Surprise ! Les chevaux ont 5 doigts comme nous

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Avant d'avoir des sabots, les chevaux développent durant leur stade embryonnaire cinq doigts comme les humains. C'est ce qu'a découvert Kathryn Kavanagh, une biologiste de l'université du Massachusetts (États-Unis), dont l'étude a été publiée dans la revue Proceedings of the Royal Society B le 5 février. Du point de vue anatomique, un sabot est une sorte de gros orteil unique, même si chez le cheval on observe à l'intérieur du sabot deux phalanges adjacentes, identifiées comme étant des vestiges de doigts. Or, ce n'est pas trois, mais cinq phalanges que les chevaux possèderaient au départ, d'après la chercheuse.

« Les cinq doigts ne sont visibles que quelques jours lors du développement de l'embryon, explique Kathryn Kavanagh. C'est donc une vraie chance que nous les ayons vus ». Cela n'a en réalité rien d'étonnant : la réduction du nombre de phalanges au cours du développement est très courante chez les mammifères. Chez de nombreux carnivores, qui possèdent des pattes à quatre phalanges, la première phalange persiste souvent sous forme d'ergot. Chez les cochons et les sangliers, les orteils latéraux sont au complet mais de taille réduite. Durant l'Éocène, les premiers Hippomorphes connus possédaient un coussinet plantaire souple avec quatre doigts ayant la faculté de s'écarter, particulièrement adaptés aux sols humides des forêts marécageuses. Mais avec la régression des forêts, les équidés ont gagné les steppes et les prairies, au sol beaucoup plus dur. Du coup, les pattes se sont transformées en sabot, bien plus utile pour gagner en vitesse.

Le cheval passe par un stade à cinq phalanges sur les pattes avant (FL) lors de son développement embryonnaire – moins visibles sur les pattes arrière (HL). © Kathryn Kavanagh, Proceedings of the Royal Society B, 2020