Santé

Octobre rose : le dépistage du cancer du sein étendu... et réévalué

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L'année prochaine, le dépistage organisé du cancer du sein, couvert à 100 % pour les 50-74 ans depuis 2004, sera aussi pris en charge par l'Assurance maladie pour les femmes présentant un risque élevé. Pour autant, les critiques de ce dépistage restent vives. À tel point que les autorités de santé lancent une concertation publique.

Le cancer du sein se guérit dans 9 cas sur 10 s’il est dépisté précocement. © Phovoir

À l'occasion du lancement de la campagne Octobre rose 2015, Marisol Touraine, la ministre en charge de la Santé, a annoncé la prise en charge à 100 % des examens de dépistage pour « les femmes ayant un risque élevé ou un risque très élevé de cancer du sein[antécédents ou prédisposition génétique], en tenant compte de la fréquence des examens recommandée par la Haute autorité de santé (HAS) ».

Autre initiative à l'occasion de la campagne Octobre rose 2015, la création du site www.concertation-depistage.fr pour « recueillir un maximum de points de vue sur le dépistage sous forme individuelle ou collective ». L'idée est de donner la parole aux patientes et aux professionnels de santé. Un dispositif mis en place en réponse à la controverse suscitée depuis plusieurs années déjà par le dépistage organisé.

L'opération Octobre rose est menée chaque année, à l'initiative de l'association Le cancer du sein, parlons-en !, pour informer le public sur cette maladie à laquelle risque d'être confrontée une femme sur huit. © Association Le cancer du sein, parlons-en !

Le dépistage, pas sans défaut mais toujours indispensable

Certes, ce dispositif permet de détecter des cancers du sein de meilleur pronostic mais, l'Institut national du cancer (INCa) et le ministère l'admettent, « dix ans après sa généralisation, le dépistage organisé rencontre certaines limites ». Principaux points soulevés, « la stagnation du taux de participation, les difficultés d'accès des femmes éloignées du système de santé et des questions sur la balance bénéfices-risques ».

Dans un article publié sur le site www.cancer-rose.fr, une équipe de 16 spécialistes ajoute :

  • Le risque d'effets indésirables (lésions mammographiques) provoqués par l'examen radiologique ;
  • Le risque de surdiagnostic, c'est-à-dire la découverte d'un cancer qui n'aurait pas affecté la santé de la femme de son vivant s'il n'avait pas été détecté. Conséquence, « une augmentation artificielle des diagnostics des cancers du sein et de ce fait des traitements inutiles ainsi que du stress pour les femmes », dénoncent ce groupe de spécialistes.

Mais ces limites sur le dépistage organisé ne doivent pas empêcher les femmes de prendre soin de leur santé. Si vous avez des antécédents, la moindre douleur ou une sensation anormale au niveau d'un ou des seins, consultez et prenez rapidement rendez-vous pour un examen clinique et une mammographie.

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