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Dossier - Gouffre de Proumeyssac
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Le gouffre de Proumeyssac est la plus grande cavité aménagée du Périgord. Bâptisé "Cathédrale de cristal" de par la diversité et la densité des cristallisations qui ornent ses parois. On y descend en nacelle ou tunnel, 45 minutes de visite à couper le souffle.

  
DossiersGouffre de Proumeyssac
 

Dès que les calcaires crétacés ont été émergés, donc soumis à l'action des eaux superficielles, le processus de karstification, propre à ce genre de terrain, a pu se développer. Les eaux météoriques toujours plus ou moins acides, en s'infiltrant dans les fines discontinuités de la roche, (joints de stratification, diaclases de tous genres), dissolvent lentement le calcaire soluble, élargissant les conduits en créant, au fil des siècles, des cavités souterraines plus ou moins vastes (grottes, gouffres, etc.).
Ce cheminement des eaux en profondeur est parfois long et capricieux et aboutit à des sources situées dans le fond de certaines vallées.


©  Alain Frances

A de nombreuses époques durant le tertiaire,le développement du karst a dû être important. Il est vraisemblable qu'une grande partie des eaux météoriques aient été drainées par des conduits souterrains.
Il reste, de nos jours, de très nombreux témoins de ce vieux système de transit des circulations.

Mais, le plus souvent, il n'est plus en rapport avec le paysage et le drainage actuel ; et il se trouve colmaté par d'importants remplissages argilo-sableux. Au cours du quaternaire, le phénomène de karstification a, bien sûr, continué à se développer et à évoluer, avec toutefois des intermèdes causés par les périodes glaciaires, creusant inlassablement les nombreuses cavernes qui font actuellement la joie des spéléologues et des touristes avertis.


©  Alain Frances

A Proumeyssac, la fissuration initiale du massif a permis un écoulement souterrain Sud-Est / Nord-Ouest. L'érosion mécanique et chimique de la rivière a favorisé l'évolution de son cours vers le niveau inférieur de la colline en bénéficiant des joints de stratification et des diaclases préexistants. Associé à ce phénomène, l'effondrement progressif de la voûte s'est effectué banc par banc, de bas en haut, en structurant la cavité en coupole, jusqu'à son ouverture à l'extérieur. L'éboulis encombrant le fond du gouffre témoigne de ce mécanisme ; sa base restant soumise au travail de sape du cours de la rivière actuellement invisible. C'est le type parfait du gouffre d'effondrement.

Du point de vue géologique, passée la zone argilo-sableuse d'épandage détritique au sommet du gouffre, on descend transversalement aux bancs de calcaire gréseux à silex, avec lits marneux, du Maestrichien, sur 30 mètres environ. Ils reposent eux-mêmes sur le calcaire campanien qui constitue vraisemblablement le niveau de base de la cavité. On observe parfaitement le pendage général, presque horizontal, recoupé par les lignes verticales de diaclases où s'écoulent des infiltrations. Ce sont elles, ces infiltrations, qui ont formé les imposantes coulées stalagmitiques telles que : la Méduse, la Sirène ou les draperies ; et qui continuent à les alimenter.