Un drone parviendra-t-il à traverser l’océan Pacifique sans effectuer d’escale ? © Mitumal, Fotolia

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Un drone qui traverse l'océan Pacifique, c'est possible ?

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Deux constructeurs de drones, l'un japonais, l'autre américain, vont s'affronter pour créer un appareil capable de traverser l'océan Pacifique sans escale, soit une distance de 8.300 kilomètres. Ce défi a été baptisé Pacific Drone Challenge.

En février 2016, un drone de loisir quadricoptère de la société britannique Ocuair traversait la Manche au cours d'un vol de 72 minutes. Un exploit technique certain dans la mesure où les drones vendus dans le commerce n'offrent en général que 20 à 25 minutes d'autonomie.

C'est un défi encore plus relevé que se sont lancé deux sociétés qui vont participer au Pacific Drone Challenge. Comme son nom le suggère, il s'agit d'une traversée de l'océan Pacifique qui se fera depuis Tokyo au Japon jusqu'à la Silicon Valley en Californie (États-Unis). Il n'y a pas de date de départ officielle, la première équipe à réussir la traversée, sans escale et sans ravitaillement, sera déclarée vainqueur.

La traversée durera entre 45 et 50 heures

Pour le moment, deux équipes ont accepté de tenter l'aventure : la société japonaise iRobotics, à l'origine de ce défi, et Sabrewing Aircraft, son concurrent nord-américain. Ce dernier livre quelques détails technique sur le drone quadricoptère à propulsion électrique sur lequel il planche. Il s'agira d'un appareil à ailes fixes de 9,1 m d'envergure avec un fuselage de 6,1 m de long pour un poids à vide de 278 kg.

En revanche, iRobotics ne livre aucune information sur son projet. Mais si l'on en croit la photo présentée sur sa page officielle, son drone pourrait utiliser des panneaux photovoltaïques pour s'alimenter. Cette traversée du Pacifique est censée durer entre 45 et 50 heures. Nous ne manquerons pas de suivre le projet avec attention.

Pour en savoir plus

La Nasa utilise un drone à des fins scientifiques

Article initial de Rémy Decourt, paru le 13/04/2010

Pour le compte de la Nasa, un drone Global Hawk vient de réaliser avec succès une collecte de données en volant à haute altitude au-dessus d'une région mal échantillonnée de l'océan Pacifique. L'essai ouvre la voie à une série de 5 missions au-dessus des océans Pacifique et Arctique.

Le Global Hawk est un drone militaire de reconnaissance construit par la firme américaine Northrop Grumman. Né au lendemain de la première guerre du golfe (en 1991), cet avion sans pilote a été utilisé pour la première fois au-dessus du Kosovo en 1999. Capable de voler de façon autonome jusqu'à 20.000 mètres d'altitude, il peut parcourir 20.000 kilomètres et rester en l'air plus de 30 heures. Ces performances font de lui une plate-forme idéale pour réaliser des expériences scientifiques à des altitudes intermédiaires entre celles des avions scientifiques et celles des satellites.

La Nasa et la NOAA l'ont utilisé conjointement dans le cadre du programme Global Hawk Pacific (GloPac) d'étude de l'atmosphère. Ce vaste projet va étudier la distribution des gaz à effet de serre, des composés appauvrissant la couche d'ozone, des aérosols et de l'ensemble des constituants de la haute atmosphère et de la stratosphère inférieure. Il embarque pour cela 11 instruments.

Un observateur précieux des phénomène météorologiques

Pour les scientifiques, ce type d'avions sans pilote élargit leur capacité d'investigation et d'étude à des régions au-dessus des océans Pacifique et Arctique qui sont insuffisamment modélisées, voire très mal. En restant sur la même zone plus d'une journée, ce drone est aux premières loges pour observer la formation de phénomènes atmosphériques, ce que ne peuvent pas faire les avions environnementaux de la Nasa et la NOAA et difficilement les satellites d'observation de la Terre.

Un des grands objectifs de GloPac est d'étudier la rupture du vortex polaire, un cyclone hivernal de très grande envergure localisé au-dessus de l'Arctique dans les régions les plus hautes de la troposphère et la stratosphère inférieure. Il donne le la des conditions météorologiques de la région et joue un rôle important dans l'appauvrissement voire la destruction de la couche d’ozone de l'hémisphère nord.

Une autre mission de Global Hawk sera de voler sous la trace de la constellation A-Train, une série de six satellites franco-américains destinés à l'étude des phénomènes atmosphériques. Le drone servira à calibrer les mesures réalisées par ces satellites.