Les impôts au Moyen Âge se paient d'abord sous forme de corvées. Le paiement de la dîme d'après Brueghel l'Ancien. © Fabos, Wikimedia Commons, domaine public

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Quels étaient les impôts au Moyen Âge ?

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Les impôts au Moyen Âge étaient nombreux et servaient à protéger le seigneur. Les plus pauvres devaient s'en acquitter, d'abord sous forme de corvées, puis de redevances.

Pour assurer la protection du seigneur et de la population, les plus pauvres devaient mettre la main à la pâte. Rentrer du bois, nettoyer les fossés ou empierrer les chemins, les corvées étaient diverses et axées sur l'entretien du domaine. Elles tirent leur existence de la rareté de la monnaie à cette époque et consistaient en journées de travail. Mais avec la circulation de l'argent, le souverain décide de remplacer les tâches par de multiples impôts. En 1050, la taille fait ainsi son apparition. Elle sert uniquement à payer la protection du seigneur. C'est un impôt très impopulaire, son montant était fixé arbitrairement et pouvait être levé plusieurs fois par an.

Paysans et roturiers condamnés à payer des impôts au Moyen Âge

Les roturiers doivent eux aussi payer des impôts au Moyen Âge. Pour exploiter une terre ou du bétail, ces derniers doivent payer le cens, une redevance annuelle. À cela s'ajoutent les banalités, des taxes pour utiliser certains lieux ou matériaux, tels que le moulin ou le four à pain, le charriage ou transport des céréales, les droits de péages, l'octroi, un impôt pour avoir le droit d'entrer des marchandises dans une cité ainsi que le champart. Ce dernier est un impôt en nature prélevé par le seigneur auprès des paysans en fonction de l'importance de la récolte. Cela représentait généralement un dixième de la récolte céréalière. La dîme devait également être versée en nature, mais au clergé. Le taux variait en fonction du type de culture. Enfin, il existait, au Moyen Âge, un impôt sur le sel, qui revenait au roi. Plus communément appelée la gabelle, cette taxe imposait l'achat d'une certaine quantité de sel, marchandise indispensable à la conservation des aliments. Cet impôt fut aboli quelques siècles plus tard.

Au Moyen Âge, le paysan était taillable et corvéable. © Wikimedia Commons, domaine public

À savoir

En dépit des taxes et impôts, les seigneurs étaient impécunieux. Le « droit de justice » procurait au seigneur ses rentrées d'argent les plus importantes. Il infligeait des amendes pour tout et n'importe quoi. Il pouvait confisquer les biens pour causes de trahison ou de blasphèmes.

Contrairement aux pauvres, les nobles ne paient pas la taille, mais ils sont tenus de payer « l'impôt du sang », c'est-à-dire faire la guerre pour le royaume. Dans les guerres, les paysans sont les premières victimes, les adversaires faisant table rase de tout ce qui appartient à l'ennemi dont les récoltes.

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