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Méduse

DéfinitionClassé sous :zoologie , cnidaire , polype
Photo d'une méduse urticante (Pelagia noctiluca). © Hans Hillewaert, CC paternité 3.0 Unported

Le terme méduse est utilisé pour désigner les formes pélagiques de nombreuses espèces de cnidaires, par opposition aux polypes qui sont fixés sur les fonds marins. La position phylogénique est complexe et encore mal comprise. Les méduses sont divisées en deux groupes : celui des Anthozoa composé par les coraux et les anémones de mer, et celui des Medusozoa qui accueillent trois classes : les Cubozoa, les Scyphozoa et les Hydrozoa. Cette dernière famille est exclusivement marine à l'exception des Hydroida qui vivent en eau douce. Les hydres posent d'ailleurs de sérieux problèmes aux généticiens. C'est le seul être vivant dont on ne comprend pas le vieillissement. Grâce à ses capacités régénératrices, les scientifiques le considèrent comme... immortel.

Cyanea capillata. © Dan Hershman, CC paternité 2.0 générique

Apparues sur Terre il y a plus de 600 millions d'années, les méduses appartiennent au compartiment planctonique. Il en existe plusieurs centaines d'espèces qui se répartissent en deux classes qui, elles-mêmes sont subdivisées en sept ordres.

Chrysaora. © National Oceanic and Atmospheric Administration, domaine public

Les Hydroméduses

Les Hydroméduses qui regroupent les cnidaires autonomes et possédant l'organisation la plus simple. La classe a été subdivisée en deux sous-ordres.

  • Les Trachyméduses regroupent les méduses de petites tailles à l'ombrelle aplatie ou demi-sphérique. Le nombre de tentacules varie de 8 à 32 selon les espèces. Elles vivent en haute mer et ne se retrouvent en zones côtières que lors de la saison froide. 
  • Les Narcoméduses ont une organisation plus complexe. Leur ombrelle est généralement lenticulaire, discoïdal ou aplanie. Leur circonférence est de l'ordre de quelques millimètres. Elles sont peu nombreuses mais abondent en Méditerranée. Elles sont ramenées vers la côte par les courants à la saison froide. 
Phyllorhiza punctata. © Nick Hobgood, GNU FDL Version 1.2

Les Scyphoméduses

Les Scyphoméduses ou Acalèphes dont l'organisation est plus complexe. Cette dernière classe a été répartie en cinq ordres.

  • Les Charybdéides également cuboméduses sont des méduses urticantes à la forme cubique terminé par quatre tentacules creux.
  • Les Coronates ont le bord de l'ombrelle découpés en lobes dans lesquels sont insérés les tentacules. Ce sont des espèces pélagiques des régions tropicales.
  • Les Séméostomes sont de grande taille et urticantes. Certaines espèces sont phosphorescentes. Les tentacules peuvent être au nombre de huit ou plus. Ce sont des méduses que l'on trouve sur les côtes de l'hémisphère sud comme la méduse de lune (Aurelia aurita).
Aurelia aurita © Dante Alighieri, GNU FDL Version 1.2
  • Les Rhizostomes sont les méduses les plus évoluées. Les principales espèces sont massives et leur ombrelle en forme de cloche est frangée d'une centaine de lobes. Elles peuvent atteindre un mètre de diamètre et ne possèdent pas de tentacules. Sous l'ombrelle, un manubrium à l'aspect de chou-fleur formé par la soudure des quatre bras buccaux, qui sont eux-mêmes divisés en lobes. On les rencontre en bancs denses.
  • Les Lucernaires sont des petites méduses de trois ou quatre centimètres qui vivent fixées sur les algues par un pied équipé d'une ventouse.

Chacun des huit bras est équipé d'environ 45 tentacules.  

Cotylorhiza tuberculata. © Emanuele Ferraro, CC paternité 2.5 générique

Description de la méduse

La méduse possède un corps gélatineux sans coquille ni carapace - la mésoglée - formé d'une calotte que l'on nomme ombrelle, laquelle est prolongée par un axe vertical : le manubrium qui pend au centre de la partie inférieure. Des filaments ou tentacules marginaux sont fixés sur le pourtour de l'ombrelle. Ce sont les contractions musculaires de cette dernière qui permettent les déplacements par bonds et l'équilibre de la méduse. L'ombrelle est creuse et son centre est occupé par la cavité gastrique. On y trouve également la bouche qui est elle-même entourée de quatre bras péribuccaux. Certaines sont translucides alors que d'autres peuvent émettre des éclairs lumineux par simple effleurement. Il existe plus d'un millier d'espèces qui se distinguent par la taille, la forme et la couleur. Il y a également une grande variété dans la longueur des tentacules dont les plus longs peuvent atteindre plusieurs dizaines de mètres. 

Pelagia noctiluca. © Alberto Romeo, GNU FDL Version 1.2

Habitat de la méduse

On trouve les méduses dans tous les types d'habitats marins sur l'ensemble de la planète, et quelques espèces plus rares en eau douce. Elles peuvent être aussi bien benthiques que pélagiques et elles fréquentent des profondeurs pouvant avoisiner les 4.500 mètres.

Aequorea victoria. © Mnolf, GNU FDL Version 1.2

Comportement de la méduse

Appartenant au compartiment planctonique, bien qu'elles soient capables de mouvements initiés par les muscles de l'ombrelle, les méduses sont des organismes qui se laissent porter par les courants marins.

Reproduction de la méduse

La reproduction des méduses est complexe car elle peut se réaliser de façon sexuée ou par bourgeonnement, et selon qu'elles vivent en pleine mer ou le long des côtes, la reproduction se déroule de façon différente. Les œufs fécondés deviennent des larves appelées planula qui, après être tombées sur le fond, se fixent sur un support et se développent en polypes. Ces polypes forment ainsi des colonies d'hydraires qui finissent par produire et libérer de petites méduses par bourgeonnement.

Cassiopeia andromeda. © Nick Hobgood, CCA-SA 3.0 Unported license

Régime alimentaire de la méduse

Malgré l'absence de mâchoires et de dents, les méduses sont de formidables prédateurs. La majorité des espèces sont carnivores et capturent leurs proies à l'aide de leurs tentacules traînants. Ceux-ci sont équipés sur toute leur surface de minuscules cellules « harpons » que l'on appelle nématocystes, qui libèrent un venin lors du contact avec la proie. Une fois la proie capturée, le tentacule se rétracte pour la porter à la bouche. Quelques espèces utilisent leur bioluminescence pour attirer leurs futures victimes.

Cephea cephea. © Juuyoh Tanaka, CC paternité 2.0 générique

Dangers

Certaines méduses sont urticantes et leurs piqûres peuvent être extrêmement douloureuses. Mais il existe quelques espèces, dont la guêpe de mer (Chironex fleckeri) qui est une cuboméduse australienne, qui sont mortelles. Il existe un sérum antivenimeux efficace capable de contrecarrer l'action du poison en 15 minutes, mais le venin peut tuer en 3 minutes...

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