Les vidéos truquées font leur apparition dans le conflit entre la Russie et l'Ukraine. © Enrique
Tech

Guerre en Ukraine : ce deepfake a failli tout faire basculer !

ActualitéClassé sous :cybersécurité , Conflit en Ukraine , deepfake

Mercredi, le président Zelensky a annoncé à la télévision la capitulation de son pays face à la Russie. C'était un « deepfake », une vidéo truquée. Facebook s'est empressé de supprimer la vidéo devenue virale tandis que la chaîne Ukraine 24 a annoncé qu'elle avait été piratée.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Cyberespionnage : quelles sont les menaces ?  Ingérence dans les élections, vol de données industrielles, piratage de systèmes militaires… Le cyberespionnage a connu une envolée ces deux dernières décennies. 

Cela fait plusieurs années que l'on met en garde contre les « deepfakes », et sans véritable surprise, ce phénomène a fait son apparition au cœur de la guerre en Ukraine où tous les coups sont permis, et surtout les pires. D'un côté, un pays qui résiste à l'envahisseur, qui a besoin des images pour témoigner de son tragique sort et mobiliser la population. De l'autre, la Russie qui censure ses médias et tentent de renverser l'opinion avec des images manipulées.

Une situation qui a atteint son paroxysme lorsqu'un journal télévisé ukrainien a révélé que son émission en direct et son site web avaient été piratés mercredi 16 mars. À la place du JT, une déclaration solennelle du président Zelensky qui demande à son peuple de se rendre !

« Chers Ukrainiens ! Chers défenseurs ! Être président n'a pas été si facile. Je dois prendre des décisions difficiles. Au début, j'ai décidé de rendre le Donbass. C'est le moment de regarder dans les yeux. Ça n'a pas marché. C'est devenu pire. Bien pire. Il n'y a plus d'avenir. Du moins en ce qui me concerne. Et maintenant, je décide de vous dire au revoir. Je vous conseille de déposer vos armes et de retourner dans vos familles. Vous ne devez pas mourir dans cette guerre. Je vous conseille de vivre, et je vais faire de même. »

Ukraine 24 a utilisé Facebook pour prévenir les téléspectateurs et les internautes de la diffusion d'une vidéo truquée sur son antenne. © Ukraine 24

Zelensky obligé de démentir

La vidéo de cette capitulation est immédiatement reprise sur les réseaux sociaux et devient virale. Quelques minutes plus tard, la chaîne Ukraine 24 s'empresse d'annoncer sur Facebook que son JT et son site Web ont été piratés. Pour sa part, Zelenskyy doit lui-même poster une vidéo pour démentir.

« À propos de la dernière provocation puérile, selon laquelle je propose de déposer les armes. Je ne peux proposer de déposer les armes qu'aux militaires de la Fédération de Russie et qu'ils rentrent chez eux. Nous sommes déjà chez nous. Nous défendons notre terre, nos enfants, nos familles. Et nous n'allons absolument pas déposer les armes. Jusqu'à notre victoire », avait réagi Zelensky dans son message, selon une traduction de Vice.

L'image ci-dessus est extraite de la vidéo truquée. © DR

L'armée met en garde la population

Depuis, le site web d'Ukraine 24 est à nouveau accessible et personne n'a revendiqué ce prétendu piratage ou cette fausse vidéo. En revanche, elle a fait prendre conscience, un peu plus, des dangers des deepfakes. Sur Facebook, le compte des forces terrestres ukrainiennes a publié une mise en garde contre les vidéos truquées : « Imaginez-vous en train de voir Vladimir Zelensky à la télévision faire une déclaration de capitulation. Vous le voyez, vous l'entendez -- donc c'est vrai. Mais ce n'est pas la vérité ! Il s'agit de la technologie deepfake », peut-on lire. « Ce ne sera pas une vraie vidéo, puisqu'elle a été créée par des algorithmes d'apprentissage automatique. Les vidéos réalisées à l'aide de telles technologies sont presque impossibles à distinguer des vraies. »

En l'occurrence, celle qui annonçait la capitulation de l'Ukraine n'était pas « parfaite », et elle était même grossière. Il s'agissait d'un mélange d'une voix synthétique, et donc plutôt reconnaissable, sur un visage qui manquait d'expressions naturelles. Bien sûr, c'est plus facile à analyser à contrecoup, mais en direct, beaucoup d'Ukrainiens ont pu se laisser piéger. La bonne nouvelle, c'est que les outils de détection de « deepfake » ont rapidement identifié cette vidéo sur les réseaux et ont pu la supprimer dans la foulée.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !