Sciences

Les sociétés pharmaceutiques européennes délocalisent leurs activités de R&D

ActualitéClassé sous :recherche , rechercher et développement , R&D

Afin de tenter de diminuer la pression exercée par les longues périodes nécessaires à la découverte de nouveaux médicaments et par les coûts vertigineux de développement de ces derniers, les entreprises européennes des secteurs de la pharmacie et de la biotechnologie cherchent de plus en plus à sous-traiter leurs activités de recherche et développement (R&D).

Les sociétés pharmaceutiques européennes délocalisent leurs activités de R&D

Un récent rapport de Frost & Sullivan, un cabinet de conseils consacré à la croissance internationale, met en lumière la tendance à la délocalisation provoquée par le fardeau financier que représente la conception des médicaments, actuellement estimée à 680 millions d'euros par produit environ. Cette tendance est aggravée par le fait que seuls 15 pour cent des nouveaux médicaments mis au point sont effectivement lancés sur le marché. Les auteurs du rapport prévoient que la valeur des activités de R&D délocalisées par les entreprises pharmaceutiques européennes passera de 2,7 milliards d'euros en 2004 à 4,3 milliards d'euros d'ici à 2011.

Les sociétés parviennent à réduire leurs coûts en choisissant leurs partenaires sous-traitants parmi les pays à salaires moins élevés tels que l'Inde et la Chine. Selon le Dr Amarpreet Dhiman, analyste en soins de santé chez Frost & Sullivan, "La sous-traitance fait partie des stratégies pouvant être adoptées pour permettre aux sociétés de contrôler et utiliser leurs dépenses de R&D de façon plus efficace".

"La sous-traitance peut compléter le niveau d'expertise et l'expérience internes à une société, offrant un accès aux innovations technologiques, ... à l'expertise thérapeutique et permettant un alignement sur les tests de diagnostic pour des thérapies plus sûres et plus efficaces", poursuit M. Dhiman, avant d'ajouter: "Cela représente un stimulant important qui vient s'ajouter aux améliorations en termes d'efficacité, de coût et de vitesse liées à l'abandon des habitudes et procédés conventionnels".

Les entreprises pharmaceutiques concluent donc des alliances avec des sociétés de biotechnologie, des centres de recherche universitaires, des organismes de recherche sous contrat (contract research organisations - CRO), des distributeurs spécialisés et des prestataires de services généraux, qui élargissent de plus en plus la gamme de leurs activités pour répondre aux besoins non satisfaits du secteur.

Ces partenaires sous-traitants devront apporter la preuve de la qualité de leurs prestations et être capables de satisfaire diverses exigences scientifiques et opérationnelles. Toutefois, les auteurs du rapport relèvent aussi une certaine réticence chez quelques sociétés à perdre le contrôle total sur leurs processus et connaissances propres.

Comme l'explique le Dr Dhiman: "Les sociétés doivent apprendre à partager plus facilement une partie du contrôle qu'elles exercent sur leurs activités les moins essentielles, avec le risque d'erreur et de retard que cela comporte, tout en parvenant à protéger leurs connaissances propres et en tenant compte de l'impact de la sous-traitance sur le respect des dispositions règlementaires. Il importe à cet égard d'identifier, de comprendre et d'évaluer les différents risques, afin que les sociétés puissent regrouper avec succès leurs disciplines et leurs partenaires de développement".

Selon l'étude, plus de 40 pour cent des activités de R&D seront confiées à des sociétés spécialisées d'ici à 2010. Ses auteurs concluent que ce seront les entreprises qui parviendront le mieux à délocaliser leurs activités de R&D vers des entreprises plus spécialisées, axées sur la recherche et venant compléter leurs processus traditionnels qui s'imposeront en leaders du secteur.

Cela vous intéressera aussi