays à travers le monde. Cet usage généralisé permet d'employer des décodeurs dont les prix sont tout à fait abordables pour le grand public (environ 100 €).

Depuis fin 2003, un nouvel algorithme de compression a été normalisé par l'ISO. Il s'agit du H264 ou « MPEG 4 part 10 ». Il consomme environ 2 fois moins de ressources que le MPEG 2, à qualité d'image équivalente. Le gouvernement français vient de décider de retenir cette norme de compression, dans le cadre du déploiement de la TNT, pour l'offre des chaînes payantes, les chaînes gratuites déployées dès mars 2005 conservant pour leur part la norme MPEG 2.

Sur le principe, ce choix peut paraître judicieux, mais se révèle très risqué à l'analyse. L'estimation des délais de mise sur la marché pour les puces de décodages relève aujourd'hui de la simple conjecture : le MPEG 4 part 10 n'est pas encore officiellement totalement intégré dans les spécifications DVB-T, et il est donc difficile pour les fabricants de travailler sur des décodeurs nouvelles génération. Cette incertitude est encore accrue, maintenant que le gouvernement a fait connaître sa décision, puisque les constructeurs reculent prudemment les dates annoncées de disponibilité des décodeurs, parlant désormais du milieu 2006, alors qu'en octobre ils s'étaient engagés sur une disponibilité fin 2005. Il existe aussi de nombreux problèmes techniques encore non résolus : la coexistence des flux MPEG 2 et des flux MPEG 4 dans un même multiplexe, par exemple, n'est pas un jeu d'enfant, et les décrochages locaux, qui ne posent pas de problème en MPEG 2, sont impossibles en MPEG 4.

Le choix du MPEG 4 semble donc un peu prématuré. Il ne constitue pas, dans tous les cas, une réponse universelle aux équations complexes et contradictoires qui régissent le monde de la télévision numérique de terre : la norme MPEG 2 permet elle aussi de faire de la télévision haute définition (HDTV) sur la TNT. Mais la HDTV impose l'arrêt de l'analogique dès sa mise en oeuvre du fait du manque de ressources spectrales ! Et l'usage du MPEG 4 en HDTV (environ 9 Mbits/s par programme) sur la TNT permettra un choix moindre de programmes par rapport à une diffusion en définition standard et en MPEG 2 (environ 4 Mbits/s par programme).