L'arme assistée par l'IA était contrôlée à distance par des opérateurs israéliens via une connexion par satellite. Avec l'aide de l'IA, le tir a été suffisamment précis pour épargner l’épouse du scientifique et causer peu de dégâts au véhicule. © Fars News Agency, Creative Commons
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Un scientifique iranien a été assassiné à l’aide d’une Intelligence artificielle

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Pour supprimer Mohsen Fakhrizadeh, un haut scientifique chargé du développement du programme nucléaire en Iran, le Mossad a utilisé une arme robotisée pilotée à distance et épaulée par une IA.

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Le 27 novembre 2020, le plus haut scientifique nucléaire iranien Mohsen Fakhrizadeh a bien été assassiné par une mitrailleuse robotisée pilotée par satellite, selon les informations obtenues par The New York Times. Le professeur de physique, également « Gardien de la Révolution », se consacrait au programme nucléaire iranien, qu'il soit à vocation civile ou militaire avec le développement d'ogives nucléaires. Il avait été atteint mortellement par quatre balles de calibre 7,62 dans sa voiture, alors qu'il emmenait son épouse dans leur maison de campagne à l'est de Téhéran. L'arme était dissimulée dans un camion empli de gravas, garé à proximité du passage de la voiture.

Dans le camion, le système d'arme pesait environ une tonne et avait été introduit en Iran, pièce par pièce, pour déjouer les contrôles, puis assemblé. C'est un ensemble de caméra qui a permis au Mossad de piloter à une distance de 1.500 km la mitrailleuse, via un relais de communication par satellite. Mais, comme le contrôle à distance par satellite engendre une latence d'un peu plus de 1,5 seconde, une intelligence artificielle, est venue épauler les agents pour anticiper le mouvement de l'automobile. De même, l'IA intégrait également un système de reconnaissance faciale, afin de s'assurer que seul Mohsen Fakhrizadeh serait ciblé. Une attaque qui a permis d'épargner son épouse et, preuve de sa précision, engendré très peu de dégâts sur le véhicule.

Assassinat assisté par IA

Le camion emportait également une charge explosive. Elle était prévue pour détruire l'ensemble après avoir abattu le scientifique. Le souci, c'est que l'explosion n'a pas entièrement détruit le système d'armes. Les « Gardiens de la révolution » ont ainsi pu identifier la sophistication de ce mode opérationnel et l'ont dénoncé. Il faut dire que cela faisait quatorze ans que le scientifique était dans la ligne de mire des services de renseignement israéliens et il était régulièrement l'objet de complots et de menaces. Souhaitant conserver un mode de vie normale, il ignorait les protocoles de sécurité pour mener ses activités privées. C'est ce qui a conduit à sa perte.

En même temps que la révélation de l'utilisation de l'IA pour cet assassinat, s'ouvre la conférence générale de l'Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui rassemble 172 pays. Une conférence qui devrait à nouveau s'inquiéter de l'accélération du programme nucléaire iranien depuis le mois d'avril. Le pays enrichit désormais son uranium à hauteur de 60 %. Un enrichissement en totale violation avec l'accord international sur le nucléaire iranien qui devait le limiter à 3,67 % pour une utilisation civile.

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