L'incendie du réacteur 1 de la centrale de Fukushima se terminera par une explosion. © Daveeza, Flickr, CC by-nc 2.0

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Fukushima : cinq ans après, retour sur la tragique catastrophe nucléaire

ActualitéClassé sous :développement durable , catastrophe de Fukushima , tsunami du 11 mars 2011

Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences

Il y a cinq ans, un tsunami ravageait la partie nord-ouest de l'île d’Honshū, au Japon, faisant un nombre considérable de victimes. Situées en bord de mer, deux centrales nucléaires ont été touchées et celle de Fukushima-Daiichi complètement détruite. Retour en arrière sur cette double catastrophe.

Le vendredi 11 mars 2011, à 14 h 46 heure locale, un fort séisme, de magnitude 8,9, dit de Tohoku, survenu sous l'océan, près de la côte japonaise, provoque un raz-de-marée (« tsunami », dans cette région du monde). Une vague, estimée ensuite à 15 m de hauteur, frappe la région nord de l'île d’Honshū (la plus grande du Japon). Les dégâts sont considérables. Les constructions japonaises sont conçues pour bien résister aux séismes mais la protection des bâtiments situés tout près de la mer est bien plus faible contre les assauts de l'océan.

Sur plusieurs dizaines de kilomètres, les agglomérations sont en grande partie détruites. En 2015, le Japon annoncera 15.894 morts. Environ 400.000 personnes devront être déplacées. C'est déjà la pire catastrophe qu'ait connue le pays depuis la guerre et les destructions atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki. Le bilan est bien plus lourd que celui du séisme de Kobé, qui avait fait 6.437 morts en 1995.

Le séisme de Tohoku du 11 mars 2011 (représenté ici par le plus grand cercle) a été suivi de nombreuses répliques, dont 56 de magnitude supérieure à 6. © DP

Les inondations à Fukushima et l'accident nucléaire

Une autre catastrophe vient immédiatement s'y ajouter, qui ne provoquera aucun décès direct mais dont les conséquences seront terribles. Deux des constructions qui font face à cette vague géante sont des centrales nucléaires, proches de la ville de Fukushima : Daiichi, qui comporte six réacteurs, et Daini, qui en a quatre. Tous sont déjà arrêtés, la détection du séisme ayant déclenché la procédure d'urgence pour ceux qui étaient en activité. Les unités 4, 5 et 6 de Daiichi étaient, elles, en maintenance.

À 15 h 30, la vague submerge brutalement les installations. À Daiichi, des murs tombent, des systèmes électriques sont inondés, de même que les groupes électrogènes de secours. Le système de refroidissement d'urgence du réacteur 1, par injection d'eau, ne fonctionne plus. Cette unité se met à chauffer inexorablement. L'effondrement du cœur perce le fond de la cuve et le gestionnaire, Tepco, n'a d'autre solution que d'envoyer d'énormes quantités d'eau pour refroidir le plus possible. Elle est apportée par une noria de camions et des hélicoptères la versent sur les endroits inaccessibles.

La suite de l'histoire durera jusqu'à l'année suivante avec des épisodes dramatiques et des interventions dangereuses, improvisées dans l'urgence. On parle température des cœurs des réacteurs (elle monte), refroidissement (il est extrêmement difficile) et radioactivité (elle grimpe). L'unité 1 subit une forte explosion le 12 mars. Pour maintenir le refroidissement, Tepco commence à utiliser l'eau de mer. Les systèmes de refroidissement des deux autres réacteurs cessent à leur tour de fonctionner. L'unité 3 explose le 14 mars et la fusion, phénomène redouté, se confirme dans trois réacteurs. Surchauffés, les matériaux du cœur des réacteurs, dont le combustible radioactif, se mettent à fondre, générant un risque de diffusion de la radioactivité hors de l'enceinte. C'est ce qui se produit dans les jours suivants. Le 22 mars, les premières évacuations de population commencent.

La centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi le 23 mars 2011. Les réacteurs 1, 3 et 4 ont été totalement détruits par des explosions. Dans l'unité 2, encore debout, une fuite radioactive complique l'intervention des techniciens. © idé

Les faits marquants de la catastrophe

Voici quelques articles détaillant les moments importants de cette catastrophe, qui sert toujours de référence pour la gestion des risques et de la sécurité nucléaires. Cliquez sur les liens pour lire l'article complet.

Un séisme de 8,9 près du Japon provoque un puissant tsunami

Un séisme de magnitude 8,9 s'est produit il y a quelques heures près des côtes japonaises, provoquant des dégâts importants. Une alerte au tsunami a été lancée dans les îles Mariannes, au Japon, aux Philippines et en Russie.

Il y a un an, le séisme de Tohoku secouait le Japon

Le 11 mars 2011, il y a un an, le Japon subissait le pire tremblement de terre qu'il n'ait jamais connu, avec une magnitude de 9. Cet événement est le résultat de circonstances géologiques exceptionnelles qui ont bouleversé les connaissances scientifiques dans le domaine de la sismologie.

Fukushima : les piscines brûlent…

Deux des piscines de stockage de combustible sont actuellement en train de bouillir, faute de refroidissement. Les hélicoptères continuent d'y apporter de l'eau. Trois réacteurs sont toujours dans un état préoccupant.

Fukushima : quand le vent tourne, la radioactivité aussi

Les déluges d'eau continuent d'être organisés autour des réacteurs de Fukushima Daiichi et le rétablissement de l'électricité a déjà permis de remettre en route l'un des systèmes de refroidissement. Alors que le vent tourne au nord, envoyant donc la radioactivité vers le sud, les mesures radiologiques autour de la centrale imposent déjà la surveillance voire l'interdiction de l'eau du robinet et de certains produits alimentaires.

On arrose Fukushima

La réplique de magnitude 6, qui a été ressentie fortement jusqu'à Tokyo, n'a pas fait de dégâts supplémentaires, tandis que des hommes se battent à Fukushima. La mission du personnel est de refroidir à tout prix quatre réacteurs, avec de l'eau apportée par camion ou par hélicoptère. La situation s'améliore dans le réacteur 2.

Fuite inquiétante à Fukushima Daiichi

Le réacteur 3 de la centrale de Fukushima ne fume plus mais il laisse fuir des gaz radioactifs.

La contamination radioactive touche l’eau autour de Fukushima

Les mesures de radioactivité deviennent inquiétantes autour de la centrale de Fukushima, alors que l'incendie se poursuit dans le réacteur 3, sans que son origine soit clairement établie.

Fukushima, les émissions radioactives ont été sous-estimées

Les quantités d'éléments radioactifs relâchés dans l'atmosphère annoncées par le gouvernement japonais après la catastrophe de Fukushima ont été largement sous-estimées. C'est ce que rapporte une étude qui s'est intéressée aux isotopes de césium et de xénon.

Ça chauffe à Fukushima

La température a augmenté dans le réacteur n°2 de la centrale de Fukushima, passant de moins de 50 °C à plus de 300 °C lundi après-midi. Une panne de thermomètre est très probablement à l'origine de ces données extravagantes.

Le mont Fuji est sous pression depuis le séisme géant de 2011

Pour la première fois, une équipe franco-japonaise montre l'impact d'un séisme sur un volcan, et non des moindres puisqu'il s'agit, respectivement, du tremblement de terre qui a secoué le Japon en mars 2011 et du mont Fuji. Les géologues ont exploité une méthode récemment mise au point qui consiste à utiliser les signaux sismiques de faible amplitude générés par les mouvements de l'océan. Elle devrait permettre d'améliorer l'estimation du risque d'éruptions volcaniques majeures à travers le monde.

Fukushima : la surveillance médicale des populations est renforcée

L'accident nucléaire à la centrale de Fukushima Daiichi a exposé les habitants à un niveau important de radioactivité. Trois ans après la catastrophe, quelles sont les conséquences sanitaires ?

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