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Le braconnage des éléphants sévit à nouveau au Kenya

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Le braconnage augmente de manière catastrophique au Kenya, et plus particulièrement au Tsavo National Park où paissent de nombreux troupeaux d'éléphants, entièrement protégés.

Scène de braconnage au Tsavo National Park. Crédit : IFAW

Cinq cadavres d'éléphants braconnés ont été découverts dans le Tsavo au cours des six dernières semaines, défenses découpées à la hache. C'est ce que révèle l'IFAW (International Fund for Animal Welfare, Fonds international pour la protection des Animaux). Par ailleurs, les rangers du Kenya Wildlife Service (KWS) ont arrêté deux braconniers présumés qui se cachaient dans le parc ainsi qu'un intermédiaire qui avait déjà vendu les défenses à d'autres trafiquants du réseau de vente d'ivoire. Ils ont aussi récupéré deux fusils AK-47 (Kalachnikov) et 38 cartouches.

Jonathan Kiroui, directeur du parc qui est aussi une des plus belles réserves naturelles du monde, s'alarme et fait le rapprochement avec les ventes d'ivoire exceptionnelles mais légales organisées l'an dernier. Celles-ci concernaient 102 tonnes d'ivoire provenant de stocks d'Afrique du Sud (où les éléphants prolifèrent), du Botswana, de Namibie et du Zimbabwe et ont rapporté plus de 12 millions d'euros. Ces ventes étaient approuvée par la CITES (Convention sur le Commerce international des espèces de faune et de flore menacées d'extinction), soutenue par les Nations-Unies. Selon Kiroui, ces ventes légales auraient pu servir d'écran à l'écoulement des défenses résultant du braconnage, peut-être accompagné de faux documents.

James Isiche, directeur du Bureau régional d'Afrique orientale d'IFAW, s'inquiète de cet incident qui pourrait présager d'un retour à la grande époque du braconnage des années 1970 et 1980.

« La situation est terrible et doit être enrayée avant toute nouvelle escalade, clame James Isiche, de l'IFAW. Nous pensons qu'il existe une forte corrélation entre cette augmentation et les ventes de stocks d'ivoire autorisées par la CITES il y a quelques mois. Nous craignons que la situation empire dans d'autres états de l'aire de répartition des éléphants qui sont confrontés à de plus grandes difficultés d'application de la loi que le Kenya ou certains pays d'Afrique australe. Nous maintenons que le commerce de l'ivoire, quel que soit l'endroit où il est autorisé, demeure une menace omniprésente pour les éléphants. »

Une menace récurrente

Mais le phénomène est loin d'être isolé. La semaine dernière, Cynthia Moss, spécialiste des pachydermes, indiquait dans un rapport qu'un réseau très structuré de braconniers était à l'origine d'une résurgence de l'abattage des éléphants dans le parc national d'Amboseli, toujours au Kenya.

Second parc national d'Afrique par sa superficie après le Parc Kruger, Tsavo abrite le plus grand troupeau d'éléphants du Kenya, constitué d'environ 11.700 individus. Depuis 2005, au sein du Parc, IFAW a entrepris avec le KWS (Kenya Wildlife Service), un projet de collaboration sur cinq ans d'une valeur de 980 000 euros visant à renforcer les opérations de gestion dans le cadre des efforts d'application de la loi et de lutte contre le braconnage, à soutenir les besoins en infrastructures, à atténuer les conflits hommes-animaux, à développer la recherche, et enfin à soutenir des programmes d'éducation environnementale auprès des communautés.

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