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Fabrication d'un parfum

Dossier - Grasse : ville des parfums
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Grasse est une ville du moyen pays de la Côte d'Azur située à 12 km au nord de Cannes, sur la côte méditerranéenne. Région provençale au charme discret, avec la ville des parfums comme capitale, le Pays Grassois constitue l'un des plus beaux sites touristiques de France.

  
DossiersGrasse : ville des parfums
 

Entrez dans les coulisses de la fabrication d'un parfum, découvrez les différents procédés d'extraction et apprenez-en plus sur les substances odorantes.

De la cueillette des fleurs et des plantes au moment où l'on pulvérise le parfum, il y a plusieurs étapes.

La première étape de fabrication d'un parfum consiste à cueillir les fleurs. Ici, des fleurs de frangipanier. © AnnaMorais, CCO

L'extraction des parfums

Une fois les fleurs et plantes cueillies, il faut extraire les matières premières naturelles des transformations pour isoler les molécules. L'objectif est d'obtenir une « essence ».

Il existe plusieurs procédés d'extraction des parfums :

  • l'enfleurage ;
  • la distillation ;
  • l'expression ;
  • l'extraction par solvants ;
  • l'extraction au CO2 supercritique.
L'enfleurage est un procédé d'extraction des parfums. © DR

L'enfleurage

Utilisé dès l'Antiquité, l'enfleurage est aujourd'hui délaissé car trop cher. Ce procédé ne se pratique plus que pour quelques fleurs très fragiles comme le jasmin, la rose et la fleur d'oranger.

À froid, les pétales sont étalés sur des châssis enduits de graisses inodores qui absorbent l'arôme ; les fleurs sont renouvelées de manière à obtenir 1 kilo de matière grasse saturée par 3 kilos de fleurs. L'opération est longue. La graisse est placée dans une batteuse avec de l'alcool. Cet alcool entraîne le parfum et l'on obtient, après filtrage, de l'absolue.

À chaud, les pétales de fleurs sont plongés dans des bains d'huiles. On change plusieurs fois les pétales et on procède comme ci-dessus.

Montage pour la distillation. © DR

La distillation

La distillation consiste à séparer les éléments constituants d'un solide ou d'un liquide grâce à la chaleur et à les recueillir à l'état gazeux pour les recondenser mais séparément.

Les matières premières sont placées dans un alambic avec de l'eau à ébullition. La vapeur produite transporte les matières odorantes et, une fois refroidie, cette vapeur, transformée en eau parfumée, s'écoule dans un récipient destiné aux huiles essentielles. L'eau se sépare facilement de l'huile essentielle par densité.

On peut pratiquer une distillation fractionnée. Elle présente l'avantage d'augmenter l'odeur, la puissance, la finesse et la solubilité : on sépare les terpènes des huiles essentielles.

Bouteille de parfum. © DR

L'expression, pour les agrumes

L'expression est une technique réservée aux agrumes pour en extraire l'essence des zestes. On presse les fruits à froid pour obtenir un mélange d'huile essentielle et de jus, puis on sépare par centrifugation.

Publicité ancienne. © DR

L'extraction par solvants

L'extraction par solvants est un procédé qui permet, dès 1870, de séparer les huiles essentielles grâce à l'utilisation de solvants : hexane, éther de pétrole ou benzène ; ces solvants s'éliminent par évaporation. Les huiles essentielles sont ensuite distillées.

© DR

L'extraction au CO2 supercritique

Technique d'abord utilisée pour le café, l'extraction au CO2 supercritique remplace le solvant par du gaz carbonique sous pression dans un état dit « supercritique ». Cette méthode permet d'extraire des parties lipidiques des végétaux. L'extraction au CO2 supercritique s'adapte aux plantes fragiles (faible température). Les extraits obtenus, dépourvus de solvants, sont des produits naturels.

Publicité pour les flacons Guerlain. © DR

Volatilité des constituants et odorat

Les constituants présentent une différence de volatilité. Comme l'odorat est un sens particulièrement sollicité dans ce domaine, je vous conseille de feuilleter :

L'odorat perçoit plusieurs phases :

  • les notes de têtes sont les substances les plus volatiles, perceptibles immédiatement ;
  • les notes de cœur se développent au fil des heures, durent plusieurs heures et représentent l'odeur caractéristique du parfum ;
  • les notes de fond, plus lentes, font durer le parfum plusieurs jours.
Le musée international de la parfumerie se trouve à Grasse. © DR

Parfum, eau de toilette, eau fraîche et eau de Cologne : quelle différence ?

Additionné à de l'alcool de degré variable, le taux de concentré détermine la ténacité du parfum et son prix :

  • L'extrait de parfum renferme jusqu'à 40 % de concentré dans un alcool à 96 °.
  • L'eau de parfum contient entre 12 et 15 % de concentré dans un alcool à 90 °.
  • L'eau de toilette comprend 8 à 12 % de concentré dans un alcool à 85 °.
  • L'eau fraîche, une concentration de 5 % dans un alcool à 70 °.
  • L'eau de Cologne, une concentration entre 2 et 5 % dans un alcool allant de 60 à 90 °.
Affiche d'exposition de flacons, au Louvre. © DR
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