Biotechnologie : la soie des araignées, une fibre très performante

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La soie des araignées, souple, légère, recyclable et d'une résistance supérieure à celle de l'acier, a longtemps suscité la convoitise de l'armée américaine, celle-ci désirant l'utiliser pour fabriquer des gilets pare-balles ou des fils chirurgicaux. Mais comment produire de la soie en grande quantité alors que ces prédateurs s'entre-dévorent pour protéger leur territoire ? Si invraisemblable que cela puisse paraître, des scientifiques ont trouvé la réponse… dans les mamelles des chèvres !

  
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Bien avant l'arrivée de Spider-Man, les araignées et leurs toiles complexes fascinaient déjà les Hommes. Fruit de 400 millions d'années d'évolution, la soie des araignées est considérée comme le saint Graal en matière de performance de fibre.

Cinq fois plus résistante que l'acier et trois fois plus que le Kevlar - un matériau à base de pétrole utilisé pour réaliser des gilets pare-balles -, la soie d'araignée est un des matériaux les plus résistants sur terre, qui peut être transformé en fibre. Les chercheurs estiment que cette fibre peut supporter un poids de plus de 45 tonnes par cm² ! Le tout en conservant une flexibilité et une légèreté à couper le souffle.

Une toile d’araignée se compose de fils de soie que l’arachnide génère à partir de glandes spéciales. Cette soie possède à la fois une solidité et une élasticité exceptionnelle. Unisciel et l’université de Lille 1 nous expliquent, avec la série Kézako, les secrets des toiles d’araignées. © Unisciel

Malheureusement, au fil de l'histoire, et malgré des efforts incessants, diverses tentatives infructueuses ont conduit à un constat sans appel : l'élevage d'araignées se trouve être une entreprise bien trop délicate et trop peu rentable. Alors que ces prédateurs présentent la fâcheuse tendance à s'entre-dévorer pour protéger leur territoire, comment produire de la soie d'araignées en quantité industrielle ?

Les toiles d'araignées sont fascinantes. © Chuetz-mediendesign, DP

La solution pourrait bien venir de la production de soie synthétique et des progrès de la transgénèse. Grâce à des chèvres, des vers à soie ou encore à des bactéries dans lesquels on implante le gène codant pour la production de soie d'araignée, on peut désormais espérer obtenir enfin le fil tant convoité.

L'armée américaine a d'ores et déjà annoncé avoir lancé un test grandeur nature sur un gilet pare-balles. Le Dragon Silk - comprenez Soie de Dragon - est constitué de fils de soie d'araignée. Des fils produits par des vers à soie génétiquement modifiés.