Le clavier biométrique analyse des paramètres comme la pression exercée sur chaque touche ou encore l’intervalle entre les frappes. Autant d’éléments qui sont propres à la manière dont une personne tape sur un clavier et qui servent à l’identifier. © DR

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Un clavier biométrique qui reconnaît son utilisateur

ActualitéClassé sous :technologie , clavier d'ordinateur , biométrie

Une équipe du Georgia Institute of Technology travaille actuellement sur un clavier biométrique qui sait reconnaître son utilisateur en analysant le signal électrique produit par chaque frappe. Ce prototype est fait de touches autonettoyantes et il est capable de produire assez d'électricité pour s'alimenter tout seul.

La manière dont une personne tape sur le clavier d'un ordinateur lui est propre. Ce constat n'est pas nouveau et fait l'objet de travaux de recherche. Le but : pouvoir se servir de cette particularité comme outil biométrique afin de sécuriser des systèmes mais aussi identifier le genre d'une personne, son âge voire son état émotionnel.

Ainsi, au célèbre Georgia Institute of Technology, des chercheurs emmenés par le professeur Zhong Lin Wang ont mis au point un clavier susceptible de reconnaître son utilisateur. L'appareil produit un signal électrique à chaque fois qu'un doigt entre en contact avec la surface des touches. Ce signal électrique complexe peut être analysé de manière à déterminer un profil qui sert à identifier un utilisateur.

Le professeur Zhong Lin Wang du Georgia Institute of Technology (à gauche) et son assistant de recherche, Jun Chen, présentent leur clavier biométrique autoalimenté. Ils pensent que cette solution pourrait aider à sécuriser facilement les ordinateurs. © Rob Felt, Georgia Institute of Technology

Le clavier n'est pas mécanique et ses touches sont faites de couches de plastique transparentes qui renferment des films d'oxyde d'indium-étain en guise d'électrodes. L'électricité est produite par un effet triboélectrique, un phénomène électrostatique qui se déclenche lorsque deux matériaux sont mis en contact puis séparés. En l'occurrence, il s'agit de la peau et des matériaux utilisés pour les touches. « Notre peau est diélectrique et nous avons des charges électrostatiques au bout des doigts. Tout ce que nous touchons peut se charger », explique Zhong Lin Wang.

Des travaux sont déjà menés en France

Selon le chercheur, une personne malintentionnée ayant dérobé les codes d'accès à un ordinateur ne pourrait pas s'en servir puisque le clavier ne la reconnaîtrait pas. Dans son article scientifique (ACS Nano), l'équipe explique qu'elle a testé son prototype auprès de 104 personnes. Chacune devait écrire quatre fois le mot anglais touch afin que le signal électrique correspondant à la frappe des touches soit enregistré. Son analyse a permis de distinguer des profils individuels.

Cette technique d'analyse de ce que l'on appelle la dynamique de frappe n'est pas nouvelle. Futura-Sciences avait déjà rendu compte des travaux de Christophe Rosenberger, professeur à l'université de Caen. « La dynamique de frappe contient des informations propres à la dextérité d'une personne qui sont de l'ordre du réflexe. C'est précisément ce réflexe que nous essayons de capter », avait-il expliqué en précisant que ces informations étaient en fait enregistrées par le système d’exploitation de l'ordinateur.

Le clavier biométrique pourrait être commercialisé d'ici deux ans. © Rob Felt, Georgia Institute of Technology

Mais les scientifiques du Georgia Tech considèrent que cette approche purement logicielle est plus limitée que leur technologie qui prend en compte l'intensité de la pression physique sur les touches. Par ailleurs, ce signal électrique peut être assez important pour alimenter un clavier sans fil, ce qui pourrait permettre de se passer de piles. La seule condition est que la vitesse de frappe doit être supérieure à cent caractères par minute.

Outre le fait que ce clavier ne soit pas mécanique, la composition de ses touches permet de le rendre résistant aux liquides, poussières et autres dépôts graisseux. Le professeur Zhong Lin Wang assure que cette technologie pourrait être commercialisable d'ici deux ans si un investisseur s'y intéresse.

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