Santé

Grippe A(H1N1) : en France, pédale douce sur les hospitalisations

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Au collège de Quint-Fonsegrive, près de Toulouse, ce sont seize cas de grippe porcine qui ont été recensés. L'établissement reste fermé. Mais, devant le caractère bénin de l'infection, les hospitalisations ne seront plus systématiques.

Carte de l'épidémie en Europe au 17 juin 2009 à 17 h 00 (TU). En jaune pâle, les pays où aucun cas n'est signalé. En jaune-orangé ceux où des cas probables ou confirmés sont observés. En gris, les pays non membres de l'ECDC. Les ronds rouges donnent une indication du nombre de cas confirmés, avec trois seuils, 1, 10 et 100. © ECDC

Lundi, à Toulouse, Bruno Marchou, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital de Purpan, a clamé son exaspération. Selon lui, l'hospitalisation systématique des patients infectés par le virus de la grippe A(H1N1) est une erreur, et même une calamité locale. Depuis que des enfants du collège de Quint-Fonsegrives (Haute-Garonne) ont été victimes du virus, son service est « paralysé par l'afflux de malades grippés », lesquels occupaient alors treize de ses trente-six lits. Du coup, c'est la capacité de l'hôpital à accueillir les « vrais malades », selon l'expression même du médecin, qui s'en trouve dégradée.

Car malgré sa gravité potentielle à l'échelle de la population, la grippe A(H1N1) reste bénigne et présente un danger faible, avec un taux de mortalité de 4 pour 1.000, seulement un peu supérieur à celui de la grippe saisonnière habituelle (1 pour 1.000). Il faut donc surveiller les porteurs de symptômes et faire en sorte qu'ils risquent peu de contaminer d'autres personnes (l'incubation dure environ une semaine). Mais il faut aussi éviter de générer un affolement général, dont on n'était pas loin à Quint-Fonsegrives.

Dérogation toulousaine à la règle nationale

C'est aussi l'avis de François Bricaire, qui exerce la même spécialité que Bruno Marchou à l'hôpital La Pitié-Salpêtrière, à Paris. Lui aussi constate que son service héberge de simples grippés, au détriment de malades à l'état bien plus grave. « Il n'est pas logique actuellement d'hospitaliser des personnes qui n'ont pratiquement rien et de fermer des établissements scolaires » explique-t-il dans les colonnes du Monde.

Le message a été entendu car la DGS (Direction générale de la Santé, qui dépend directement du Ministère de la Santé) a donné son accord pour abandonner les hospitalisations systématiques à proximité de Toulouse. Cette décision constitue une dérogation à la règle nationale qui prévaut actuellement, du fait de l'adoption du niveau d'alerte 5a d'alerte pandémique.

La réunion prévue aujourd'hui au ministère de la Santé devrait conduire à un allègement des mesures d'hospitalisation et à des précisions sur les décisions à prendre au niveau local en cas de découverte d'un foyer d'infection, notamment pour le port des masques, l'utilisation du Tamiflu et la fermeture des établissements scolaires.