L’Agence spatiale européenne a sélectionné Lunar Logistics Services, une nouvelle start-up basée en France, et Astrobotic, une entreprise américaine de logistique lunaire et de robotique spatiale pour tester en conditions réelles sa caméra d’atterrissage de précision LandCam-X.

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[EN VIDÉO] Comment le pôle sud de la Lune s’est déplacé au fil du temps Les pôles, aussi bien nord que sud, de la Lune n’ont pas toujours été là où ils se trouvent aujourd’hui. Les impacts d’astéroïdes, grands et petits, ont modifié la distribution de masse de la Lune. Et notre satellite s’est rééquilibré en conséquence. Alors même que son axe de rotation continuait de pointer dans la même direction de l’espace. Les pôles de la Lune, eux, se sont déplacés d’environ 300 kilomètres — ou 10 degrés de latitude — en 4,25 milliards d’années. © Nasa Scientific Visualization Studio

L'Agence spatiale européenne a décidé de tirer parti de l’essor de la commercialisation de l’espace pour lancer en 2021 un appel d’offre auprès de fournisseurs de service privés. Début 2022, elle a sélectionné Logistics Services, une nouvelle start-up basée en France, et Astrobotic, qui se spécialise dans la logistique lunaire et la robotique spatiale, pour embarquer LandCam-X sur la mission Griffin One d’Astrobotic à destination de la Lune (2024).

La caméra LandCam-X sera installée à bord de l’alunisseur Griffin sur lequel sera installé le rover Viper (Volatiles Investigating Polar Exploration Rover) de la Nasa. La mission se posera sur la face ouest du cratère Nobile, à proximité du pôle Sud lunaire. Viper aura pour mission de rechercher des sources d’eau glacée susceptibles de soutenir de futures missions humaines sur la Lune.

L'atterrisseur Griffin d'Astrobotic livrera VIPER sur la Lune. © Astrobotic, VideoFromSpace

Permettre des atterrissages de précision en autonomie complète

Développée par une société belge, LandCam-X sera utilisée en conditions réelles. Tout au long des dernières phases de l’atterrissage de Griffin, la caméra acquerra des photos qui conviendront à des algorithmes de traitement d’images. Le but de cette démonstration technologique opérationnelle est d’améliorer la précision de la navigation et la sécurité des véhicules lunaires en vol pour se poser. Ces données seront utilisées au sol pour tester et affiner des systèmes de navigation autonomes européens, et des systèmes de détection et d'évitement de situations dangereuses, dans le but de les embarquer à bord de futures missions sur la surface lunaire.

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Cette technologie sera notamment employée à bord du lander de charges lourdes EL3 de l'ESA qui doit pouvoir atterrir dans un environnement « humain », c'est-à-dire à proximité immédiate du camp de base Artemis ou d'un groupe d'astronautes en exploration pour livrer du fret, des charges utiles par exemple. Ce système met en œuvre des technologies de navigation qui pourraient être adaptées à EL3.